Kaamelott vs SJW (ou la Fable des trois Bécasses et du bon Roi)
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Allez, ça faisait longtemps, c'est reparti pour une petite analyse d'un article débile, cette fois très critique envers le public de Kaamelott.

Une fois n'est pas coutume, il ne s'agit pas d'un torchon publié sur Slate mais sur Konbini. Mais ne vous sentez pas dépaysé, c'est les mêmes bestiaux. L'article est signé Marion Olité, rédactrice en chef de Biiinge, spécialisée dans les séries "féministes" et LGBTQ+. Ah, ça pose tout de suite le bazar. On sent dès le départ le trop-plein de temps libre et le manque de neurones.
Mais, analysons ça en détail. Vous allez voir, ce n'est pas triste, Marion étant littéralement une usine à inepties et à idées reçues.

Déjà, ça commence avec de l'écriture inclusive et du point médiant. Tant qu'à faire, autant que la forme soit aussi ridicule que le fond. L'auteur de l'article nous annonce qu'elle va s'intéresser aux fans de Kaamelott, une "fandom" (une communauté, en gros) qui "s'est révélée plus d'une fois problématique".
Là déjà, ça part très mal.
La "communauté des fans de Kaamelott", ça n'existe pas. Ou plutôt, Kaamelott est un dénominateur commun trop vague pour que les spectateurs de la série puissent être désignés sous le terme "communauté". Donc, comment une entité inexistante pourrait-elle "poser problème" ? 

Marion invite du coup une copine universitaire, Justine Breton, qui tente de définir ces gens "qui posent problème". Pour elle, si une "fandom" est l'ensemble des gens fans de la série et qui sortent une réplique culte de temps en temps, ça représente une centaine de milliers de personnes. Hmm... drôle d'estimation à la louche. Les "fans" de Kaamelott me semblent bien plus nombreux que ça. Difficile je pense de faire un million d'entrées en une semaine, en pleine pandémie (et alors que la fréquentation des cinémas est en baisse) avec une fanbase de 100 000 peigne-culs. Le nombre est donc sous-évalué, mais même s'il était juste, 100 000 personnes, c'est énorme. C'est à peu près toute la population de Nancy ou de Caen. Il est donc évident que dans un échantillon aussi large, l'on trouvera de tout. Des intellectuels et des débiles profonds, des boulangers, des dentistes, des étudiants, des chômeurs, de braves gens et même des criminels. Ils ne forment donc pas une communauté cohérente, même s'ils sont tous fans de Kaamelott.

Mais bon, admettons. Voyons ce qu'il leur est reproché à ces gens (ou peut-être devrais-je dire "nous", vu que j'aime plutôt bien cette saga moi aussi, cf. cet article). "Premier grief fait aux fans de la série : cette manie de reprendre en boucle ces répliques que l'on a entendues 1000 fois."
Alors, deux remarques : 
1. Perso, je ne radote pas des répliques de Kaamelott en boucle. Et je ne crois pas connaître quelqu'un qui fasse ça.
2. Ben, ça va, comme "communauté qui pose problème", je m'attendais à quelque chose de bien plus chaud. Il y a pire comme salauds en France à l'heure actuelle, a priori.

Il y a ensuite une pintade ("MauvaiseFille", issue de twitter, on est au bord du pléonasme) qui explique qu'à chaque fois qu'elle rencontre un mec qui cite des répliques de Kaamelott, elle sait que ça ne va pas marcher entre elle et lui. Le fait que ce soit une chieuse qui ne supporte rien n'a évidemment aucun rapport avec son célibat prolongé...

Ça vole haut jusque-là, hein ? Je vous cite carrément tout le paragraphe suivant, il est magique :
"Kaamelott, c’est un peu la série phare des trentenaires à sensibilité de gauche vintage, celle des années 1990, début 2000. Et, à l’image de ses personnages, elle cible – consciemment ou non – en premier lieu un public précis, les hommes geeks et blancs de France, qui tenaient là une belle revanche contre le monde des intellos snobinards."
Wow... autant de conneries en aussi peu de phrases, c'est presque un record.
Alors, il me semble que Kaamelott touche un public bien plus vaste que les seuls trentenaires déjà. Mais surtout, c'est quoi une "sensibilité de gauche vintage" ? Pff... sensibilité de gauche économique ? Sociétale ? Et le "vintage", il signifie quoi ? Dépassé ? Ringard ? À l'ancienne ? Qu'est-ce que c'est que cette manie d'affirmer des théories venues de nulle part et de les étayer par des définitions tellement vagues qu'elles sont incompréhensibles ? 

