Publié le
14.3.19
Par
Virgul
Nouvelle bande-annonce pour Avengers : Endgame, dont la sortie approche à grands pas !
L'on peut notamment voir Captain Marvel, incarné par Brie Larson, faire une apparition aux côtés des têtes d'affiche habituelles que sont Captain America, Thor et Iron Man.
Ils auront bien besoin de renforts pour affronter le puissant Thanos !
Vu les premières réactions, c'est peu de dire que ce quatrième volet de la saga Avengers, en forme de conclusion épique, est vivement attendu.
En attendant le 24 avril, on vous conseille toujours de vous ruer sur les New Avengers de Bendis (cf. cet article). Ou sur Avengers - Le Guide complet des Personnages si vous voulez mettre à jour vos connaissances (cf. ce dossier dédié aux encyclopédies comics). Attention cependant, ce guide contient quelques erreurs et est plutôt réservé aux néophytes.
Alors, impatients ?
Publié le
14.3.19
Par
Thomas
En juin 2018, la seconde saison de Legion s’est achevée devant plus de 300 000 téléspectateurs à peine sur la chaîne FX aux États-Unis (la série est diffusée sur OCS Max en France). Ces "faibles" audiences n’ont pas impacté le tournage de la troisième et dernière saison (prévue en été 2019). Le show a été créé par Noah Hawley, romancier et surtout concepteur d’une autre excellente série : Fargo, qui revisite le film éponyme culte des frères Coen.
Legion met en avant David Haller (Dan Stevens), un schizophrène interné dans un hôpital psychiatrique, qui tombe amoureux d’une autre patiente, Syd Barrett (Rachel Keller), et découvre qu’il n’est peut-être pas malade, car c’est en fait un mutant aux pouvoirs psychiques extrêmes. Sans doute le plus puissant de tous. Derrière cette histoire en apparence "simpliste", découpée en 19 chapitres (8 et 11 épisodes par saison), la fiction s'intéresse surtout à la psyché du charismatique David, au risque de perdre son public mais en proposant un spectacle visuel soigné, original et séduisant.
La forme l’emporte sur le fond
Comme souvent dans l'analyse poussée d’une œuvre artistique, il faut dissocier le fond et la forme. Attardons-nous dans un premier temps sur la forme. Objet télévisuel non-identifié, Legion est sans conteste d’une beauté fracassante, tant par son traitement de l’image que ses choix artistiques et, bien sûr, sa photographie, particulièrement léchée. Il faut dire que la série enchaîne tous les genres possibles, que ce soit sur le registre narré ou sa représentation à l’écran. Ainsi on brasse du fantastique, de l’horreur, de l’action, du drame, du thriller, de la science-fiction, de la comédie, de la romance, de l’aventure et il y a même quelques touches d’animation voire de documentaire ! Et quoi de mieux qu’une déconstruction systématique des structures narratives "classiques" pour s’ajuster à ce mélange des genres ?
C’est ce qu’élabore la série en alternant bien évidemment le présent et les flashbacks, les réalités alternatives, les séquences issues de l’imagination d’un ou des protagonistes, les flash-forwards, les rêves et les cauchemars, et ainsi de suite. Le spectateur se perd, forcément, dans ce labyrinthe complexe mais il le fait avec une certaine délectation. Legion se paie même le luxe de proposer des passages en muet et noir & blanc !
On détecte rapidement l’usage d’un format d’écran variable : le plein écran, naturellement, mais aussi l’usage de bandes noires horizontales en haut et en bas de l’écran (16/9ème). Leur présence indique que les scènes se déroulent (souvent) dans le cerveau de David Haller, là où leur absence montre (a priori) tout ce qui est "réel". Mais ces bandeaux noirs diffèrent d’épaisseur d’un plan à un autre, signalant plusieurs couches possibles de la réalité, ou plutôt de l’imaginaire de David (un peu à la façon du film Inception qui se composait de plusieurs strates différentes pour indiquer qu’il s’agissait d’un rêve dans un autre rêve). Compliqué ? Oui mais fascinant pour les spectateurs exigeants et passionnés par la série.
Difficile de décrire toutes les formes dont use Legion, qui joue en continue en (re)modelant sans cesse la manière de montrer à l’écran ce qu’il se déroule dans la tête (ou la réalité) de David Haller. Une façon amusante de tenter cette retranscription ici serait d’écrire tout cet article en alternant les paragraphes : un rédigé "à l’envers", avec le premier mot placé à la fin et ainsi de suite, puis un autre dans une langue étrangère, le suivant à découvrir en écriture verticale, avec des sauts de lignes, une police de caractère changeant toutes les deux lettres, différentes couleurs, etc. Et le tout en changeant constamment de sujet ! Et puis, de temps en temps, au lieu du texte, on mettrait les paroles d’une chanson. Cela donne un (très bref et très vague !) aperçu de ce que propose Legion à l’écran et explique pourquoi cette fiction paraît inaccessible pour certains. À force de jongler avec différents univers, de passer des songes à la réalité, dans une histoire modifiant sans cesse la manière d'évoquer tout cela, il est impossible de ne pas s’y perdre. Mais ce n’est pas forcément grave !
