Publié le
22.10.21
Par
GriZZly
Trop d'articles le décrivent comme un chef-d'œuvre. Je ne l'ai vu qu'hier et ne suis pas d'accord.
Alors j'écris une bafouille vite fait qui ne sera le reflet que de mon opinion personnelle !
Je pensais n’avoir aucun amour particulier pour la vision de Lynch de l’univers de Dune. Je la trouvais même un rien ridicule...
Force est de constater, après m’être infligé la « vision » (il faut le dire vite !) de Denis Villeneuve, que j’avais quand même davantage d’attachement pour cette version, pour sa personnalité, son inventivité, sa patte artistique et sa réalisation.
Je ne reviendrai pas sur celle de Lynch, des centaines de gars plus pointus que moi l’ont fait et refait avec talent…
Mais j’ai beau fouiller, je ne vois personne qui, concernant la version de Villeneuve récemment sortie, ne se soit empressé de mettre à plat ce qui semblait clocher. Et pourtant, il y a de quoi faire. Du coup, je vais le faire. Mais en vrac, comme ça me vient. Appelez-ça « GriZZly vide son sac », si vous voulez… Je suis seul responsable de cet épanchement, la rédaction décline toute responsabilité, ne venez pas déverser onze tonnes de vers à pêche devant chez notre rédac'-chef en signe de contestation... merci.
Mais j’ai beau fouiller, je ne vois personne qui, concernant la version de Villeneuve récemment sortie, ne se soit empressé de mettre à plat ce qui semblait clocher. Et pourtant, il y a de quoi faire. Du coup, je vais le faire. Mais en vrac, comme ça me vient. Appelez-ça « GriZZly vide son sac », si vous voulez… Je suis seul responsable de cet épanchement, la rédaction décline toute responsabilité, ne venez pas déverser onze tonnes de vers à pêche devant chez notre rédac'-chef en signe de contestation... merci.
Pour moi, le principal défaut de cette œuvre est qu’elle est terriblement prétentieuse (un comble quand on connaît la fin de la saga !). J’imagine que c’est parce qu’elle est trop consciente du méta, qu’elle ne sait que trop qu’elle adapte un livre qui est devenu une sorte de Bible pour certains (alors que, je dois l’avouer, il me tombe des mains... mais je lui reconnais pas mal de qualités néanmoins).
Mais toutes les scènes sont prétextes à des tableaux, des postures, des plans qui se voudraient iconiques si seulement il y avait du talent à la réalisation… ouais, c’est dur et ouais, j'envoie bouler tous ceux qui viendront me dire « Bah, t’es même pas capab’ de faire pareil, d’abord ! »… C’est vrai, Jean-Kévin ; et je ne sais pas cuisiner mais si un gars met du sucre sur mes frites, je ne me prive pas d’affirmer que c’est plutôt une mauvaise idée.
Techniquement, c’est vraiment au point : les équipes qui ont bossé dessus sont au top, à n’en pas douter. Mais c’est filmé en plans statiques inter-putain de-minables (petit clin d’œil) !
Prenons un exemple : on assiste à la sortie de l’eau d’un vaisseau gigantesque, à un moment. Scène très bien conçue et jolie mais filmée comme une carte postale. Une caméra unique, à l’horizontale et ça filme le bousin. Pas même un léger pivot vertical de la caméra commençant en plongée sur l’eau pour finir en contre-plongée, survolé par le vaisseau pour souligner sa taille impressionnante. C’est basique mais même ça, ce n’est pas fait. Un choix artistique ? Peut-être... mais un mauvais choix, alors, selon moi. Oui, Jean-Kévin : selon moi ! Ça s'appelle de la subjectivité, c'est un foutu billet d'humeur !
La direction artistique a de bonnes idées mais c’était obligé de nous livrer un film dont le sépia semble être la seule couleur à l’écran ? Ce n’est pas une identité visuelle, ça… c’est de l’ennui chromatique !
Trop, bien trop de scènes se déroulent dans des pièces semblant n’avoir été conçues que pour accueillir ces scènes. De grandes salles sans aucun autre signe de vie que ce qui s’y passe. Des pièces vides, sans histoire, sans intérêt autre que visuel… c’est nul : la seule pièce de bâtiment crédible est l’endroit où Paul dîne avec sa mère sur sa planète natale en début de film ; on imagine qu’ils y vivent aussi les autres jours et la pièce en témoigne. Toutes les autres sont visiblement des décors montés de toutes pièces pour tenter de conférer un caractère un peu symbolyco-impressionnant au film. C’est tellement visible que ça en devient risible. Et ces salles doivent êtres peu éclairées, hein... avec une petite lampe-drone qui suit les gens, parce que ça fait plus dark, évidemment...