Et Kaamelott "ciblerait" un public particulier ? S'il y a bien un auteur en France qui a su s'éloigner justement de la pure logique commerciale (ne serait-ce que sur le choix du design des boîtiers DVD, ou sur le merchandising, très contrôlé), c'est bien Alexandre Astier. Et lorsque l'on écrit, de toute façon, on ne cible personne. On écrit (si on le fait bien, en tout cas) pour soi, sans tenir compte d'un éventuel public.
Ce n'est pas fini, ce public visé serait les "hommes geeks et blancs". Ah bon ? Pour quelle foutue raison ? Rien n'est jamais argumenté, c'est dingue, et dire que ça fait partie d'une association de "critiques". 
Geek, déjà, ne veut rien dire. Si à l'époque, cela avait un sens aux États-Unis (où cela désignait de manière insultante une "caste" bien à part), c'est devenu aujourd'hui tellement flou que ça ne désigne plus rien ni personne. Ou plutôt, ça désigne tout le monde (lecteurs de BD, fans de SF, gamers, pratiquants de JdR...), donc personne. Et pourquoi ça ne viserait que des Blancs ? Parce que les personnages principaux (très logiquement) le sont ? Donc, ça veut dire qu'une série ou un film avec des acteurs majoritairement noirs ne pourrait pas intéresser des spectateurs blancs ? Encore une fois une preuve que les fameux "anti-racistes" modernes ne voient tout que par le prisme de la race. 
Et enfin, dernière connerie de ce pourtant court paragraphe, qu'est-ce que c'est que cette histoire de revanche sur les "intellos snobinards" ? J'imagine que ces intellos sont opposés à des gens un peu "simples" on va dire. Et qui ne seraient pas snobs. Donc, quoi... des paysans non-sectaires ? des paysans sympas ? Ben, ça me va comme définition. Par contre, pourquoi faudrait-il obtenir une revanche sur les intellos snobinards ? De qui parle-t-on exactement ? En quoi Kaamelott serait un pied-de-nez à ces gens ? Encore et toujours ce flou qui permet finalement au lecteur de penser ce qu'il veut (ce qui est bien pratique pour ratisser large).
Quant au milieu intello-snobinard, si l'on parle bien de ce microcosme de parisiens dégénérés, qui aiment notamment les relations sexuelles avec de très jeunes enfants et souhaiteraient qu'elles soient dépénalisées (cf. le manifeste signé à l'époque par Jack Lang, Bernard Kouchner, Cohn-Bendit, Louis Aragon, Roland Barthes...), difficile de toute façon de s'y identifier. Même en étant écrivain, en ayant 140 de QI et une solide culture générale, impossible de se sentir proche de cette clique de personnages nauséabonds. 
Donc, si on résume, Kaamelott, c'est la revanche des bouseux un brin vulgaires sur les pédophiles parisiens [1]. Hmm... je ne vois pas en quoi, mais ça me va.

Et on n'est pas rendu au bout du truc hein...
Bon, la meuf sur twitter balance ensuite une nouvelle remarque brillante : "Je serai un white guy fan du Moyen Âge, je serai au summum de mon existence au moment où Kaamelott sort !"
Déjà, d'une, il ne s'agit pas du Moyen Âge mais de l'Antiquité. Mais bon, elle était certainement trop occupée à se faire les ongles quand le sujet a été abordé à l'école. De deux, c'est "je serais", le futur est ici impropre, c'est le présent du conditionnel qui s'impose (mais c'est sans doute Marion qui est à incriminer... ah pour foutre des points médians, elle est forte, mais pour conjuguer correctement un verbe, il n'y a plus personne). Et de trois, toujours ce continuel rapport à la race, mâtiné d'un franglais qui trahit les origines de ces théories débiles.
Vous remarquerez que chez les SJW ou "progressistes", la forme importe aussi peu que le fond : je ne sais pas écrire, je n'y connais rien en Histoire non plus, je ne suis pas foutu d'argumenter, mais on s'en fout, ce qui compte, c'est de taper sur des mecs blancs. Misère...

