Publié le
14.7.18
Par
Virgul
Les sélections UMAC dans l'actu de la pop culture
-- SAPÉS COMME JAMAIS --
C’était une rumeur en 2017, désormais l'on est sûr que l’automne 2018 verra apparaitre sur les étagères des libraires Devil’s Relics, un manga (Glénat) imaginé par Maître Gims et son frère. Au scénario, Jean-David Morvan qui n’en est pas à son premier album aux influences nippones. Le japonais Yoshiyasu Tamura se chargera de la partie graphique.
Quant à l’histoire, le résumé éditeur demeure confus : un quasar qui a anéanti la Lune, un monde plongé dans le chaos, le diable qui a disparu et, au milieu de tout ça, des justiciers/hors-la-loi en pleine quête pour retrouver des reliques qui refilent un max de pouvoirs.
À voir.
#tantqu'ilchantepas
-- DRAGUE & ENQUÊTES --
En février 2019 débarquera sur les écrans français l’adaptation de City Hunter, manga de Tsukasa Hôjô, plus connu sous le nom de Nicky Larson. Réalisé par Philippe Lacheau, qui joue le rôle titre, cette comédie d'action transpose le récit de base à Paris. Dorothée, la célèbre présentatrice jeunesse, y fera une apparition et Elodie Fontan jouera Laura. L'histoire, validée par l'artiste japonais, se rapprochera de la version française du dessin animé (les répliques cultes et délirantes seront-elles conservées ?).
Après Nicki Larson (City Hunter/Sing si lip yan, de Wong Jing avec Jackie Chan en 1993) et Mr Mumble (de Jun-Man Yuen avec Michael Man-Kin Chow en 1996), ce sera la troisième adaptation cinéma avec des acteurs en chair et en os. Les coréens ont aussi eu leur Siti Hyunteo, sous la forme d'une série TV de 20 épisodes, en 2011.
Pour l'occasion, Mr Mumble est ressorti en juin.
#ClubDo
-- ARSENAL MÉCANIQUE --
En pleine Renaissance, des factions rivales se disputent le contrôle de l'arsenal destructeur de Léonard de Vinci. La seule chose qui leur barre la route est la jeune apprentie de Léonard et son garde du corps mécanique de neuf pieds de haut. Ensemble, Isabel et la Machine vont tout faire pour que l'héritage du Maître ne tombe pas entre de mauvaises mains.
Le premier TPB de Monstro Mechanica, regroupant les épisodes 1 à 5, sort en septembre (en VO) chez Aftershock Comics. Paul Allor est au scénario, Chris Evenhuis au dessin.
Graphiquement, même si ça reste propre, ça manque un peu de caractère. Reste que le sujet est suffisamment riche et original pour mériter que l'on s'y attarde.
À tester donc.
#bricoleur
-- LOST PARODIQUE --
On vous en avait déjà parlé il y a deux ans (cf. le Digest #23), Wrecked, la parodie de Lost, sera diffusée à partir du 25 juillet sur Warner TV. Autrement dit, si vous avez une Freebox, c'est gratuit.
Rappelons qu'il s'agit d'un groupe de survivants qui, suite à un crash, doivent apprendre à cohabiter sur une île déserte.
Plutôt sympa et rafraichissant, idéal pour l'été.
Notons qu'une saison 3 a été commandée par TBS.
#RobinsonFun
-- MANGA GAULOIS --
Encore un éditeur de manga qui débarque (cf. le Digest #47) !
Sa spécialité, en tout cas pour le moment : le "manga français" (ou manfra), avec deux titres plutôt orientés action : Ragnafall et Imperium Circus. Ils sortiront chez Tsume, créateur de figurines de luxe principalement issues de licences japonaises (Dragon Ball, Goldorak...), mais aussi de vêtements et jeux de société. Le tout est plus qu’ambitieux.
