Publié le
4.4.18
Par
Nolt
Ce résumé n'est pas disponible. Veuillez
cliquer ici pour afficher l'article.
Publié le
1.4.18
Par
Virgul
Après des années d'attente, la suite de Kaamelott arrive enfin, mais dans deux formats plutôt... inattendus.
On le sait, Alexandre Astier n'est pas du genre à bâcler un projet. Il a toujours tenu, notamment, à ne pas multiplier les produits dérivés inutiles autour de l'univers arthurien qu'il a bâti ; il scénarise lui-même les BD tirées de la première époque de la série ; et bien entendu, il réalise, monte et écrit chaque saison de la série culte.
Depuis la fin spectaculaire de la saison 6, les fans étaient cependant dans l'attente. Il fut un temps question d'un Kaamelott - Résistance (la période où Lancelot prend le pouvoir et poursuit les chevaliers fidèles à Arthur) sous forme de nouvelles illustrées. Nouvelles qui auraient dû faire le lien avec le grand final : la si attendue trilogie au cinéma. Malheureusement, près de neuf ans après la diffusion du dernier épisode, aucune de ces suites n'a vu le jour, à cause de problèmes de droits ou de soucis logistiques.
Pourtant, la situation se débloque enfin, de manière spectaculaire. Alexandre Astier, invité ce matin sur France Inter, a en effet dévoilé la forme que prendront les deux saisons "manquantes" de la série.
Kaamelott - Résistance, tout d'abord, aura bien un support papier. Mais au lieu de nouvelles, il s'agira d'un album de 250 pages (tout de même !) qu'il faudra remplir soi-même avec des vignettes à collectionner que l'on trouvera dans les boîtes de Vache qui Rit. Un choix étonnant que l'auteur justifie ainsi : « En tant qu’artiste, je suis ouvert a priori à tout, au départ cette idée était uniquement une plaisanterie, mais après quelque temps de réflexion, j’ai vu cela comme un challenge. De plus, la marque Vache qui rit est pour moi associée à l’enfance, à la magie quelque part. Il y a une logique dans cette démarche, une filiation presque. Et puis l’aspect aléatoire me plaisait. On ouvre un paquet et l’on ne sait pas sur quelle partie de l’histoire l'on va tomber. Le lecteur participe à la construction physique de l’intrigue, il est au cœur de la quête du Graal. »
Bien entendu, pas la peine de se taper une indigestion pour compléter l'album, les vignettes pouvant aussi être commandées en ligne.
de conteur est selon moi multifacettes. Cela consiste à écrire des dialogues, composer une musique, déterminer un enchaînement de scènes, mais aussi maîtriser divers supports. Un auteur, de nos jours, n'est pas limité à la caméra ou au papier. Le numérique offre des possibilités narratives et une immersion qui n'existaient pas il y a encore quelques années, pourquoi ne pas en profiter ? Mon rôle, c'est de raconter une histoire, mais si je peux utiliser plusieurs supports au lieu de me limiter à un seul, alors cela me permet d'explorer des aspects du récit qui seraient inatteignables autrement. »Et nous ne sommes pas au bout de nos surprises, car Astier n'a pas choisi la PS4 ou la Nintendo Switch pour accueillir le retour du roi Arthur, de Perceval, Merlin, Léodagan et les autres, mais... la Sega Megadrive ! Oui, une console qui n'est plus commercialisée. Mais là encore, les propos du réalisateur justifient pleinement ce choix audacieux : « La seule limite des jeux vidéo, ce sont leurs supports, entendez par là les consoles. Elles imposent des limites techniques mais aussi éditoriales parfois. Je n'avais pas envie de sortir un jeu dont on me définisse auparavant le cadre. C'est pour cela que j'ai tenté ce pari fou de sortir, en 2018, un jeu Megadrive. [...] Cela n'a pas été évident, il a fallu retrouver des gens capables de programmer en fonction des possibilités de la console – et d'ailleurs, le résultat est fou – mais il a fallu aussi régler des problèmes légaux, plus terre-à-terre. Outre l'aspect purement technique, qui est déjà un exploit, le fait de faire revivre un pan vidéoludique du passé est très intéressant de mon point de vue. Ça dépasse largement la mode du retrogaming, très présente en France. Cela va au-delà de la simple narration : choisir son support, ramener à la vie un medium oublié, ça a une portée presque philosophique, en tout cas expérimentale. Là encore, cela fait sens avec la quête du graal. »
Pour le moment, à part la jaquette, pas grand-chose n'a filtré sur ce jeu, si ce n'est qu'il s'intitulera Kaamelott - Graal, et qu'il s'agira, selon Astier, d'un RPG/aventure demandant aux joueurs d'incarner « tour à tour les différents personnages de la saga, pas seulement en les dirigeant mais en utilisant au mieux leurs défauts et qualités, la personnalité profonde de chaque personnage étant au centre du processus permettant la progression dans le jeu ».