De Lynch à Kubrick, une série très "cinématographique"
Legion brille également par sa mise en scène, souvent bien inspirée et originale. Elle propose des plans dignes de productions à grand budget et regorge de trouvailles inventives que l’on imaginerait davantage dans des clips de musique, des publicités ou des courts-métrages primés. On se souvient par exemple — avec délice — du plan-séquence qui bouclait l’épisode pilote (S01E01 : Chapitre 1). Le mythique boléro de Ravel qui épousait une scène d'action d’anthologie, muette, reste aussi fortement ancrée dans les esprits (S01E07 : Chapitre 7).
Les cinéphiles l’ont bien compris : l'œuvre de Noah Hawley est sans aucun doute l’une des séries les plus proches des productions des meilleurs artisans du 7ème Art. Force est de constater, et cela dès le premier épisode, que l’inspiration du cinéma de Stanley Kubrick et de David Lynch est très présente. Kubrick pour le perfectionnisme de la mise en scène et la composition des plans, Lynch pour les bizarreries visuelles et l’égarement mental volontaire (que ce soit en rendant hommage à son film Mulholand Drive (2001) ou sa série Twin Peaks). Quant aux longs-métrages de Kubrick, difficile de ne pas visualiser le tapis de Shining (1980) dans une scène ou encore de ne pas repérer la copie quasiment plan par plan d’une scène culte du génial et dérangeant Orange Mécanique (1971).
On ignore même à quelle époque
se déroule Legion, dont les costumes et décors rappellent les
années 1970 mais dont la technologie évoque plutôt une époque
contemporaine ou un avenir proche.
Le travail de la lumière rappelle les œuvres d’un autre cinéaste talentueux : Nicolas Winding Refn. Si c’est avec son film Drive (2011) que ce réalisateur danois a atteint une renommée internationale, ce sont surtout ses deux dernières créations cinématographiques qui trouvent un (petit) écho dans Legion, à savoir Only God Forgives (2013) et The Neon Demon (2016).
DES CONNEXIONS AVEC LES FILMS X-MEN ?
Legion est censée se dérouler dans le même univers que les films X-Men mais aucun indice n’a confirmé cette théorie jusqu’à présent. Seul le symbole "X" est aperçu de temps en temps (en plus d’être incrusté dans la lettre "O" du titre de la série).
Legion est censée se dérouler dans le même univers que les films X-Men mais aucun indice n’a confirmé cette théorie jusqu’à présent. Seul le symbole "X" est aperçu de temps en temps (en plus d’être incrusté dans la lettre "O" du titre de la série).
On ignore même à quelle époque
se déroule Legion, dont les costumes et décors rappellent les
années 1970 mais dont la technologie évoque plutôt une époque
contemporaine ou un avenir proche.
Quant au père de David, Charles
Xavier, le fameux professeur X, il est à peine mentionné dans la série
(David apprend en fin de saison 1 qu’il a été adopté). Son célèbre
interprète, Patrick Stewart, n’a pas pour autant décliné l’invitation à
apparaître dans Legion, bien au contraire ! Dans la troisième saison ?
Le travail de la lumière rappelle les œuvres d’un autre cinéaste talentueux : Nicolas Winding Refn. Si c’est avec son film Drive (2011) que ce réalisateur danois a atteint une renommée internationale, ce sont surtout ses deux dernières créations cinématographiques qui trouvent un (petit) écho dans Legion, à savoir Only God Forgives (2013) et The Neon Demon (2016).
Noah Hawley, showrunner de la série, pousse même le vice, dans la seconde saison, avec une mise en abîme non pas d’un film mais… des comics ! Il ne met pas en scène un super-héros dans une bande dessinée, qui sauterait de case en case (idée tout de même exploitée dans l’introduction de l’épisode final de la saison 2) mais évoque un collectif de censure jugeant les comics néfastes et très dangereux pour les enfants (une des causes de la folie de Haller ?). Le tout est bien entendu tiré de faits réels puisque le Comics Code Authority (CCA) — qui n'existe plus depuis 2011 — régulait aux États-Unis, principalement à la fin des années 40, les sujets évoqués dans les bandes dessinées (il ne fallait pas de violence excessive, de représentation de drogue, d'alcool, de sexe…).
Toujours dans la partie technique, il faut s’attarder sur le parfait habillage musical des épisodes. La série mise à la fois sur des titres d’artistes renommés et sur une composition originale orchestrée par Jeff Russo. Celui-ci avait déjà travaillé avec Noah Hawley sur Fargo. Russo a également signé les bandes originales d’autres séries, comme The Night Of (qu'on recommande au passage), Star Trek : Discovery, et Altered Carbon. Outre l’ajout des titres de Russo, on peut entendre dans Legion, entre autres, Radiohead, les Rolling Stones, The Who, Serge Gainsbourg, Robert Plant, Feist, Nina Simone, T. Rex, Pink Floyd, Bon Iver, Tame Impala, Cat Power, The Velvet Underground, The Kinks et Jacques Brel !