Pire que tout : nombre de figurants font eux aussi office de décor et semblent n'avoir d'autre vie qu'avoir à apparaître derrière les personnages principaux... on ne croit pas une seule seconde en leur existence autonome. Ils existent pour se tenir comme des piquets à tel ou tel endroit. Quelle vie fascinante !
Tout dans ce film est postures : ça cabotine un max, visuellement. Pas dans le jeu des acteurs, hein, on y reviendra… mais les scènes elles-mêmes. Et que j’ai un long voile qui flotte au vent juste pour qu’il puisse flotter au vent. Et que la porte de mon vaisseau met bien 45 secondes à s’ouvrir sans raison pour que l’on puisse soutenir son mouvement interminable par une musique épique… parce qu’une soute qui s’ouvre, c’est badass, hein, faut pas croire. Et que je t’aligne les Sardaukars par centaines en mode discours du Reich pour introduire une bête conversation de recrutement…
C’est de la débauche d’effets pour que dalle. Ça voudrait être épique mais, au fond, ben… ça ne l’est rigoureusement jamais.
À part la musique. La musique est épique. Mais du coup, on y a droit tout le putain de temps ! Hans Zimmer nous gratifie par exemple de lourdes percussions rappelant les marteleurs, ces machines attirant les vers des sables. Déjà, c’est loin d’être fin comme allusion, mais en plus, c’est récurrent.
À part ça, on a droit à des chants en chorus étouffés façon moniales vénères qui doivent sans doute faire penser aux Bene Gesserits, à des chants et musiques arabisants parce que bon… il y a des déserts, tu vois…
Tout, comme dans la réalisation, est tellement premier degré que ça a beau être bien foutu, j’ai eu du mal à ne pas rigoler par moments à cause des grosses ficelles musicales. Du coup, on ne m’ôtera pas de l’idée que c’est quand même vachement maladroit ou pondu cyniquement pour un public de débiles.
Puis bon, il y a deux vannes dans le film. Eh bien, celle que l’on voit dans la bande annonce avec Momoa/Idaho qui fait croire à Paul qu’il a pris du muscle (haha, jamais faite, la blague !) est dite sur un tapis musical épique ! Oui ! Parce que la scène n’est pas finie alors on ne coupe pas la musique, même si l’ambiance de la scène a basculé. C’est… putain, c’est tellement amateur !
Puis merde... pourquoi ce joueur de fucking cornemuse quand Leto sort de son vaisseau ? Il habite une planète qui ressemble aux Highlands alors, quand il débarque sur Arrakis, il faut du biniou ? Le mec est devenu ambassadeur de la musique irlandaise entre-temps et ça m’a échappé ? On est 8000 ans dans le futur et on n’a pas encore réussi à se débarrasser des cornemuses ?
Venons-en aux acteurs… j’avais un peu peur de Jason Momoa en Duncan Idaho tant la bestialité physique du bonhomme me semblait inadaptée… mais heureusement qu’il est là : les rares moments épiques viennent de lui. Parce que cet impact physique, cette gueule, cette façon de se mouvoir propre à cet acteur font de lui le seul personnage charismatique du film ! C’est tellement platement filmé qu’aucune scène sans lui ne m’a semblé impressionnante. Pourtant, il y a parfois une débauche d’effets, hein… mais même une bataille entre 40 gars sur fond de ville en flammes, c’est chiant comme un jour de pluie en Bretagne !
Et des personnages charismatiques, Dune en a à la pelle mais Villeneuve nous les filme sans aucun génie, au point de les rendre inconsistants…
Oscar Isaac a le look et l’attitude d’un Leto Atréides très convaincant mais on ne sent en lui aucune grandeur, aucune dignité particulière. Il est toujours écrasé par la grandiloquence des décors qui l’accueillent, malgré un jeu convaincant. C’est juste mal fait !
Timothée Chalamet est bien casté lui aussi : il a le physique d’un bon Paul Atréides… mais la direction d’acteurs lui impose une seule expression faciale sur les neuf dixièmes du film… on doit se soucier de ce qui lui arrive, à ce gosse ? On s’en contrebat les steaks ! Jamais on ne s'attache à ce môme geignard aux capacités proprement folles mais jamais rendues à l'écran de façon impressionnante. C'est un ado aussi intéressant qu'un Kylo Ren sous Prozac... enfin, non... Paul est bien écrit, lui. Mais joué à la façon d'un œuf dur. Même si je soupçonne le jeune comédien d'être capable de cent fois mieux avec une direction d'acteurs pertinente. Mince, quoi ! C'est lui que l'on suit durant plus de deux heures : rendez-le intéressant, si pas sympathique !