Inutile de vous dire qu'on est à fond sur UMAC et qu'on va se goinfrer de Vache qui Rit en attendant ce Kaamelott version Megadrive.
Astier, c'est vraiment plus fort que toi !
Publié le
28.3.18
Par
Unknown
La poussée d'Archimède
— ... et alors là, Penny offre une téquila sunrise à Léonard. Ce dernier, en bon physicien, ne peut s’empêcher de montrer à ses amis que le subtil spectacle qui s'offre aux yeux de tous a une explication toute simple dans le monde physique.
— Quel spectacle, prof ?
— Le fait que l'on observe un empilement de fluides colorés, de densité différente, dans un contenant cylindrique.
— Ah. Et c'est de la physique, ça ?
— Tout à fait ! En fait, il faut que je te parle un peu d'un certain Archimède, ainsi que d'une baignoire et d'un bateau, et avec tout ça tu vas comprendre pourquoi les fluides de couleurs différentes flottent les uns sur les autres.
— Bah, pourquoi pas... si ça nous permet de boire un verre.
— Je ne suis pas certain que la téquila soit bien recommandée pour les chats. Enfin, passons. Donc, commençons par cette phrase bien connue : "Tout corps plongé dans l'eau..."
— En ressort mouillé ?
— C'est pas faux, mais...
— C'est "mouillé" que tu ne comprends pas ??
— Non, j'ai parfaitement compris. C'est juste ta vanne qui me laisse pantois : tu es le huitième aujourd'hui à me la faire.
— Je ne pouvais pas passer à côté...
— Donc, en réalité, tout corps plongé dans l'eau subit une poussée dirigée vers le haut, que l'on nomme la poussée d'Archimède. C'est ce qui permet, entre autres choses, aux bateaux de flotter...
— Ça a l'air sympa, si on se faisait un petit cocktail pour vérifier ça ? J'ai soif de science tout à coup !
— Pour le cocktail, je n'ai rien sous la main, mais si tu veux en savoir plus, j'ai une petite vidéo de derrière les fagots.
— OK pour la vidéo, mais la prochaine fois, on devrait vraiment se procurer de la téquila... c'est important qu'on soit crédibles et qu'on puisse pico... heu... expérimenter !
Publié le
24.3.18
Par
Virgul
Si nous, les chats, sommes incontestablement les plus futés (en étant simplement mignons, on vous a tout de même domestiqués et forcés à nous chouchouter), les canards viennent juste après niveau coolitude. Une espèce qui est à l'aise sur terre, dans l'eau et qui peut voler mérite que l'on s'y intéresse. Ce que l'on va faire tout de suite au travers de l'un de ses plus célèbres représentants.
Coin ! Heu... miaw !Canard Masqué
La popularité de Donald Fauntleroy Duck, célèbre personnage de Disney, est en grande partie due à son côté colérique, malchanceux, bref "humain". Pourtant, les lecteurs se sont quelque peu offusqués à une époque du fait que le sympathique canard était toujours le dindon de la farce des histoires où il intervenait. Ce qui, en 1969, a donné l'idée de Fantomiald à deux auteurs italiens : le scénariste Guido Martina et le dessinateur Giovan Battista Carpi.
En effet, Donald est un personnage particulièrement apprécié en Europe, sa popularité dépassant même celle de Mickey dans les pays scandinaves où en Italie, où des auteurs locaux produisent d'ailleurs leurs propres histoires mettant en scène le fameux canard.
En désirant explorer une autre facette de sa personnalité, Martina va doter Donald d'un avatar plus sûr de lui et plus habile : Fantomiald, ou Paperinik en italien (tiré du nom italien du personnage, Paperino, et d'une référence à Diabolik, sorte de Fantômas héros d'une flopée de fumetti). Le premier récit mettant en scène le vengeur masqué s'intitule Comment on devient Fantomiald et est publié en France dans Mickey Parade, en 1974. L'histoire, qui sera également adaptée en roman au sein de la mythique Bibliothèque Rose (sous le titre Donald, le Vengeur Masqué), dévoile comment Donald devient propriétaire de la Villa Rose, une bâtisse non loin de Donaldville dans laquelle il découvre le journal d'un certain Fantomius, dont il va fortement s'inspirer. Donald va alors régulièrement jouer au gentleman-cambrioleur, aidé par Géo Trouvetou qui lui fournira moult gadgets.