Legion peut aussi compter sur des effets sonores extrêmement bien conçus, comme l’effrayant claquement de dents de plusieurs dizaines de personnes infectées d’une étrange maladie dans la saison 2. Terrifiant et efficace ! Les voix des femmes androïdes à moustache sont tout aussi mémorables. Bonus suprême : la série s’accorde même quelques instants de comédie musicale et de jolies chorégraphies, toujours en jouant sur le son, la musique et le muet, tout en s’offrant même des passages remarquées dans la langue de Molière !
Toujours dans la partie technique, il faut s’attarder sur le parfait habillage musical des épisodes. La série mise à la fois sur des titres d’artistes renommés et sur une composition originale orchestrée par Jeff Russo. Celui-ci avait déjà travaillé avec Noah Hawley sur Fargo. Russo a également signé les bandes originales d’autres séries, comme The Night Of (qu'on recommande au passage), Star Trek : Discovery, et Altered Carbon. Outre l’ajout des titres de Russo, on peut entendre dans Legion, entre autres, Radiohead, les Rolling Stones, The Who, Serge Gainsbourg, Robert Plant, Feist, Nina Simone, T. Rex, Pink Floyd, Bon Iver, Tame Impala, Cat Power, The Velvet Underground, The Kinks et Jacques Brel !
Legion peut aussi compter sur des effets sonores extrêmement bien conçus, comme l’effrayant claquement de dents de plusieurs dizaines de personnes infectées d’une étrange maladie dans la saison 2. Terrifiant et efficace ! Les voix des femmes androïdes à moustache sont tout aussi mémorables. Bonus suprême : la série s’accorde même quelques instants de comédie musicale et de jolies chorégraphies, toujours en jouant sur le son, la musique et le muet, tout en s’offrant même des passages remarquées dans la langue de Molière !
Qui est Dan Stevens ?
Que serait une bonne série sans un bon casting ? Dans Legion, c’est évidemment l’acteur principal Dan Stevens qui excelle, dans le rôle de David Haller. La folie, les doutes et les angoisses du mutant sont parfaitement retranscris à l’écran et le talent de Stevens atteint son paroxysme dans l’épisode Chapitre 14 (S02E06) où il explore différentes vies qu’il aurait pu avoir en effectuant d’autres choix. Il est méconnaissable avec plusieurs looks et un côté caméléon bienvenu. C’est aussi l’occasion de découvrir la puissance des pouvoirs de David.
Dan Stevens, 35 ans et de faux airs de Liam Gallagher (Oasis), s’est fait connaître en 2010 dans la très bonne série Downton Abbey, dans le rôle de Matthew Crawley, en blond, rasé de près et avec quelques kilos supplémentaires. On l’a retrouvé, entre autres, dans le rôle de la Bête et du Prince en 2017 dans La Belle et la Bête, un film qui l'a consacré à l’international. Il campe David Haller dans Legion depuis la même année. La magnétique Rachel Keller interprète Sydney "Syd" Barrett (un nom qui parlera aux fans de Pink Floyd), dont s’éprend David et qui offre d’excellents passages au show. Mention aussi à Navid Negahban dans le rôle du "méchant" Amahl Farouk, alias le Roi d’Ombre ("Shadow King" en VO), particulièrement charismatique.
Dan Stevens, 35 ans et de faux airs de Liam Gallagher (Oasis), s’est fait connaître en 2010 dans la très bonne série Downton Abbey, dans le rôle de Matthew Crawley, en blond, rasé de près et avec quelques kilos supplémentaires. On l’a retrouvé, entre autres, dans le rôle de la Bête et du Prince en 2017 dans La Belle et la Bête, un film qui l'a consacré à l’international. Il campe David Haller dans Legion depuis la même année. La magnétique Rachel Keller interprète Sydney "Syd" Barrett (un nom qui parlera aux fans de Pink Floyd), dont s’éprend David et qui offre d’excellents passages au show. Mention aussi à Navid Negahban dans le rôle du "méchant" Amahl Farouk, alias le Roi d’Ombre ("Shadow King" en VO), particulièrement charismatique.
C’est bien beau, tout ça, mais… ça ne fait pas tout ! On est d’accord : la série est compliquée, on ne comprend pas tout, on est un peu perdu, on a parfois du mal à suivre, on ne saisit pas tous les enjeux, la temporalité, les fantasmes, la réalité, etc. Mais c’est normal ! Seulement, c’est aussi le gros défaut de cette fiction : à force d’être si ambitieuse et exigeante, Legion se coupe d'une grosse base de fans. Son côté désordonné et confus peine à convaincre totalement et il faut s’accrocher pour comprendre les errements de David Haller et ses copains. La production et le diffuseur assument bien sûr ce choix et ne comptent pas rebrousser chemin pour plaire au plus grand nombre.