#Clowns&Vikings
Imperium Circus, de Robin Dall Armellina (scénariste), Guillaume Lapeyre (dessinateur, ayant œuvré sur les manfras City Hall et Booksterz) et Alexandre Desmassias (dessinateur), proposera entre 3 et 4 tomes par an. Une traduction en japonais est même prévue.
Résumé éditeur : Le Golden Tempo était l’âge d’or des cirques. Les profits engendrés par leurs représentations étaient tels que les villes du monde entier s’arrachaient les meilleurs spectacles. Mais l’apparition de la Commission a mis fin à cette ère. L’Imperium Circus, texte de loi rédigé par la Commission, impose son diktat à tous les cirques. Désormais, pour avoir le droit d'effectuer des représentations officiellement dans une ville, les cirques doivent s’adonner à un spectacle macabre dans les Underground Circus.
Voir ce site pour en savoir plus.
Ragnafall, de Shizuha (dessins) et Marujirushi (Cyril Marchiol, scénariste) et Kitahara (Romain, consultant sur la mythologie nordique), annonce pas moins de 40 tomes, avec une version numérique, puis papier et, pourquoi pas, une adaptation animée.
Résumé éditeur : Northia, également appelé le territoire des neufs mondes, est actuellement la cible d’évènements étranges. Suivez le chemin d’Adalrik, jeune forgeron viking, qui se retrouve dans une position délicate, l’amenant à accompagner et protéger une personne avec laquelle il ne partage aucune valeur. Entraîné malgré lui dans une quête de vengeance, il rencontrera des races et créatures que tout oppose, ralliant certains d’entre eux dans la confrontation finale qui les opposera à la puissance destructrice des dieux nordiques.
Voir ce site pour en savoir plus.
Sa spécialité, en tout cas pour le moment : le "manga français" (ou manfra), avec deux titres plutôt orientés action : Ragnafall et Imperium Circus. Ils sortiront chez Tsume, créateur de figurines de luxe principalement issues de licences japonaises (Dragon Ball, Goldorak...), mais aussi de vêtements et jeux de société. Le tout est plus qu’ambitieux.
#Clowns&Vikings
Imperium Circus, de Robin Dall Armellina (scénariste), Guillaume Lapeyre (dessinateur, ayant œuvré sur les manfras City Hall et Booksterz) et Alexandre Desmassias (dessinateur), proposera entre 3 et 4 tomes par an. Une traduction en japonais est même prévue.
Résumé éditeur : Le Golden Tempo était l’âge d’or des cirques. Les profits engendrés par leurs représentations étaient tels que les villes du monde entier s’arrachaient les meilleurs spectacles. Mais l’apparition de la Commission a mis fin à cette ère. L’Imperium Circus, texte de loi rédigé par la Commission, impose son diktat à tous les cirques. Désormais, pour avoir le droit d'effectuer des représentations officiellement dans une ville, les cirques doivent s’adonner à un spectacle macabre dans les Underground Circus.
Voir ce site pour en savoir plus.
Ragnafall, de Shizuha (dessins) et Marujirushi (Cyril Marchiol, scénariste) et Kitahara (Romain, consultant sur la mythologie nordique), annonce pas moins de 40 tomes, avec une version numérique, puis papier et, pourquoi pas, une adaptation animée.
Résumé éditeur : Northia, également appelé le territoire des neufs mondes, est actuellement la cible d’évènements étranges. Suivez le chemin d’Adalrik, jeune forgeron viking, qui se retrouve dans une position délicate, l’amenant à accompagner et protéger une personne avec laquelle il ne partage aucune valeur. Entraîné malgré lui dans une quête de vengeance, il rencontrera des races et créatures que tout oppose, ralliant certains d’entre eux dans la confrontation finale qui les opposera à la puissance destructrice des dieux nordiques.
Voir ce site pour en savoir plus.
Publié le
13.7.18
Par
Nolt
Avec Perkeros, c'est à une plongée dans le quotidien d'un groupe de metal amateur que l'on est convié.
Axel est un jeune étudiant, passionné de musique, qui est guitariste et chanteur dans un groupe. Son groupe. Celui pour lequel il est prêt à tout sacrifier, même sa vie amoureuse.