Les trois bécasses s'attaquent ensuite à l'humour spécifique de Kaamelott, en le caricaturant par "un personnage intelligent qui tente d'expliquer des trucs à des personnages trop bêtes pour comprendre". 
Alors, pour être honnête, il y a de ça, mais c'est un peu réducteur. Il y a notamment des "passes d'armes" à la Audiard, entre personnages de même niveau intellectuel, qui valent aussi le coup. 
Après, il existe trop d'humours différents pour que Kaamelott soit universel. Je peux donc tout à faire comprendre que certains n'aiment pas la série. Là encore, je ne vois pas en quoi ça pose problème, il existe des tonnes de séries soi-disant comiques qui ne m'occasionnent pas le moindre rictus sans que je n'aie pour autant l'idée de venir m'en plaindre. 
Bon, les pintades se plaignent surtout du fait qu'apparemment, des gens leur on dit que si elles ne comprenaient pas l'humour de Kaamelott, c'était parce qu'elles n'étaient pas assez intelligentes. Du coup, elles l'ont mal pris. Mais, quand on voit le niveau de ce qu'elles étalent dans cet article, effectivement, on voit bien que l'on n'a pas affaire à des prix Nobel. 

Viennent ensuite des considérations sur Astier lui-même, qui serait à tort (ou "trop") considéré comme un "génie". Là, j'avoue que je suis d'accord (j'essaie de faire preuve d'honnêteté intellectuelle, même Marion et Justine peuvent émettre des avis pertinents de temps à autre). J'ai toujours pensé qu'Astier était un excellent auteur, mais qu'il pouvait aussi se tromper (cf. L'Exoconférence ou les longueurs insupportables du Livre VI). Ce n'est d'ailleurs pas grave de se tromper, ça n'enlève rien au mérite du gars, à son parcours, au fait qu'il produise, la plupart du temps, de l'excellent travail. Mais il faut juger l'œuvre de manière dépassionnée, sans considération pour la sympathie (ou pour certains l'admiration) éprouvée pour l'auteur.
Donc, un bon point pour Riri, Fifi et Loulou. J'ai l'impression qu'il n'y en aura pas des tonnes.

Allez, on retombe tout de suite dans la connerie avec une affirmation qui relève à la fois de l'extrême naïveté et de la pure hypocrisie : "Critiquer Kaamelott, c'est s'exposer à des critiques, notamment sur les réseaux sociaux."
Ces filles ont grandi avec internet et ces saloperies de réseaux, elles utilisent sans doute elles-mêmes l'effet de meute à leur profit, mais elles découvrent que, ouais, sur internet, les connards sont en roue libre et s'inventent des couilles. Critiquer n'importe quoi, sur internet, c'est s'exposer à des critiques. Même proférer des banalités, c'est s'exposer à des critiques. Ce n'est en aucun cas un phénomène propre aux fans de Kaamelott. C'est juste que parmi cette vaste "communauté" (qui n'en est pas une), il y a des gens qui ont le temps, la motivation et la bêtise d'aller harceler ceux qui ont un avis contraire au leur. Ça s'appelle la connerie humaine.

Pour le moment, alors qu'on est à plus de la moitié de l'article, on ne sait toujours pas ce qui "pose problème" avec les fans de Kaamelott. Mais on y vient.
Pour les trois mousquetaires, Kaamelott comporterait des blagues sexistes et homophobes. Là, il faut bien comprendre que l'on est dans un lexique SJW et dans une logique parallèle. Il n'y a rien d'offensant pour les femmes ou les homosexuels dans cette série, bien entendu, mais de nos jours, tout (et même son strict contraire, cf. cet article) peut être interprété comme raciste, misogyne, homophobe ou n'importe quoi en "phobe". Par exemple, l'épisode où Arthur se retrouve dans la même chambre que l'évêque Boniface est considéré par ces gens comme homophobe. Et, bien entendu, sans aucune considération pour le contexte, l'époque, les personnages, l'effet voulu, etc. Même si Arthur (Arthur, pas Astier !) était disons... peu enclin à bien considérer les homosexuels, ne serait-ce pas normal à l'époque ? Et, de toute façon, cet épisode avec Boniface n'est qu'un prétexte à divers gags, dont certains reposent effectivement sur le fait que le personnage d'Arthur est gêné de dormir avec un homosexuel (et surtout soucieux à l'idée que ça puisse se savoir). En quoi est-ce "homophobe" ? 
Jusqu'à preuve du contraire, l'homophobie, c'est agresser, physiquement ou verbalement, un individu à cause de sa sexualité. Il ne fait pas ça, Arthur. Astier encore moins. Par contre, oui, l'homophobie ça existe, même moi qui ne suis plus l'actu, je vois régulièrement passer des infos sur telle ou telle personne qui a été tabassée à cause de son orientation sexuelle. Mais, les SJW sont bien trop occupés à combattre les auteurs et la fiction pour se préoccuper du réel. Il faut dire que le réel a des conséquences physiques parfois, alors qu'ânonner des lieux communs sur le net, en déféquant sur de l'imaginaire, c'est sans risque. Ah ben, on se trouve les combats que l'on est prêt à mener hein...