David Haller, alias Legion, est apparu dans le chapitre 25 de la série Les Nouveaux Mutants (The New Mutants en version originale), en août 1985. Il est né de la plume du célèbre Chris Claremont et des traits si singuliers de Bill Sienkiewicz. Cette première apparition en comics est disponible en France depuis peu. En effet, Panini Comics a (enfin) surfé sur le phénomène de la série (en réalité, l’éditeur souhaitait, à raison, profiter du lancement du film New Mutants début 2018, mais celui-ci a été repoussé à 2019 — pour août normalement même s'il y a de moins en moins de chance de le voir au cinéma — ; Panini Comics a quand même maintenu ses sorties) pour proposer une édition ultime, sobrement intitulé New Mutants. Ce pavé de plus de 500 pages coûte 36,95€ et contient les épisodes 18 à 38 de la série débutée en 1983. Incontournable pour les fans de la série télé et, bien sûr, les lecteurs de comics puisque cette excellente saga montre aussi Warlock pour la première fois.
Pour ceux voulant explorer le reste de cette saga en comics (signée par d’autres auteurs), il faut se tourner vers The New Mutants – L’intégrale | Tome 01 : 1982-1983 (qui contient, entre autres, les épisodes 1 à 10 de New Mutants). Trois autres tomes sont prévus — le deuxième, consacrée à l'année 1984, sortira le 10 juillet 2019 — mais chevaucheront le pavé New Mutants puisqu’ils contiendront des chapitres identiques (les 18 à 38 donc). Un peu compliqué (à l'image de la fiction TV) pour le néophyte tout ça…
On retrouve également Legion dans le premier tome d’une autre série intitulée New Mutants,
mais plus récente, celle-ci, puisqu’elle a été initialement publiée en
2009 (disponible chez nous depuis mars 2018). Titre de ce premier
volume ? Le Retour de Legion, nous voilà prévenus !
Effectivement, les X-Men vont faire front pour résister à Legion. Près
de 300 pages pour 30€ : un peu onéreux tout de même et plus dispensable.
Le second tome, La Chute, sortira lui aussi le 10 juillet 2019.
Toujours à la même date (corrélée avec la sortie du film New Mutants cet été), est prévue l’anthologie Nous sommes les Nouveaux Mutants. L’anthologie proposera trente-cinq ans de publications consacrées aux Nouveaux Mutants, incluant Rocket, Magic, Danielle Moonstar, Cypher, Solar et bien sûr Legion. Une fois de plus, pour les détenteurs des autres récits, cela risque de faire doublon et ce sera un poil confus pour les nouveaux lecteurs.
Heureusement, il existe aussi une mini-série entièrement consacrée à David Haller ! Elle est simplement intitulée X-Men – Legion et deux tomes la composent : Prodigue et Car nous sommes légion. Chacun est disponible en France, toujours chez Panini Comics, pour 18€ seulement, et ils comptent plus de 250 pages (un prix nettement plus abordable, donc).
Exigeante, comme le TV show, et passionnante, cette série est clairement celle que nous conseillons pour se familiariser davantage avec David Haller ou le découvrir sous une autre forme. En somme, les amateurs de l'adaptation télé peuvent se tourner vers trois titres : New Mutants de Chris Claremont et Bill Sienkewicz afin de découvrir la première apparition du héros, et les deux volumes de X-Men – Legion pour poursuivre l’exploration avec un filtre plus moderne.
Bourrée de fausses pistes et d’étranges indices cachés (avez-vous vu toutes les figures du Minotaure dans la saison 2 ?), Legion est, selon Noah Hawley, "volontairement déconcertante. […] Si la première saison était l’histoire d’un homme fou dans un monde sain, maintenant je regarde David [dans la deuxième saison] comme un homme sain dans un monde fou." Quelques arcs narratifs sont tout de même plus abordables : la fuite de l’asile, la relation amoureuse entre David et Syd, le refuge secret Summerland pour les mutants, les pouvoirs de chacun, les confrontations avec la Division 3 et, surtout, le Roi d’Ombre (Shadow King) sous ses multiples formes. Nombreuses sont les séries dites "complexes" et de qualité : Lost, Westworld, Twin Peaks (déjà citée plus haut), Mr. Robot… mais la plupart arrivent à prendre le spectateur par la main pour l'emmener dans leur univers et lui offrir des clefs de compréhension. Ce n'est pas vraiment le cas de Legion, mais... c'est peut-être aussi sa force : offrir volontairement un sentier de perdition.
Si début 2017, lors de la diffusion du pilote, la fiction avait rassemblé près de 1,62 million de curieux, ils étaient moitié moins deux mois et sept autres épisodes plus tard (0,81). Une chute drastique qui a continué début avril 2018 avec à peine 670 000 spectateurs pour la reprise de la seconde saison et 315 000 pour l'épisode final, mi-juin. Malgré tout, une troisième et dernière saison est bien en pré-production. Elle sera visible cet été, toujours sur la chaine FX aux États-Unis.