Rebecca Fergusson est une excellente comédienne mais qui nous livre une Dame Jessica pleurnicharde. Pardon ? Mais… elle a suivi l’enseignement des Bene Gesserits, elle a la prétention d’enfanter le Sauveur et… on en fait une fragile ?
Sauvons Zendaya qui est une Chani plutôt convaincante… et pourtant, je suis loin d’apprécier la comédienne. Mais jusque-là, il émane d’elle un mystère sauvage bienvenu.
Et que dire des Harkonen ? Stellan Skarsgård est un baron totalement dénué de la moindre once d’intérêt. Lisse. Comme tout le film. Dans la vision de Lynch, c’était une créature repoussante et purulente maintenue en suspension en l’air dans une sorte d’appareillage antigravitationnel... Tout chez lui exsudait : « Je suis malsain ». Ici, c’est un obèse qui flotte… C’est tout.
Quant à Dave Bautista… Le pauvre !
Il incarne Glossu Rabban. Okay, Bautista n’est pas un grand acteur, même si certains de ses films sont sympas, mais le rôle tel que conçu par Villeneuve (qui est un adepte de la simplicité, de toute évidence) ne nécessite pas un jeu exceptionnel : il faut une gueule et une présence. Impossible de se louper : celui qui fut Deacon Batista sur les rings de la WWE est un monstre musculeux du genre à boire du plomb en fusion au petit-déjeuner. Mais ils ont réussi à lui donner l’apparence d’un Sontarien ! Mais si, vous savez : ces ennemis du Docteur dans Doctor Who… Ceux qui ont des têtes de suppositoires et sont engoncés dans des scaphandres (voir ci-contre).
Ben voilà ! Bautista est ridicule ! Ils lui ont même lissé le visage à l’extrême : le gars n’a plus rien de ce qui fait son indéniable charisme habituel. C’est une hérésie !
Il incarne Glossu Rabban. Okay, Bautista n’est pas un grand acteur, même si certains de ses films sont sympas, mais le rôle tel que conçu par Villeneuve (qui est un adepte de la simplicité, de toute évidence) ne nécessite pas un jeu exceptionnel : il faut une gueule et une présence. Impossible de se louper : celui qui fut Deacon Batista sur les rings de la WWE est un monstre musculeux du genre à boire du plomb en fusion au petit-déjeuner. Mais ils ont réussi à lui donner l’apparence d’un Sontarien ! Mais si, vous savez : ces ennemis du Docteur dans Doctor Who… Ceux qui ont des têtes de suppositoires et sont engoncés dans des scaphandres (voir ci-contre).
Ben voilà ! Bautista est ridicule ! Ils lui ont même lissé le visage à l’extrême : le gars n’a plus rien de ce qui fait son indéniable charisme habituel. C’est une hérésie !
Puis cette originalité à deux balles : Lynch avait fait les Harkonen roux (et ça donnait super bien) alors on doit vite-vite-vite trouver un autre truc… « Euh... Chauves ! Ils seront chauves ! Tous ! » C’est pitoyable !
Oh, puis il y a un truc qui me fait caler : les Fremens. Ils sont, eux, vraiment charismatiques, pour le coup. Et leur chef est bien campé, j’ai aimé cette fin de film où il commence enfin à y avoir du jeu d’acteurs.
Mais euh… les mecs trouvent le désert hostile (à raison) ; les mecs ont peur des vers des sables (à raison)… Alors pourquoi vous faites des randonnées dehors, les gars ? Pourquoi vous crapahutez partout au lieu de rester peinards dans vos sietchs (leurs « villages ») ? Pour que…? Pour que Paul puisse vous trouver par hasard. Bah ouais.
Je vois un peu partout des gens utiliser la formule : « C’est long mais je ne me suis pas vraiment ennuyé. » Sauf que quand c’est vraiment passionnant, on ne relève même pas la longueur du film. Ici, c’est vraiment le sentiment qui s’en dégage. C’est looong ! Mais bon, à mes yeux, ça respecte le rythme des livres. Disons que sans les autres points que je viens de relever, ça ne m’aurait pas gêné… mais bon dieu, que ces ralentis sur des plans fades avec effets de tissus qui ondulent au vent m’ont semblé durer une éternité ! Il en a foutu partout, des ralentis ! Souvent, ils ne sont même pas signifiants, juste « esthétisants »… mais sur une image d’une confondante banalité !