Bref, on nous parle d'une nana qui aurait fait remarquer à Astier le caractère sexiste et homophobe de sa série (sic), celui-ci aurait répondu sèchement qu'il faisait ce qu'il voulait (on le comprend !) et la "communauté des fans" serait tombée sur la demoiselle, en l'insultant, la menaçant, etc.
Donc, non, pas la "communauté", juste quelques imbéciles. Et encore une fois, comment ne pas s'y attendre ? Internet est le paradis des lâches qui n'agissent jamais dans le réel. Donc, une bécasse se découvre subitement le courage virtuel d'aller ahaner en public quelques remarques désagréables et stupides à un auteur, puis elle découvre qu'il existe aussi con qu'elle et le déplore... ben oui mais, machine, assume. C'est déjà pas glorieux d'être une simili-guerrière du net, tu peux au moins supporter que tes méthodes se retournent temporairement contre toi. 

Là, Marion passe à la vitesse supérieure en nous sortant que non seulement, l'humour de Kaamelott ne passerait plus aujourd'hui (en effet, c'est pas comme si le film qui vient de sortir cartonnait), et surtout, et là c'est bien plus grave, elle nous dit qu'Arthur et Astier, c'est la même chose !
"On imagine bien qu’Alexandre Astier n’avait évidemment pas en tête de "lâcher les chiens" sur cette femme. Pour autant, ce fandom ultrafidèle a été créé à son image et à celle du personnage principal de Kaamelott qu’il incarne, Arthur Pendragon, les deux se confondant tant ils sont proches."
Là on est donc dans du délire pur et de la diffamation. Non, un auteur ne peut se confondre, en aucun cas, avec l'un de ses personnages. Si l'on ne comprend pas ça, l'on n'est pas capable par exemple de faire la différence entre les inclinations d'un personnage, ses défauts, son caractère, et cetera, et ce qui relève de l'éventuel message que souhaite faire passer l'auteur. Si l'on ne comprend pas ça, l'on n'est pas capable de (bien) jouer à un jeu de rôles (en s'éclatant à interpréter des personnages très différents de ce que l'on est) et l'on en est réduit à employer des X-Cards (cf. cet article). Si l'on ne comprend pas ça, l'on n'est pas capable de critiquer une œuvre, parce que l'on manque du recul et de l'intelligence nécessaires pour distinguer ce qui relève de la fiction et ce qui relève des propos tenus par un individu réel. 

Marion poursuit en expliquant, en gros, qu'Astier à les fans qu'il mérite (donc, des cons), et que les séries "qui véhiculent bienveillance et amour" n'ont pas ce problème de "fandom" malodorante (tu la sens, toi aussi, la "bienveillance" de Marion ?). 
Rhaa, mais Marion, tu es tellement conne, ça dépasse les limites du raisonnable.
On ne peut pas écrire de bonnes fictions avec uniquement de "la bienveillance et de l'amour". Pour des tonnes de raisons :
- Si tout est merveilleux et "bisounoursé", il n'y a juste pas d'intrigue.
- Il ne faut pas confondre la finalité d'une œuvre, ou le message véhiculé, et les embûches qui permettent d'aboutir à cette finalité.
- On ne lit pas pour être chouchouté et maintenu dans un confort factice mais pour expérimenter, pour ressentir des émotions puissantes et "sans risques", pour atteindre le processus de catharsis.
- Si tu n'acceptes que les œuvres "bienveillantes et véhiculant de l'amour", tu mets donc à l'écart l'ensemble des auteurs classiques ou modernes (de Racine à Stephen King, en passant par Orwell ou Shakespeare). Ça va, tu n'as pas du tout l'air d'une psychopathe hystérique du coup...

On a ensuite une explication vide de sens sur le processus d'identification. Rappelons que l'on ne s'identifie pas à un personnage parce qu'il a la même couleur que nous, le même caractère, le même âge, mais parce qu'il souffre. C'est l'affect négatif qui soude. On peut devenir frères d'armes parce que l'on s'en prend plein la gueule, ensemble, mais personne ne devient frères de Nintendo ou frères de Star Wars. Quand un spectateur ou un lecteur s'identifie à un héros, ce n'est pas par hasard ou par choix, mais parce que l'auteur l'a décidé, en montrant une souffrance partagée donc reconnue. 
Tain mais, cette meuf est une critique pro (ou disons une soi-disant spécialiste) et elle ne comprend même pas ça ? C'est pas possible d'être à côté de la plaque à ce point-là !