LES INSPIRATIONS COMICS
David Haller, alias Legion, est apparu dans le chapitre 25 de la série Les Nouveaux Mutants (The New Mutants en version originale), en août 1985. Il est né de la plume du célèbre Chris Claremont et des traits si singuliers de Bill Sienkiewicz. Cette première apparition en comics est disponible en France depuis peu. En effet, Panini Comics a (enfin) surfé sur le phénomène de la série (en réalité, l’éditeur souhaitait, à raison, profiter du lancement du film New Mutants début 2018, mais celui-ci a été repoussé à 2019 — pour août normalement même s'il y a de moins en moins de chance de le voir au cinéma — ; Panini Comics a quand même maintenu ses sorties) pour proposer une édition ultime, sobrement intitulé New Mutants. Ce pavé de plus de 500 pages coûte 36,95€ et contient les épisodes 18 à 38 de la série débutée en 1983. Incontournable pour les fans de la série télé et, bien sûr, les lecteurs de comics puisque cette excellente saga montre aussi Warlock pour la première fois.
Pour ceux voulant explorer le reste de cette saga en comics (signée par d’autres auteurs), il faut se tourner vers The New Mutants – L’intégrale | Tome 01 : 1982-1983 (qui contient, entre autres, les épisodes 1 à 10 de New Mutants). Trois autres tomes sont prévus — le deuxième, consacrée à l'année 1984, sortira le 10 juillet 2019 — mais chevaucheront le pavé New Mutants puisqu’ils contiendront des chapitres identiques (les 18 à 38 donc). Un peu compliqué (à l'image de la fiction TV) pour le néophyte tout ça…
Toujours à la même date (corrélée avec la sortie du film New Mutants cet été), est prévue l’anthologie Nous sommes les Nouveaux Mutants. L’anthologie proposera trente-cinq ans de publications consacrées aux Nouveaux Mutants, incluant Rocket, Magic, Danielle Moonstar, Cypher, Solar et bien sûr Legion. Une fois de plus, pour les détenteurs des autres récits, cela risque de faire doublon et ce sera un poil confus pour les nouveaux lecteurs.
Heureusement, il existe aussi une mini-série entièrement consacrée à David Haller ! Elle est simplement intitulée X-Men – Legion et deux tomes la composent : Prodigue et Car nous sommes légion. Chacun est disponible en France, toujours chez Panini Comics, pour 18€ seulement, et ils comptent plus de 250 pages (un prix nettement plus abordable, donc).
Exigeante, comme le TV show, et passionnante, cette série est clairement celle que nous conseillons pour se familiariser davantage avec David Haller ou le découvrir sous une autre forme. En somme, les amateurs de l'adaptation télé peuvent se tourner vers trois titres : New Mutants de Chris Claremont et Bill Sienkewicz afin de découvrir la première apparition du héros, et les deux volumes de X-Men – Legion pour poursuivre l’exploration avec un filtre plus moderne.
Bourrée de fausses pistes et d’étranges indices cachés (avez-vous vu toutes les figures du Minotaure dans la saison 2 ?), Legion est, selon Noah Hawley, "volontairement déconcertante. […] Si la première saison était l’histoire d’un homme fou dans un monde sain, maintenant je regarde David [dans la deuxième saison] comme un homme sain dans un monde fou." Quelques arcs narratifs sont tout de même plus abordables : la fuite de l’asile, la relation amoureuse entre David et Syd, le refuge secret Summerland pour les mutants, les pouvoirs de chacun, les confrontations avec la Division 3 et, surtout, le Roi d’Ombre (Shadow King) sous ses multiples formes. Nombreuses sont les séries dites "complexes" et de qualité : Lost, Westworld, Twin Peaks (déjà citée plus haut), Mr. Robot… mais la plupart arrivent à prendre le spectateur par la main pour l'emmener dans leur univers et lui offrir des clefs de compréhension. Ce n'est pas vraiment le cas de Legion, mais... c'est peut-être aussi sa force : offrir volontairement un sentier de perdition.
Si début 2017, lors de la diffusion du pilote, la fiction avait rassemblé près de 1,62 million de curieux, ils étaient moitié moins deux mois et sept autres épisodes plus tard (0,81). Une chute drastique qui a continué début avril 2018 avec à peine 670 000 spectateurs pour la reprise de la seconde saison et 315 000 pour l'épisode final, mi-juin. Malgré tout, une troisième et dernière saison est bien en pré-production. Elle sera visible cet été, toujours sur la chaine FX aux États-Unis.
Une représentation réaliste de la schizophrénie
On l’a vu, Legion est d’une folle (sans mauvais jeu de mots) inventivité narrative et visuelle. Une expérience sensorielle et parfois poétique, sans aucun doute la série Marvel la plus sombre du moment, que ce soit par son propos, relativement complexe, ou par quelques séquences extrêmement délicates à montrer à la télévision. On pense par exemple à cette terrible scène de la douche dans l’épisode Chapitre 12 (S02E04). Syd y est alors adolescente et utilise son pouvoir pour prendre possession du corps de sa mère, endormie, afin d'aller faire l’amour avec son beau-père (en train de se laver). La mère de Syd se réveille, ce qui provoque automatiquement une "reprise de son corps" (et Syd du sien), puis surprend son conjoint en plein acte avec sa fille de 15 ans… Difficile de concevoir une scène de ce genre dans un show télévisé d’une part, et dans une série Marvel d’autre part.