Vers le milieu des années 90, une version plus super-héroïque et SF du personnage (ce dernier affrontant extraterrestres, robots et autres intelligences artificielles) prendra un temps la place du Fantomiald originel sous le nom de Powerduck. Ses origines sont très différentes et assez proches de celles d'un Green Lantern par exemple. Le ton est également plus "sérieux".
Pourtant, le vériable Fantomiald n'a pas été abandonné, on le retrouve actuellement en kiosque dans Les Chroniques de Fantomiald, mais aussi à travers le monde, sous différents noms plus ou moins exotiques, comme Superpato (Portugal), Patomas (Espagne), Superdonald (Pays-Bas), Stalanden (Danemark) ou encore Phantomias (Allemagne). Notons qu'il existe aussi une version féminine (et féministe) du personnage, incarnée par Daisy qui prend alors le nom de Fantomialde. Cette Super Daisy est également une création de Martina, datant de 1973. Ainsi, paradoxalement, l'aspect super-héroïque de ce pan de l'univers Disney aura en fait été basé sur l'influence italienne.
Si vous souhaitez en savoir plus sur les publications mettant en scène Fantomiald mais aussi le restant de la famille Duck, nous vous conseillons INDUCKS, une base de données internationale permettant de retrouver toutes les bandes dessinées Disney publiées à ce jour, avec dates de parution, auteurs et résumés à la clé !
![]() |
| Fantomiald, prêt à passer à l'action ! |
![]() |
| De nombreux gadgets sont à disposition du héros (cf. ce Mickey Parade Géant). |
![]() |
| La famille Duck au complet (issu de l'intégrale Don Rosa). |
Publié le
22.3.18
Par
Nolt
Gros plan sur une série de romans pour la jeunesse bien écrite et loin d'être aseptisée : Cherub.
S'il existe des séries "young adult" de qualité (Gone par exemple), il est difficile de trouver des romans spécifiquement dédiés aux enfants qui ne soient pas trop niais et fadasses. L'on sait que la mode est au charcutage d'œuvres anciennes qui tenaient la route (le Club des Cinq notamment) pour, entre autres, des raisons de "politiquement correct" [1]. Et vu la tendance actuelle, visant à limiter la liberté des auteurs (cf. cet article), il est donc plus qu'étonnant de trouver une série s'adressant à un jeune public qui ne soit pas vidée de toute aspérité.
Mais commençons tout d'abord par planter le décor de cette saga signée Robert Muchamore.
Cherub est une agence gouvernementale secrète anglaise, employant des enfants de 10 à 17 ans. Ces derniers sont recrutés dans les orphelinats et reçoivent un enseignement de qualité et un entraînement physique poussé. Ils peuvent alors ensuite effectuer des missions (qu'ils peuvent refuser) sur le terrain, là où des adultes se feraient très vite soupçonner et repérer.
L'on suit dans les premiers tomes James Adams, un jeune garçon de 12 ans qui s'est attiré de gros ennuis en blessant plus ou moins involontairement la sœur d'un des petits caïds de son quartier. Et après quelques problèmes avec la police, la série noire continue pour James qui, après le décès de sa mère, se voit séparé de sa demi-sœur et placé dans un orphelinat. C'est dans cet endroit sinistre qu'il va être recruté...
Il y a pas mal de choses à dire sur ce titre, mais commençons tout d'abord par la vraisemblance. À première vue, des gamins agents secrets, question crédibilité, ça part moyen. Et pourtant, l'auteur parvient à justifier la création de cette agence (qui remonte à la Seconde Guerre mondiale) et à délimiter raisonnablement son domaine d'activité. Bien sûr il y a quelques péripéties imprévues (et un programme d'entraînement un peu hard pour des enfants), mais globalement on arrive à croire à chaque mission.
D'ailleurs, à ce sujet, en préparant cet article, j'ai lu, sur le site du Figaro, qu'il s'agissait d'une sorte de "James Bond junior" auquel les enfants pouvaient parfaitement s'identifier parce qu'il a leur âge. Une phrase, deux âneries (je doute que la journaliste ait vraiment lu ne serait-ce que le premier roman de la série vu qu'elle ne dit rien sur le contenu, si ce n'est des conneries). D'une part, l'identification ne fonctionne pas sur l'âge des personnages (cf. cet article), et heureusement d'ailleurs, sinon on ne s'identifierait pas à grand-monde. D'autre part, c'est tout sauf du James Bond. Tout le côté folklorique est absent : pas de gadgets, de poursuites effrénées, de glamour à la 007. L'univers décrit est bien plus âpre et terre-à-terre.
C'est d'ailleurs sur ce point que nous allons nous attarder. Muchamore n'hésite pas à aborder des sujets réputés délicats (surtout lorsque l'on s'adresse à des enfants [2]), comme l'alcool, la drogue, la violence ou encore la sexualité (et notamment l'homosexualité). L'on assiste parfois à des scènes assez dures (certaines blessures plutôt graves), voire humiliantes (un personnage obligé de lécher le sol).