L'autre andouille continue avec ces biais psychologiques et ses rapports logiques accouchés aux forceps en nous disant que (je résume, mais en gros c'est ça), Astier étant un gros bourrin fan d'Astérix, il a une communauté de fans à son image. Elle parvient même à sortir que si Astier est respecté, c'est en partie à cause de "la grande intelligence" dont il a fait preuve dans "le domaine scientifique" avec l'Exoconférence. Pas de bol, c'est son pire spectacle et sa plus mauvaise œuvre. Et il y fait plus preuve de condescendance stupide que d'intelligence. Et ce que je viens de dire ne m'empêche nullement d'aimer Kaamelott et de reconnaître qu'Astier est un auteur respectable. 
Encore une fois, Marion (qui m'a l'air d'être bien remontée contre ce pauvre Alexandre), fait comme si le fan de Kaamelott était dénué d'esprit critique. Pour elle, il n'y a que deux états possibles : le fan masculiniste, homophobe et sexiste de Kaamelott, prêt à tout pour défendre son maître, et ceux qui n'aiment pas Astier, l'humour de Kaamelott, et pensent comme elle à la virgule près. Ben non Marion, le monde, les gens, c'est un peu plus compliqué que ça. Tu as une approche enfantine de style "gentils ou méchants", mais ça n'existe pas ça. Enfin, si, chez les SJW, mais dans le monde réel, tu verras le jour où tu ouvriras des livres d'Histoire, où tu aiguiseras ton esprit, où tu commenceras à réfléchir par toi-même, sans "prêt-à-penser", que les nuances de gris, ce n'est pas réservé à la ménagère en mal de SM soft. Rares sont les génies absolus. Les gentils absolus. Ou les salauds absolus. L'être humain est une machine un peu plus complexe que ça, Marion. Le crétin fan de Kaamelott que tu décris existe, j'en suis certain, mais tu ne peux, sur la seule base de cette existence, élaborer une théorie venant diffamer et insulter tous les fans de cette série. Tiens, toi qui aimes tout aborder par le prisme de la race, c'est un peu comme si tu te faisais agresser par un Noir, et que tu en tirais la conclusion saugrenue et fausse que tous les Noirs sont méchants. C'est débile. On juge les gens sur ce qu'ils font, pas ce qu'ils sont. Fan de Kaamelott ou Blanc ou Noir, ce sont des états, ça n'induit rien de positif ou négatif. T'insulter parce que tu profères des inepties (comme je l'ai fait à quelques reprises dans cet article), c'est un fait. J'ai mes défauts, je le reconnais. Ce que tu peux me reprocher, ce n'est pas de défendre Astier (que je critique parfois par ailleurs) ou d'être un membre de cette "communauté" de fans qui n'existe pas, mais juste de ne pas avoir eu envie de faire preuve de retenue à ton égard. Le "bécasse", il ne t'est pas adressé par tous les fans de Kaamelott, ou tous les Blancs, ou tous les Mosellans, juste par moi. On ne peut mutualiser ce qui relève de l'individuel. Je ne sais pas pourquoi je fais semblant de te parler, à l'évidence, tu ne lis pas UMAC. Sinon, tu aurais quelques bases en grammaire et en analyse concrète et technique de la fiction.

Pfiouu, on n'en est pas encore à la fin, mais ça approche. 
Voyons ce qui ne va toujours pas dans la série selon Marion (remarquez qu'au départ, elle parle de problèmes avec les fans, pour au final critiquer la série elle-même, donc Astier, qui aurait rassemblé les pires salopards grâce à son écriture infâme). Si Kaamelott attire les pires connards du monde moderne, c'est parce qu'il n'y a pas assez de femmes dedans, ni assez de personnages "issus de la diversité". Pff... c'est usant tellement c'est stupide.
Bon, des femmes, il y en a un paquet quand même : entre Guenièvre (qui prend une importance énorme dans le temps et dont le personnage est grandement étoffé), Dame Séli, la Dame du Lac, Mevanwi, sans parler des maîtresses d'Arthur, d'Angharad (au caractère bien trempé) ou Aconia, ce ne sont pas les rôles féminins qui manquent. 
Pour la "diversité", ben évidemment, andouille, ça se passe en Bretagne (pas la région française, la Bretagne antique) ! Ta "diversité", elle est absente à cette époque ! Le melting pot, le grand remplacement ou quel que soit le nom qu'on donne à ce mélange qui ne fonctionne pas, il arrive bien après. Et pourtant, malgré tout, il y a des rôles mettant en scène, dans Kaamelott, des acteurs d'origine étrangère (puisque c'est cela que désigne le terme de novlangue "diversité") : Attila, joué par Lan Truong ; Narsès, joué par Denis Maréchal ; Papinius jeune, joué par Ayman el Kadhi... tout ça, c'est encore trop blanc pour toi Marion ? Il n'y en a pas des tonnes, de ces exemples de "diversité", on est d'accord, mais le contexte ne s'y prête pas. Et malgré le contexte, on en trouve (sauf que toi, tu les ignores puisque ça t'arrange, ou sans doute que tu ne les connais même pas).