Autour de lui, la jolie Lily est au synthé, Kervinen, un vieux concierge, est à la basse, et les percussions sont aux mains d'un... ours.
Mais Axel a deux défauts majeurs. Il a un énorme trac, qui le conduit parfois à gerber sur scène au lieu de chanter, et il se met parfois à... bégayer au plus mauvais moment. Un nouveau chanteur semble donc indispensable pour que le groupe puisse prendre son envol. Mais pour cela, il va falloir mettre sa fierté de côté...
Le duo aux commandes de cette bande dessinée finlandaise, sortie en 2014 chez Casterman, est composé de JP Ahonen et KP Alare. Deux parfaits inconnus, mais des mecs qui aiment le hard rock et la BD ne peuvent pas être de mauvais bougres.
Le récit se concentre donc, comme on l'a compris, sur les déboires et petits succès d'un groupe de passionnés qui tentent de percer dans le monde de la musique, en écumant les bars pour accumuler un peu d'expérience et de public. Mais, et c'est là où ça devient intéressant, l'histoire va bien plus loin que ce simple cliché et parvient à se transformer tour à tour en love story contrariée, en métaphore brillante sur le pouvoir de la musique et même en récit fantastique à tendance horrifique.
C'est riche, très riche. Et bien foutu.
Niveau dessins, c'est aussi beau qu'inventif. On ressent "physiquement" la puissance des riffs et des mélodies inspirées lors des concerts : rarement un objet pourtant silencieux aura été aussi loin dans l'évocation du son et des sensations qui vont avec (nous n'avons pas mis ce genre d'exemple dans les photos qui illustrent cet article, car en général, il s'agit de doubles-pages, précédées par une construction et mise en condition complexes, qu'il vaut mieux découvrir lors de la lecture).
Pourtant, inutile d'être un mélomane (ou un metalleux) pour apprécier ces 180 pages. Le propre d'une bonne histoire est de transcender son sujet, et Perkeros y parvient de bien des manières. L'humour tout d'abord est constant. Certaines répliques fusent avec brio et intelligence et nous cueillent lorsque l'on s'y attend le moins. Et le personnage principal est un monument de savoir-faire : passionné, maladroit, buté, parfois de mauvaise foi, il n'en est que plus humain, réel et sympathique.
Quant aux références musicales, elles sont bien présentes et plutôt bien trouvées. Elles sont même parfois utilisées pour balancer des vannes. Par exemple quand le leader du groupe annonce qu'ils vont faire un "petit Ace of Base pour se chauffer", avant de se reprendre et de préciser, paniqué : "Ace of Spades ! Spades !"
Il faut connaître Motörhead et le groupe précité pour apprécier la vanne,
mais avec la tronche des personnages en plus, elle est purement magique.Il y a bien sûr également quelques "reprises" dans l'ouvrage, notamment de Protest the Hero et Pain of Salvation. Pas la peine de s'attendre à trouver ces groupes sur NRJ ou à la télévision, c'est un peu trop "pointu" on va dire.
Pas de panique, il y a cependant aussi (pour les besoins de vannes, souvent) des références à des trucs plus connus, comme Britney Spears. Les termes techniques (djent, tapping, outro...) sont rares et relativement compréhensibles dans le contexte.
Mais ce qui emporte vraiment le morceau (c'est le cas de le dire), c'est cette facilité à rendre tout crédible, d'une situation dramatique à un moment de doute, en passant par un questionnement amoureux ou même un trajet (très rock n'roll aussi) en scooter. On est dedans, du début à la fin (et pourtant, le batteur est un ours !).
D'un point de vue pratique, c'est du grand format avec hardcover. Et pour le prix très raisonnable de 17 euros ! (180 pages tout de même).
On trouve à l'intérieur un petit fascicule qui présente les membres du groupe et liste leurs sources d'inspiration ou leurs formations antérieures (Kervinen étant le plus vieux, on va remonter jusqu'à Simon & Garfunkel, King Crimson ou Genesis).