Autre point important : l’aspect "médical" particulièrement proche de la réalité. "La série parvient avec justesse à rendre compte de l’angoisse et de l’anxiété qu’une personne atteinte de schizophrénie peut ressentir lorsqu’elle fait face à ses hallucinations auditives — les plus courantes — ou visuelles", explique Ophely, 25 ans, doctorante en psychologie communautaire. Cette fan de Legion, qu’elle considère comme "un chef-d’œuvre", habite à Montréal, au Canada, et a fait un Master en psychologie clinique après trois années de licence de psychologie et deux ans de première année de médecine. "C’est une pure œuvre d’art qui utilise tous les codes du cinéma pour raconter une histoire singulière avec un héros qui l'est tout autant", dit-elle.
Autre point important : l’aspect "médical" particulièrement proche de la réalité. "La série parvient avec justesse à rendre compte de l’angoisse et de l’anxiété qu’une personne atteinte de schizophrénie peut ressentir lorsqu’elle fait face à ses hallucinations auditives — les plus courantes — ou visuelles", explique Ophely, 25 ans, doctorante en psychologie communautaire. Cette fan de Legion, qu’elle considère comme "un chef-d’œuvre", habite à Montréal, au Canada, et a fait un Master en psychologie clinique après trois années de licence de psychologie et deux ans de première année de médecine. "C’est une pure œuvre d’art qui utilise tous les codes du cinéma pour raconter une histoire singulière avec un héros qui l'est tout autant", dit-elle.
Pour la jeune femme, en plus d'une représentation assez juste de la schizophrénie, "une maladie souvent confondue à tort avec le trouble dissociatif de l’identité — des personnalités multiples dans le langage courant —, alors que ce sont deux maladies bien différentes", l’autre aspect fondamental de la série est que "Noah Hawley ne dit pas : Regardez c’est un schizophrène, un forcené, il est dangereux ! Un cliché véhiculé par les médias alors qu’en réalité, seulement 3 à 5% des personnes atteintes de troubles mentaux se rendent coupables d’actes de violence. La plupart du temps, elles sont victimes de violences (sept à dix fois plus de probabilités, d’après la Haute Autorité de Santé). Au contraire, le créateur de Legion fait comprendre que vivre avec une schizophrénie est quelque chose de complexe et qui impacte très fortement le quotidien (voir encadré en bas de l'article). La schizophrénie est un trouble psychotique qui se caractérise par des délires, des hallucinations et des dysfonctionnements au niveau de l’expression et de la reconnaissance des émotions."
Des éléments effectivement plutôt bien retranscris à l’écran. "L’illustration très juste des autres facteurs liés à la maladie me semble être un point important, poursuit Ophely. Par exemple, pour réduire certains aspects négatifs de la schizophrénie, il arrive que les personnes atteintes consomment du tabac ou du cannabis, de façon à soulager les symptômes, dont l’anxiété. C’est pour cette raison qu’on voit souvent David prendre des drogues avant son hospitalisation." L’étudiante n’oublie pas de préciser "qu’il faut néanmoins nuancer tout cela puisque cette représentation de la schizophrénie est teintée d’un aspect fantastique et super-héroïque. Il ne faut pas oublier non plus qu’il n’y a pas une seule schizophrénie mais plusieurs formes de schizophrénie."
TROIS FILMS, DEUX BLOGS ET UNE VIDÉO POUR COMPRENDRE LA SCHIZOPHRÉNIE
Le film qui donne une très bonne représentation de la schizophrénie est Un Homme d’exception (2001) de Ron Howard (A beautiful mind en VO) pour Ophely. Moins significatifs mais tout aussi intéressants, selon la doctorante en psychologie : Black Swan (2010) de Darren Aronofksy et The Voices (2014) de Marjane Satrapi. "Le mieux est encore de regarder l’excellente vidéo Schizophrenia Simulation sur YouTube, qui permet de rendre compte du quotidien des personnes atteintes de schizophrénie qui sont victimes d’hallucinations auditives."
Enfin, "si les gens souhaitent mieux connaître la schizophrénie, conclut Ophely, je conseille les blogs suivants : Ta gueule Boris et BlogSchizo, tenus par deux jeunes femmes (le premier se présente sous forme de bande
dessinée, le second contient du texte) atteintes de schizophrénie qui racontent
leurs difficultés et leurs parcours au quotidien, en combattant les
clichés sur la maladie."