Ensuite, la "médiéviste" (quand on vous invente un titre à la con comme ça, c'est en général que vous n'avez aucune compétence de validée dans votre domaine d'intervention... si Justine était docteur en Histoire, on nous l'aurait signalé, mais puisque son seul fait d'armes, c'est d'avoir fondé un forum sur Kaamelott, elle devient "médiéviste") nous apporte une information cruciale, qui a sans doute demandé une étude approfondie. Attention, je vous la livre. Prêt ?
"Comme le pointe du doigt la médiéviste Justine Breton, les fans de la comédie sont en fait composés à moitié d’hommes et à moitié de femmes."
Wow... sans déconner ? T'es sûre, Justine ? Attention, tu vas loin là...
Rhalàlà, mais je n'oserais jamais inventer, en tant qu'auteur, des répliques aussi stupides. Et pourtant, ça existe en vrai. Donc, oui, quand un domaine devient populaire, passé un certain cap, le nombre de femmes et d'hommes a tendance à s'équilibrer. Quelle découverte spectaculaire ! Ah mais bravo Marion, tu nous as déniché le gratin des spécialistes, on se régale.

Du coup, ce constat va à l'encontre de la théorie de départ, qui affirmait que Kaamelott visait un public masculin (et blanc). Mais pour ces gens, se contredire n'a aucune importance, puisque tout se vaut (cf. cet article). Par exemple, tout comme certaines ont "démontré" que le Club des Cinq était "sexiste" parce qu'il était composé d'une jeune fille douce, passive, trop féminine, mais aussi d'une jeune fille un peu bourrine, active, et pas assez féminine (cf. cet article), Kaamelott peut très bien être sexiste parce qu'il n'y a pas assez de personnages féminins ou parce qu'il y en a trop. Pour les SJW, ce qui importe, c'est la condamnation de principe, la mise au ban de la société, et jamais les faits. Si le camp du "progrès" décide que vous êtes par exemple un mauvais père ou une mauvaise mère parce que vous avez giflé votre enfant suite à une bêtise, ce même camp décidera de la même manière que vous êtes un mauvais père ou une mauvaise mère si vous ne le giflez pas. Pour ces gens, si A est "inbon" et que B est le contraire de A, cela n'induit pas pour autant que B est bon. Il faut bien comprendre cette façon très particulière d'appréhender le monde et les faits pour prendre la mesure du côté délirant et névrotique des théories absurdes qui en sont la conséquence.

Bon, le duo magique (Marion/Justine) nous explique ensuite que les hommes sont plus prompts à prendre la parole sur le sujet de Kaamelott que les femmes (sur quelles bases, quelle étude ? d'où ça sort ?). 
Elles parviennent tout de même à admettre, cette fois, que ce n'est pas propre à Kaamelott, mais on sent bien que c'est une hérésie pour elles. Ben effectivement, les hommes et les femmes n'ont pas le même comportement, c'est tout. Parce que, malgré ce que l'on veut nous faire croire, ils ne sont pas identiques (ce qui ne veut pas dire que la femme est inférieure, juste différente). Ils ne sont pas identiques physiologiquement, physiquement, intellectuellement, etc. Ce qui n'est en soi pas grave, mais ce qui est un blasphème pour les partisans de l'égalitarisme actuel. Parce qu'ils ne comprennent pas que l'égalité, raisonnée et raisonnable, ce n'est pas "tout le monde est au même niveau à l'arrivée" mais "tout le monde est au même niveau au départ" [2].