Notons que Villeneuve a du génie dans l'entretien de l'ennui : le gars arrive à filmer un génocide sans qu'on en aie rien à battre... à ce niveau d'incompétence, ça (re)devient de l'art ! Tout est filmé froidement, de façon dépassionnée.
Ce film se passe dans un univers supposément étouffant et succombant sous la chaleur du désert mais tout ce qui se dégage de lui est une froideur statique... c'est un comble, non ?
Et même en étant un rien terre-à-terre : les combinaisons des Fremens (les distilles) récupèrent la sueur des corps pour en faire de l'eau potable? Chouette idée. Mais comment faire avec des comédiens qui ne suent pas. Pas une once de transpiration sur leur visage. Ça ne sue que sous les bras à Hollywood ? On ne croit pas une seconde à la prétendue chaleur d'Arrakis. C'est nul, c'est raté et c'en est même presque insultant, à ce point !
On ne s’attache pas aux personnages. On n’apprend que trop peu de choses sur les familles Atréides et Harkonen et le peu qu’on apprend se paie le luxe d’être répété, comme si même les phases d’exposition du film devaient subir des ralentis.
Dune, c’est le genre de film qu’on ne peut pas détester parce que c’est « bien fait ». Mais je ne le recommande quand même à personne. Honnêtement ? Je regretterais le prix de mon billet s’il ne m’avait pas permis de passer une soirée en compagnie de ma femme sans les gamins.
La meilleure adaptation de Dune reste donc, à mes yeux, le jeu vidéo d’aventure et stratégie en temps réel de 1992 sorti par le studio français Cryo Interactive. Cela a été ma porte d’entrée dans cet univers… eh bien c’était foutrement mieux !
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Publié le
20.10.21
Par
Vance
En concevant son intrigue (le livre est paru sous le titre The Naked Sun en 1957), Isaac Asimov a choisi d'accentuer davantage ce côté Agatha Christie qu'il affectionne (un meurtre impossible, un suspect désigné mais improbable, une enquête fondée sur des dialogues enlevés, une réunion des protagonistes avant la révélation finale - comme dans son cycle des Veufs Noirs, cf. cet article) tout en continuant à construire avec minutie sa vision d'un avenir perturbant pour la Terre, d'abord conquérante, puis repliée sur elle-même, avant de repartir à l'assaut des étoiles... De fait, ce roman apparemment mineur constitue une des pierres angulaires du Grand Œuvre d'Asimov (sa propre Histoire du Futur, créée au travers de quelques récits d'abord disparates puis rassemblés ensuite dans le cycle de Fondation) et renforce l'importance du personnage de Lije Baley, détective perspicace au physique quelconque mais que l'énergie, la hargne, la soif de vérité - et surtout un élan qu'il ne comprend pas lui-même - rendent fascinant, tant pour le lecteur que pour Gladïa, la séduisante femme de la victime, seule personne qui avait la possibilité matérielle, physique, de perpétrer le premier meurtre sur Solaria depuis que les premiers colons y ont débarqué.
Car Solaria est un de ces mondes spaciens descendants des premières colonies terriennes, le dernier d'entre eux, qui a poussé les concepts du confort robotisé et de la sélection génétique à leur maximum, développant une forme de confinement à l'envers : si Solaria est volontairement sous-peuplée et que chacun y bénéficie d'un territoire gigantesque, les Solariens vivent isolés, reclus dans leurs vastes domaines à l'image des villas romaines de jadis, profitant de la Nature et de tous les avantages apportés par la cohorte de robots dévoués à leur service et leur bien-être. Oh certes, ils entretiennent des relations sociales, mais uniquement par le biais de la stéréovision qui leur permet donc de manger, se promener ou même jouer avec des voisins situés à des milliers de kilomètres : Skype, Zoom et Messenger ne sont pas loin ! La plupart des Solariens ne rencontrent donc jamais physiquement la moindre personne au cours de leur vie épicurienne, au point qu'ils ont développé une répugnance extrême envers toute forme de contact ou de promiscuité. La manière dont les Terriens vivent dans leurs cités enfouies, pullulent, se côtoient et procréent suscite en eux un dégoût renforçant à l'extrême leur sentiment de supériorité, à tel point qu'ils se placent d'eux-mêmes au sommet d'une échelle sociologique, dominant même les autres Spaciens moins évolués qu'eux (et surtout moins obnubilés par la robotisation, dont le perfectionnement constitue à la fois la force et la fragilité des Solariens). Or, Baley, mandaté par les hautes autorités spaciennes dans le but de résoudre cet épineux problème (comment a-t-on pu tuer un Solarien alors même qu'il n'y a ni mobile apparent, ni arme du crime, ni même d'opportunité pour qui que ce soit ?), est un Terrien et il vous suffit simplement de vous rappeler un épisode de Columbo avec l'inspecteur confronté à d'arrogants aristocrates sûrs de leur stratagème pour comprendre la saveur ineffable des face-à-face qu'il va s'empresser d'organiser, tout en poursuivant en sous-marin une enquête approfondie sur les mœurs locales, afin de renseigner son propre gouvernement quant aux possibilités futures dans le conflit qui menace entre les mondes habités.