La traduction est nickel à part deux "kestu" et "kesta", qui n'ont pas lieu d'être (en quoi un "qu'est-ce tu" serait moins signifiant ?). Vraiment pas grand-chose à reprocher sur l'ensemble.
Une excellente BD, véritable hommage graphique à la musique en général et au metal en particulier.
Drôle, beau, original, intelligent : un putain de "perfect" !
| + | Les points positifs | - | Les points négatifs |
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Publié le
11.7.18
Par
Vance
De fait, Asimov avait des choses à dire et il possédait cette qualité merveilleuse de pouvoir écrire très vite et sans brouillon. Davantage qu’une passion : la littérature semblait un devoir pour cet homme qui adorait également parler de lui (on l’imagine fort bien inonder son compte Twitter d’innombrables anecdotes sur sa vie professionnelle). Et donc, outre des chefs-d’œuvre de la SF régulièrement réédités (Fondation serait en passe d’être adapté au cinéma !) et des ouvrages de science destinés au grand public, Isaac Asimov s’est frotté également au genre policier. Une frange de la littérature qui avait tout pour lui plaire : le côté millimétré et méthodique des récits d’Agatha Christie l’ont bien évidemment inspiré, ainsi que cet humour bon enfant dont faisaient preuve Miss Marple ou Hercule Poirot au cours de leurs enquêtes. Les habitués de ces récits reconnaîtront sans peine la référence, Le Club des Veufs Noirs rappelant celui du Mardi dans lequel officiait l’héroïne de Christie, cette détective « en fauteuil » qui connaissait si bien la nature humaine.
L’auteur de I, Robot ne s’est cependant pas cantonné à ces personnages de salon puisqu’il a publié quelques nouvelles mettant en scène Wendell Urth, un détective au puissant esprit d’analyse rappelant l’Auguste Dupin d’Edgar Poe. N’oublions pas non plus les romans les Cavernes d’acier et Face aux feux du soleil dont le héros est un policier pugnace flanqué d’un robot humaniste.
Mais revenons aux Veufs Noirs. Au début des années 70, après avoir accepté la commande d’une nouvelle pour un célèbre magazine spécialisé dans les histoires policières, Asimov s’est vite aperçu qu’il aimait beaucoup les personnages qu’il avait créés pour l’occasion – dont certains étaient directement inspirés de ses proches dont les écrivains Lester Del Rey et L. Sprague de Camp. Il a donc poursuivi l’aventure jusqu’à avoir suffisamment de matière pour un premier recueil, en appelant d’autres (il en existe 5 volumes à présent, trouvables aisément dans différentes éditions, dont une Omnibus). Un recueil plaisant où l'on retrouve la verve inimitable du Bon Docteur, sa manière bien à lui d'accompagner ses textes de petites anecdotes sur leur conception, le contexte de leur création voire la manière dont ils ont évolué ; les amateurs de ses Histoires Mystérieuses et de ses recueils de nouvelles de SF de jeunesse comprendront aisément.