On en arrive enfin à la conclusion (ouuuuf ! non mais, ça a été encore plus dur pour moi hein).
Là encore, en résumant (mais allez vous farcir l'article original si ça vous amuse), Astier est un conservateur (donc un enculé, un fasciste, etc., vous savez comment ça marche) qui est responsable du fait que ses fans soient des gros cons. 
Et pour justifier ça, Marion et Justine avancent ceci : 

"Alexandre Astier répondrait qu’il ne fait pas une œuvre politique et qu’il veut juste raconter son histoire comme il l’entend, d’accord. Mais il faut avoir conscience que toute représentation est politique et sociale, qu’on le veuille ou non. Je pense qu’il est suffisamment intelligent pour avoir conscience qu’il possède un point de vue conservateur, ou du moins pas aussi progressiste qu’il veut bien le faire croire. J’imagine qu’il dirait que ce qu’en font les fans est un autre problème, mais qu’il le veuille ou non, c’est un problème qui le concerne."

Putain mais... même si on était d'accord avec ce qu'elles veulent avancer, c'est tellement approximatif, mal dit, absurde, que ça n'a aucun putain de sens ! On dirait une gamine qui fait une dissertation pour la première fois de sa vie !
Toute "représentation", c'est-à-dire ? Toute fiction ? De quoi on parle ? 
"Est politique et sociale, qu'on le veuille ou non.", pourquoi ? Qui dit ça ? Quels sont les arguments, les exemples, les citations d'auteurs, de philosophes ? 
"Il possède un point de vue conservateur", c'est-à-dire ? Sur quoi ? Où est la démonstration ? Ce n'est pas parce que tu n'aimes pas un auteur, ou parce que tu n'apprécies pas son humour, qu'il est "conservateur". C'est encore un mot-poubelle qui ne veut rien dire, que chacun peut modeler et déformer à sa sauce ! Des faits, bordel !
"Pas aussi progressiste", pareil, c'est quoi le "progrès" ? Des œuvres avec des quotas et de "la bienveillance" ? Eh ben, on va se marrer tiens...
"Qu'il veut bien le faire croire", mais quand, à quel moment veut-il faire croire qu'il est "progressiste" ?
C'est incroyable ce brouillard permanent, cette négation du sens et du signifiant, qui permet d'affirmer dans la ouate et le mépris de l'intellect !

Et tout ça pour en arriver là ?? "Astier n'est pas assez comme nous" ??
Parce que c'est ça, au final. Il ne s'agit pas d'une critique argumentée sur la série, encore moins d'une analyse sur une communauté inexistante (attention, les fans de Kaamelott, ça existe, ils sont même très nombreux, mais je nie le fait qu'ils forment une communauté), mais juste de deux petzouilles qui n'aiment pas la série, le disent maladroitement en public, se sont pris quelques gros lourdingues sur le râble et viennent pleurnicher parce qu'une œuvre qu'elles n'ont pas écrite n'est pas conforme à leurs idées.
Ben là, Marion et Justine (et l'autre pétasse de twitter, dont j'ai oublié le pseudo), je vous conseille de rester sur le net hein. Parce que, dans le monde réel, vous allez souffrir. Pis surtout, si pour vous le combat urgent, c'est une série qui est justement plutôt "feel good" (dans ses premières saisons en tout cas) et très bien écrite, il va falloir revoir votre façon de hiérarchiser vos priorités. Parce que, l'homophobie, la violence, ça existe, même en France. Ça fait même des morts. Mais ce n'est pas chez les fans de Kaamelott qu'il faut chercher la tendance la plus marquée à "casser du pédé" ou à "agresser des femmes". 
Vos condamnations, en plus d'être ineptes, maladroites et risibles, car jamais étayées, sont iniques car elles se trompent de cible et font d'un auteur innocent la victime désignée de vos fantasmes malsains et de vos conflit psychiques personnels non résolus (ça s'appelle une névrose, ce n'est pas grave tant qu'on ne fait pas chier le monde entier avec). 