Le contenu n'est donc pas édulcoré, et c'est une chance. D'une part parce que cela permet d'installer une vraie tension (pour enfant, certes, mais une tension réelle),
d'autre part parce qu'on ne lit pas, quand on est adolescent (ou pré-adolescent), pour s'entendre raconter des sornettes mais pour au contraire découvrir et expérimenter en étant en sécurité. Là-dessus, Cherub remplit parfaitement son rôle.Un autre aspect important, et encore inattendu dans des récits pour enfants, est le non-manichéisme des personnages. Dans le premier tome, James infiltre une communauté abritant de dangereux éco-terroristes. Des frappadingues prêts à buter des centaines de personnes à l'anthrax, donc du sérieux. Mais malgré tout, le jeune garçon découvre aussi leur côté humain, leurs motivations (qui, contrairement aux moyens qu'ils emploient, sont déjà plus nobles), etc. Dans le second tome, c'est encore plus évident. James doit côtoyer un trafiquant de drogue. Là, on se dit que le mec est juste un mafieux, que rien ne peut justifier ses actes. Cependant, là encore, on découvre une autre facette du personnage, dans son rôle de père, qui l'humanise grandement et injecte une dose d'amertume à l'histoire. Les personnages, même "méchants", ne sont ainsi jamais réduits à leur seul défaut principal, ce qui, même dans la littérature pour adultes, n'est pas si courant.
James lui-même est loin d'être un héros idéal, uniquement bourré de qualités. Bien sûr le garçon s'avère sympathique, sensible, intelligent, mais il peut aussi faire preuve d'impulsivité, être rancunier et mesquin, voire même violent sans réelle raison. Il va également évoluer au fil des épisodes, gagner en maturité, passer des épreuves pour parvenir, peu à peu, à l'âge adulte et céder la place à d'autres agents qu'il encadrera.
Le style de l'auteur est quant à lui particulièrement vif et fluide, la narration est nerveuse, parfaitement rythmée. Les descriptions sont peu nombreuses, pour aller directement à l'essentiel (peut-être l'un des points faibles de la saga, certains lieux méritant sans doute une plus grande mise en valeur). Les dialogues sont quant à eux fort bien écrits, l'auteur ne tombant pas dans le piège consistant à trop infantiliser ses personnages (les enfants s'exprimant rarement comme les adultes l'imaginent).
La série principale est aujourd'hui terminée et compte 17 tomes. Il existe une série spin-off se déroulant pendant la guerre, aux débuts de l'organisation, ainsi qu'une adaptation en BD (moins intéressante à première vue) et un projet de série TV.
Le site officiel de la série, très bien fait, dispose d'un contenu intéressant également : lexique, présentation des personnages, cartes, fonds d'écran et même de courts récits additionnels.
C'est pratiquement un sans faute donc pour Cherub, qui propose une saga s'avérant passionnante et épicée (sans aller trop loin non plus [3]), ainsi que des personnages attachants.
Ultra-conseillé pour vos enfants. Peut même s'avérer sympa pour des adultes.
[1] L'un des romans de la série, qui mettait en scène un jeune gitan, battu par son père, a été réécrit pour ne froisser personne, le gamin passant d'enfant battu à enfant... injustement grondé. Ce qui enlève bien entendu tout l'aspect dramatique du récit et ne justifie plus l'intervention du fameux Club. Les dérives sont aussi grammaticales, tous les temps étant remplacés par le présent de l'indicatif et les descriptions jugées trop longues étant supprimées (cf. cet article).
[2] Le site de la Fnac annonce la série comme étant abordable "dès 13 ans". Honnêtement, ça me semble un peu "vieux". J'imagine qu'un lectorat de 10/12 ans éprouvera plus de plaisir et de frissons que des ados de 14 ou 15 ans, qui peuvent déjà lire des romans pour adultes. En tout cas, rien de traumatisant dans la saga, malgré son côté mature (c'est bien moins gnangnan, pour prendre un exemple connu, que le Harry Potter à l'école des sorciers de Rowling).
[3] Question sans doute aussi de point de vue. On a quand même droit à une overdose à la coke d'une gamine de douze ans par exemple. Cela peut avoir l'air choquant, mais l'auteur, en montrant le côté dégueulasse de cette drogue (saignements de nez, vomissements et autres joyeusetés) fait certainement plus pour la prévention que bien des spots bienveillants mais trop généralistes et mielleux pour être efficaces.
| + | Les points positifs | - | Les points négatifs |
|
|