Avec le recul, ces nouvelles policières perdent, il faut
bien l’avouer, beaucoup d'impact, en tous les cas davantage que ses histoires de
science-fiction. Construites sur des enchaînements de dialogues dont Asimov a
le secret (il n'est pas un écrivain d'action et préfère faire parler ses
personnages plutôt que de décrire des événements ou des décors), ces
historiettes se rapprochent davantage des enquêtes d'Agatha Christie (quand
bien même il s'en défende dans la préface) que des thrillers modernes. Pas de
sang, pas de violence et surtout pas d’investigation sur le terrain : l’on
est dans la subtilité, l'analyse rhétorique, la déduction à distance - puisque
ces enquêteurs en herbe, dont ce n'est pas le métier (on parle de quadras en
goguette se réunissant une fois par mois loin de leurs femmes pour parler de
tout et de rien avec cette toute-puissante dignité caractérisant le mâle en
meute), ne se déplacent jamais sur le lieu du forfait. Questionnant un invité venu
leur soumettre (malgré lui) un problème quelconque, souvent vraiment futile,
parfois ayant des répercussions possibles sur la Sécurité Nationale, ils
tentent de disséquer l'énigme en morceaux signifiants sur lesquels ils exercent
leur savoir-faire (chacun d'entre eux, sans être expert, a de sérieuses
compétences dans un domaine différent : écrivain, artiste, spécialiste des
codes pour le gouvernement, avocat ou chimiste). Méthodiques ou fougueux dans
leurs démonstrations, n'hésitant jamais à s'apostropher sur un détail, ils en
viennent systématiquement à la conclusion qu'ils ne parviendront pas à trouver
la solution, ou en tous cas pas une suffisamment satisfaisante. C'est là
qu'intervient l'ineffable Henry, homme distingué et racé, d'une politesse
exquise, qui se trouve être leur serviteur au restaurant où ils organisent leur
réunion mensuelle. Et Henry trouve toujours la réponse, s'effaçant
invariablement derrière un constat tout en modestie : les Veufs Noirs ont
défriché le terrain, il ne restait donc que la dernière possibilité. Henry, l’homme
de l’ombre, incapable de la moindre malice mais dont l’intelligence et le bon
sens sont bien supérieurs à ceux de tous les autres. Sa présence même, ainsi que ses interventions, font tout le sel des récits.
Reste que les résolutions dans ces nouvelles peinent à
présent à surprendre, ou en tout cas à stimuler véritablement, bien qu'Asimov
parsème son récit d'indices permettant parfois de devancer la chute finale.
C'est souvent gentillet, lié à un défaut d'observation, une précision
linguistique, une interprétation erronée pour lesquelles un peu de logique mais
tout de même une sérieuse culture (pour le dernier récit, il fallait bien
connaître Alice au pays des merveilles ; une autre nouvelle s’épanche
sur le contenu des pièces de Shakespeare) permet de démêler le vrai du faux -
et accessoirement à Asimov de faire étalage de sa culture monumentale avec élégance et
style. L’inéluctabilité de la conclusion (Henry finira par trouver lorsque tous
les autres auront épuisé leur savoir) confère en outre un petit côté amusant,
bien que répétitif - c'est souvent le défaut des anthologies thématiques. On est tout de même encore loin d'un texte comme Le Crime
Ultime (paru dans un recueil ultérieur) dans lequel les Veufs noirs
tenteront de déterminer de quoi pouvait bien parler le seul ouvrage que, selon
Conan Doyle, Moriarty aurait publié, une nouvelle bien plus complexe et dense
où chacun des protagonistes se voit valorisé dans ses compétences.
Agréable, avec un doux parfum distingué de nostalgie.
Agréable, avec un doux parfum distingué de nostalgie.
| + | Les points positifs | - | Les points négatifs |
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Publié le
10.7.18
Par
Virgul
Miaw !
Une Vie de Chat
The Secret Lives of Waldo Kitty est un dessin animé diffusé en France pour la première fois dans Les Visiteurs de Noël, en 1976. Ouais, ça ne date pas d'hier. La série ne compte qu'une seule saison et seulement 13 épisodes. Franchement dommage au regard de l'originalité et des nombreuses possibilités du concept.
En fait, chaque épisode commence toujours par une scène, en prises de vue réelles, mettant en scène Waldo, un sympathique matou amoureux de la jolie Félicia. Les deux chats se retrouvent régulièrement dans un grand jardin, malheureusement, Tyran, le bouledogue des voisins, passe son temps à les emmerder. Waldo aimerait bien se débarrasser de ce pénible cabot, mais difficile de faire preuve de courage face à un tel adversaire. Pourtant, il a un truc qui fonctionne à chaque fois : quand la situation devient périlleuse, Waldo se laisse embarquer dans un monde imaginaire (c'est là que la partie dessin animé commence) où il incarne un héros aux prises avec moult dangers. Lorsqu'il "revient" dans la réalité, il applique alors la "solution" trouvée dans son imagination afin de contrer Tyran.