Le film qui donne une très bonne représentation de la schizophrénie est Un Homme d’exception (2001) de Ron Howard (A beautiful mind en VO) pour Ophely. Moins significatifs mais tout aussi intéressants, selon la doctorante en psychologie : Black Swan (2010) de Darren Aronofksy et The Voices (2014) de Marjane Satrapi. "Le mieux est encore de regarder l’excellente vidéo Schizophrenia Simulation sur YouTube, qui permet de rendre compte du quotidien des personnes atteintes de schizophrénie qui sont victimes d’hallucinations auditives."
Un témoignage éclairant pour les (nombreux) fans perdus dans l’imaginaire de David, qui continue de fasciner, repousser, attirer et énerver ses spectateurs. Mais une chose est sûre : Legion restera dans la postérité et demeurera comme une série atypique, hors-norme et totalement originale. Rien que pour ça, il faut l’essayer !
Cet article a été initialement publié dans le magazine Séries Saga #13 (août 2018).
| + | Les points positifs | - | Les points négatifs |
|
|
|
Publié le
13.3.19
Par
Virgul
Première bande-annonce concernant l'adaptation, en film d'animation, de Batman vs Teenage Mutant Ninja Turtles.
Associer le Dark Knight et les Tortues Ninja, voilà une idée plutôt originale qui aurait pu donner quelque chose d'étonnant. Dans les faits, les comics sont, eux, assez plats et sans grande inspiration (cf. cet article pour plus de détails), même s'ils étaient visuellement très bien réalisés.
La version animée co-produite par Warner Bros, Nickelondeon et DC étant, sans surprise, basée sur le scénario de ces comics, le film devrait avoir plus ou moins les mêmes qualités et défauts au niveau de l'intrigue : en gros, une histoire parfois amusante mais plutôt convenue, alignant tous les clichés habituels associés aux deux univers.
Visuellement par contre, on est loin du graphisme léché et sombre de Freddie E. William II.
Sortie prévue au printemps.
Publié le
12.3.19
Par
Nolt
Voyage à l'époque victorienne avec la Ligue des Gentlemen Extraordinaires.
Un XIXème siècle mourant. Des figures nationales en fin de cycle servant un empire britannique qui se sait à l'agonie. Entre modernité et fantasmes de l'ancien régime, un petit groupe d'aventuriers renommés est rassemblé pour servir la reine.
Nemo, l'Homme Invisible, Quatermain, le Dr Jekyll et Mr Hyde... ils sont tous dirigés par une femme, Wilhelmina Murray, bien décidée à faire en sorte que sa "ménagerie" serve la couronne. Pendant ce temps, quelque part, dans les bas fonds de Londres, un homme s'apprête à lancer la première attaque aérienne de l'Histoire. La pègre chinoise détient la cavorite, un matériel anti-gravité qui peut précipiter le destin de l'Empire.
Et si le monde dépendait maintenant d'une poignée de héros à bout de souffle ?
Contrairement à une croyance trop largement répandue dans le milieu des comics, Alan Moore est loin de réussir systématiquement tout ce qu'il entreprend. Sa version de Crossed notamment était basée sur une idée totalement stupide qui rendait le récit illisible. Et l'on sait qu'il est habitué aux déclarations fracassantes certainement plus influencées par ce qu'il fume que le génie dont on l'affuble (cf. cet article).
Néanmoins, il faut reconnaître que le type est un bourreau de travail et qu'il lui arrive, régulièrement, de faire preuve d'un talent hors du commun. Ainsi, outre le très connu Watchmen, l'auteur peut se vanter d'avoir quelques chefs-d'œuvre à son actif, que ce soit Top 10 ou cette Ligue des Gentlemen Extraordinaires, parfois quelque peu sous-estimée.
D'un point de vue scénaristique, Alan Moore récupère ici les quelques personnages typiquement anglais qui sont tombés dans le domaine public au fil des ans. Rien de bien honteux comme procédé, c'est le cas d'autres séries comme par exemple Fables. L'atmosphère n'est d'ailleurs même pas spécialement
britannique tant nous connaissons, au moins de nom, les premiers rôles. Le but ici est de se lancer dans une aventure à la Jules Verne, avec des tas de machins vieillots et magnifiques, en avance sur une époque improbable. Bref une influence très steampunk.Sur la forme, l'on a l'impression d'un hommage presque parfait aux romans de genre mettant en avant la grande aventure et les héros "larger than life". Sur le fond, comme souvent avec Moore, l'on ne sera pas surpris de trouver des éléments habilement dissimulés voire un sous-texte résolument moderne qui ne cache rien des tics d'une certaine littérature et des tares d'une époque pas si lointaine.
Les dessins, réalisés par Kevin O'Neill, sont forts bons, surtout parce que l'artiste parvient à rendre un coté daté sans perdre en dynamisme en ce qui concerne les scènes d'action. C'est aussi, d'un point de vue visuel, très peu académique, dans le sens où l'on peut avoir des planches de neuf cases, à l'européenne, ou des découpages moins formels voire des plans énormes venant rythmer le récit comme des coups de boutoir. Le style, très anguleux, ne plaira cependant pas à tout le monde et peut donner l'impression de personnages un peu "raides". Les visages, bien que réellement expressifs, peuvent dérouter également, au contraire des décors qui flirtent avec la perfection. Quant à l'histoire, elle allie la légèreté du véritable divertissement et la discrète profondeur de l'ironie. Les personnages surtout, parfaitement écrits, prennent une ampleur énorme sur le long terme, chacun révélant une personnalité complexe et des failles plus ou moins importantes.