Que dire en conclusion d'un tel fatras d'âneries ? 
Qu'on est mal barré ? Si vous avez de l'eau chaude dans la cafetière, vous vous en êtes déjà sans doute rendu compte. 
Que ça va empirer ? Ma foi, je le crains. Le règne des demeurés, affirmant beaucoup, argumentant peu, est advenu.
Qu'il est encore permis d'espérer ? Oui, la lumière, même faiblarde, n'est jamais si importante qu'au cœur des ténèbres. Et puis, nous avons été plus d'un million à montrer aux abrutis sectaires que l'espoir, que la passion, que le libre arbitre étaient encore des notions vivaces. Oh, je ne me fais pas d'illusion, contrairement à Marion et Justine, je ne généralise pas. Sur ce million de spectateurs, il y a de tout. Des héros, des alcooliques, des professeurs, des violeurs, des génies, des Parisiens, des putes, des femmes non tarifées que je ne fréquenterais pour rien au monde, des homosexuels respectables, des homosexuels qui sont des connards finis (oui, ça arrive aussi, l'on n'est pas défini par ce que l'on est mais ce que l'on fait), des trans, des militaires, des racailles, des flics, des psychopathes et des journalistes, pour la plupart incultes. Cela, ce n'est pas une supposition, c'est un fait statistique. Et cela aussi, c'est une lueur dans la nuit. Car l'on peut être des millions à être fans de Racine, de Saint Seiya, de The Big Lebowski, de Spider-Man, du grand Meaulnes, de Maiden, de Dorothée, et de Kaamelott... sans pour autant se ressembler, sans être des clones, sans former une pseudo-communauté où chacun serait solidaire de la connerie des autres, ou profiterait de l'intelligence de certains. 
S'il y a bien un principe, un seul, sur lequel jamais personne ne doit transiger, c'est que l'on n'est responsable que de ce que l'on fait. Ce que l'on est n'est pas condamnable. Et ce que les autres font au nom d'une fiction, lorsque l'on est auteur, ne peut nous être imputable. Aussi, je serai toujours aux côtés d'un Astier (que je ne connais pas personnellement, et dont je critique certaines œuvres) lorsqu'il est aussi injustement et absurdement attaqué. Oh, je sais qu'il n'a pas besoin de moi. 
Je ne le fais pas pour lui.
En fait, je le fais pour moi...
C'est une question de principe. D'honneur. Une question de choses anciennes, plus trop à la mode.
Mais qui, de toute façon, a envie d'être "à la mode" dans le monde actuel ?

Je vais finir par une évidence, mais qui ne l'est pas tant pour certains apparemment.
On ne peut imputer à la fiction les tares et les injustices du réel. Ce n'est pas vrai. Ce n'est pas parce que "tout n'est pas parfait" dans les romans, les séries, les films, les chansons, que tout ne va pas bien dans le réel. C'est l'exact inverse. C'est parce que la souffrance existe dans le réel que la fiction la reflète. 
De tout temps, les illuminés, les sectaires, les extrémistes, les tarés, ont voulu contrôler la fiction. Personne, jamais, à aucune époque, n'a réussi. Et tant mieux. Je ne suis pas fan de tout ce qui existe, il m'arrive de rager devant le succès de certains incompétents, mais jamais je ne leur dénierai le droit à exister, à faire ce qu'ils veulent, à se tromper. Parce que sans cela, tout s'écroule. Aujourd'hui, je défends Astier, dont j'aime en partie l'œuvre, mais je pourrais tout autant défendre Azoulay et ses séries AB. Non parce qu'elles sont bonnes de mon point de vue, mais parce qu'elles ne sont pas légalement condamnables, ce qui est la seule limite imposable aux auteurs (cf. cet article).

Et puis, si ces gens si "purs", si "déterminés", ont envie de bien faire, pourquoi ne vont-ils pas faire appliquer, dans les rues, la tolérance qu'ils prônent ? Car enfin, reprocher à Astier son "homophobie", alors que chaque jour, des pauvres couillons se font démonter la gueule, dans l'indifférence générale, par des racailles, juste pour un bisou, une attitude, quelques fringues, c'est un peu étrange non ? 
Vous savez pourquoi les "Social Justice Warriors" ne vont pas protéger dans les rues ceux qu'ils disent défendre ? 
Parce que ces gens ne sont ni des guerriers ni des individus justes... juste des lâches qui se sont rêvés soldats, et qui aboient sur des innocents, dans le confort et la chaleur de la meute.


Le courage est le prix que la vie exige pour accorder la paix.
Amelia Earhart

La conscience n’est qu’un mot à l’usage des lâches, inventé tout d’abord pour tenir les forts en respect.
William Shakespeare 




[1] C'est une généralité à la Marion Olité. C'est agaçant hein ? 
[2] Il n'existe rien, en France, à l'heure actuelle, qui freine la carrière des femmes par exemple. Au contraire, certaines arrivent à des postes politiques importants non pour leur pertinence mais pour des histoires de quotas. Les différences existent aussi entre hommes, non "au départ" (tout le monde a droit à l'éducation, à la protection sociale, etc.) mais "à l'arrivée" (parce qu'il existe des cons, des gens intelligents, des fainéants, des bosseurs, etc.).