Si cette série d'animation se révèle particulièrement riche, c'est surtout grâce à une idée astucieuse : Waldo incarne
différents personnages, tous inspirés de héros célèbres, lorsqu'il s'évade en rêve. L'on retrouve ainsi, au fil des épisodes, Cat Man (inspiré de Batman), Catzan (ou Charzan en VF, inspiré de Tarzan), The Lone Kitty (le Chavalier Solitaire, inspiré du Lone Ranger), Robin Cat (Robin des Chats, inspiré de Robin des Bois) et même Cat Trek (le Chapitaine Kirk, inspiré de Star Trek).Ainsi, bien que ce soit toujours le même personnage qui soit mis en scène, le contexte de chaque épisode était fort différent et permettait de passer d'une ambiance farwest à de la science-fiction ou un background super-héroïque.
La série s'inspire à la base de la nouvelle de James Thurber, La vie secrète de Walter Mitty. Dans ce récit, un jeune auteur plutôt timoré s'invente des vies imaginaires trépidantes dans lesquelles il incarne un pilote de la RAF, un cow-boy ou encore le capitaine d'un vaisseau pirate. Dans ses rêveries, Walter porte toujours secours à une magnifique jeune femme blonde. Il va cependant un jour être au centre d'une aventure bien réelle, le confrontant à des espions et lui faisant rencontrer la femme de ses rêves.
Ainsi, Waldo Kitty est donc une parodie à plusieurs niveaux : Waldo, déjà en soi parodie de Walter, incarne ensuite un personnage parodique issu de la pop culture.
Signalons, enfin, que le doublage français était assuré par Gérard Hernandez et Roger Carel.
Inutile de vous dire, nom d'un chat, que l'on rêve d'une belle intégrale en DVD, ou mieux, d'une suite ! Du coup, on ne sait jamais, histoire de réveiller quelques souvenirs, je vous chante le début du générique. Miaw !
I'm Waldo Kitty
I'm a meek and mild kind of cat
But I'm a daring hero
And I like being thaaat
When I see a friend in need
I want to be a friend indeed
I just pretend and suddenly
I'm anyone I want to be
A courageous kind of caaat !
Publié le
8.7.18
Par
Nolt
Retour sur le run de Grant Morrison sur New X-Men, qui a profondément bouleversé à l'époque les mutants et l'institut Xavier.
Grant Morrison fait partie des scénaristes qui laissent en général une profonde empreinte sur les séries qu'ils prennent en main. S'éloignant souvent des sentiers battus, capable d'insuffler un souffle épique autant qu'une grande émotion dans ses récits (cf. We3), Morrison va complètement dynamiter l'univers des X-Men au début des années 2000. Pendant une quarantaine d'épisodes (New X-Men #114 à #154 auxquels il faut ajouter l'annual 2001 de la série), l'auteur entraîne les mutants dans un univers glauque et en profite pour installer de nouveaux personnages aux pouvoirs plutôt... discutables.
Mais voyons tout d'abord l'intrigue.
Il y a quelque chose de pourri au sein de l'institut Xavier.
Sage, venue enquêter avec Bishop sur un crime perpétré dans la fameuse école, ne s'y est pas trompée. Drogue, émeutes, adultères télépathiques, assassinat, l'institut n'est plus un havre de paix pour les mutants. Les X-Men ont troqué leurs costumes colorés contre des cuirs modernes, sombres, poussiéreux. Dehors, la haine envers les mutants grandit. Peu à peu, le rêve de cohabitation pacifique de Charles Xavier s'effrite, s'érode pour finalement s'écrouler, vaincu par le souvenir d'un Magneto disparu et les 16 millions de victimes de Génosha.