D'abord publiée par les Éditions USA puis Panini, la série a bénéficié d'une nouvelle intégrale (250 pages) l'année dernière, qui comprend les deux premières saisons.
À réserver à un public adulte.
| + | Les points positifs | - | Les points négatifs |
|
|
Publié le
10.3.19
Par
Vance
Incontestablement, ce petit album au format italien est un livre qui plaira aux geeks, plus particulièrement aux (anciens ou nouveaux) rôlistes, amateurs de dark fantasy ou complétistes admirateurs de cet écrivain si singulier qu'était Howard Phillips Lovecraft.
Connu d'à peine une poignée d'aficionados de son vivant, l'auteur de Providence n'a cessé depuis sa mort de resurgir dans la culture populaire, son œuvre s'adjugeant très tôt le statut de culte par le biais de rééditions opportunes, avec des textes plus ou moins pertinemment complétés par des disciples avisés, d'adaptations osées en jeux de rôles (L'Appel de Cthulhu édité par Chaosium est incontestablement une franche réussite), moins maîtrisées au cinéma, et de versions récentes en jeux vidéo. Le grand Alan Moore a proposé sa propre vision des mondes hallucinés de Lovecraft (cf. Neonomicon et Providence) révélant une redoutable modernité et Nolt lui-même s'est fendu de son propre hommage dans ce recueil paru en 2018 (Sur les traces de Lovecraft). Lovecraft est partout aujourd'hui et Cthulhu, son monstre tutélaire, qui attend son heure funeste dans sa cité engloutie de R'Lyeh, est tout aussi présent sur des T-shirts exigeant qu'il se présente comme président (!) que dans les rayons de jouets pour (grands) enfants (la peluche Cthulhu est trop mimi !).
C'est ainsi que, en 2009, les Espagnols José Oliver & Bartolo Torres se sont donnés pour tâche de tenter de nous faire vivre, avec humour et respect, ce qui aurait pu être la vie du jeune reclus qui devait devenir des décennies plus tard l'une des références absolues en matière de littérature fantastique. Avec la redondance habituelle à ce genre, on assiste à des tranches de vie
prises dans une certaine continuité : Howie (le petit Lovecraft, donc), persécuté par
Big Joe qui lui pique son goûter, en est réduit à invoquer l'œil de Rammenoth
(tout simplement parce qu'il ne sait pas se battre) : la réussite toute
relative de son entreprise l'encouragera dès lors à persévérer dans cette voie obscure mais salutaire. Il créera un golem pour
faire ses devoirs puis se liera d'amitié avec une goule hantant les cimetières
(que tout le monde prendra pour un gentil chien-chien), voyagera à dos de
Byakhee et ira faire la fête avec les fantômes de Baudelaire, Rimbaud et Poe (Edgar, le poète, pas le pilote de chasseurs X) en
compagnie de Siouxie, une fille de son âge pleine d’énergie mais qu'il est heureux de voir partager certaines de ses passions. De temps en temps, on le surprend à imaginer des
fins alternatives aux grands classiques de la littérature, avec la plupart du
temps l'intervention d'un Grand Ancien (ces saynètes s'avèrent très réussies d'ailleurs, agréablement mâtinées d'humour macabre et de références pointues).
Les clins d’œil, s'ils sont légion (a fortiori puisqu'à la base même de l'ouvrage), n'empêcheront pas un lecteur profane d'apprécier les planches. Certes, l'auteur citera le Necronomicon et évoquera quelques-unes des figures représentatives du panthéon lovecraftien (Cthulhu, bien sûr, nommé ici "Cthulhulhu", mais aussi Shub-Niggurath, Yog-Sothoth, Dagon, les Mi-Go, les Byakhees, Ubbo-Sathla), et même le… Père Noël.
Bien que souvent sanglantes, les
illustrations ne sont pas à proprement parler nauséeuses ou glauques et, hormis
deux ou trois allusions gentiment sexuelles (comme Rammenoth, qui explique
comment cette sorcière australienne se fait du bien avec une partie de son
corps), il n'y a pas de quoi réserver cela à un public averti.
L'album est complété par une galerie d'illustrations réalisées par d'autres artistes. Les éditions Diàbolo en proposent une version française depuis 2013, et deux autres tomes sont disponibles.
Au final, un petit album gentillet qui ravira les amateurs. Les maniaques du rangement bibliothécaire pesteront en revanche contre le format en longueur qui le rendra difficile à insérer dans les rayonnages.
| + | Les points positifs | - | Les points négatifs |
|
|
|



