Même les pouvoirs ne sont plus aussi attractifs que par le passé, d'ailleurs, pour certaines mutations, peut-on encore parler de pouvoirs ? Êtres désincarnés, monstrueux, sans visage et à l'âme torturée, les nouveaux mutants n'ont souvent rien d'enviable. Leur seul point commun ? La souffrance peut-être. Même Emma Frost, cruelle, insensible, manipulatrice, se révèle subitement fragile et amoureuse d'un Scott Summers, moins leader que jamais, qui se retrouve à prendre une cuite au Club des Damnés, tentant d'oublier ses doutes pendant que des laiderons télépathes dansent et aguichent le client à coup de manipulations mentales.
Les professeurs vacillent, les élèves se rebellent tandis que les humains, eux, se préparent pour la guerre génétique qui se profile à l'horizon.
Après une édition en Deluxe, Panini a eu la bonne idée de rééditer ces épisodes en Marvel Select, une édition bien plus abordable financièrement (17,50 € le volume). Les quatre tomes sont toujours disponibles en neuf (E comme Extinction, L'Arme XII, Un Vent de Révolte et Planète X).
L'ensemble est plutôt spectaculaire et graphiquement sublime.
Frank Quitely, Phil Jimenez et - surtout - Marc Silvestri, entre autres, nous en mettent plein les yeux. Les personnages sont charismatiques et les décors crépusculaires.Les premiers arcs se concentrent essentiellement sur l'institut Xavier et les relations, parfois houleuses, entre élèves et professeurs. Morrison met également en place des rapports complexes entre un Scott Summers moralement torturé et une Emma Frost abandonnant parfois sa façade glaciale pour se révéler plus humaine et touchante qu'à l'accoutumée (cf. cette Parenthèse de Virgul consacrée à la télépathe).
Cet aspect est beaucoup moins important dans le final qui privilégie les affrontements et dénoue quelques intrigues développées sur le long terme. Il faudra donc, pour bénéficier réellement de toutes les subtilités, considérer l'ensemble du run et non les différents tomes comme des parties isolées.
Si le dernier arc, Déjà Demain, n'est pas le plus facile à suivre, ni même le mieux construit narrativement, il reste épique et étrangement envoûtant.
Tout cela contient des références à divers évènements ou personnages (Génosha, Sublime...), et il ne sera pas forcément aisé de tout comprendre si l'on n'a pas déjà une bonne connaissance de l'univers mutant. Bien entendu, Panini ne fait pas le moindre travail rédactionnel pour faciliter l'immersion : pas de point sur la situation ni même un vague topo sur les personnages. On entend presque une petite voix cynique grogner : "Démerdez-vous, de toute façon, on ne sait même pas ce que l'on publie, alors donner des explications, y a pas de risque !"
C'est surtout la thématique développée par l'auteur qui se révèle passionnante par son côté dérangeant et osé. Les X-Men sont clairement
malmenés et menacés même de l'intérieur. De nombreux nouveaux personnages font leur apparition (Cassandra Nova, Fantomex...), les pouvoirs de certains d'entre eux relèvent d'ailleurs plus du handicap que du don, ce qui installe une atmosphère assez étrange et un brin malsaine. Beak, Xorn, Glob Herman ou encore Ernst ont notamment un aspect monstrueux, bien loin des proprets X-Men originels. Le tout sur fond de drogue, d'émeutes et de complots, ce qui souligne encore plus l'ambiance noire, voire cradingue.L'action pure n'est pas en reste, avec le retour d'un Magneto halluciné (et accro au kick, une drogue qui booste les pouvoirs) qui va prendre le contrôle de New York, ou encore une petite virée dans un futur apocalyptique sur fond de quête du Phénix.
Si vous ne connaissez pas ce pan de l'histoire des X-Men, sombre et lyrique, il est vivement conseillé de le découvrir, ne serait-ce que pour l'ambiance particulière que Morrison a su instaurer.
Les cuirs ont remplacé les tenues moulantes, les pouvoirs cèdent la place à des mutations pour le moins bizarres, voire dérangeantes, et la plupart des leaders sont en proie au doute et remis en cause par des élèves moins naïfs que par le passé.
En somme, les temps changent, et ce n'est pas plus mal.
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