Pour l'occasion, Baley se retrouve à nouveau à travailler de concert avec Daneel Olivaw, cet androïde si parfaitement semblable à l'humain que même les robots s'y trompent. C'est la troisième fois (ils se sont rencontrés dans Les Cavernes d'acier - cf. cet article - et se sont retrouvés dans la nouvelle Effet miroir) et ne sera pas la dernière. Étrangement, alors que les deux premiers récits insistaient sur cette amitié paradoxale qui prenait corps tout au long des enquêtes, on assiste ici à une forme d'émancipation, avec un Baley qui n'hésite pas à mettre son collègue en porte-à-faux, le provoquant, le contrariant et parvenant même à le cloîtrer afin d'avoir les mains libres pour agir à sa guise. Le récit n'est pourtant pas avare d'émotions et de sentiments mais il substitue à cette camaraderie qui faisait tout le sel du précédent ouvrage une sorte de romance toute en retenue, par petites touches sensibles, entre le Terrien teigneux et la jolie Spacienne ; cela pourrait être naïf, déplacé ou simplement mielleux, pourtant Asimov parvient miraculeusement à trouver les termes adéquats pour tisser une atmosphère de bienveillance autour de ces personnages, ce qui renforce du même coup le côté condescendant et méprisant des autres Solariens, tellement imbus de leur supériorité technologique et culturelle qu'ils finissent par baisser leur garde. Lui qui se méfiait ouvertement de l'orientation de plus en plus sexuelle des textes de SF à partir des années 60 a tout de même su à plusieurs reprises dépeindre avec un certain talent les relations que peuvent entretenir ses personnages, avec souvent infiniment de tact et de sensibilité (comme dans son très réussi La Fin de l'éternité).
Mine de rien donc, ce nouveau récit policier de SF permet à Asimov de tisser une toile sans doute à l'époque encore un peu lâche mais au potentiel infini. Et Baley, tout en s'adonnant à ce petit jeu de séduction inavoué, posera les premières pierres pour un nouvel espoir, un nouvel élan terrien, un avenir qui s'inscrit à nouveau dans les étoiles et l'infini cosmique. Le finale, presque grandiloquent, est symptomatique d'une vision plus étendue de ces temps futurs. Et lorsque le Bon Docteur, après avoir un temps délaissé la science-fiction, y reviendra avec une passion renouvelée et la volonté de lier ses histoires en un grand Tout signifiant, il ne s'y trompera pas en choisissant de partir de ce petit roman pour élaborer (avec Les Robots de l'Aube - 1984 - puis Robots & Empire -1986) une passerelle narrative entre son Cycle des robots et celui de Fondation, en passant par quelques romans épars (Cailloux dans le ciel, Tyrann, Les Courants de l'espace) qui aboutiront à Prélude à Fondation en 1989. Mais nous aurons l'occasion d'en reparler avec la sortie de la série sur Apple+.
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Publié le
19.10.21
Par
Nolt
Nous recevons aujourd’hui un humoriste talentueux que vous pouvez retrouver dans ses chroniques sur France Inter ou encore sur sa chaîne Youtube, remplie d’extraits de spectacle mais aussi de capsules diverses et même de road-trips épiques !
UMAC : Alexis, merci de nous accorder un peu de ton temps, alors, question un peu bateau pour commencer, comment as-tu eu envie de devenir humoriste ?
Alexis Le Rossignol : Ça m’est tombé dessus comme ça, au Mexique, où j’ai vécu pendant 7 ans. Je buvais une bière dans un bar, des humoristes ont débarqué et ont commencé à faire des blagues. Ça a été une révélation, je me suis dit "voilà un truc que je pourrais faire et qui me rendrait heureux".
— Pour acquérir de l’expérience et "tester" les vannes, je crois que les humoristes ont recours aux "plateaux", peux-tu nous en dire plus ? Quels sont les particularités de ce genre de scènes, la concurrence y est-elle rude ?
— Effectivement, il y a plusieurs endroits dans Paris (Paname Art Café, le Fridge, Madame Sarfati, le Jardin Sauvage, Goku…) où le public peut assister à des spectacles d’humour qui durent en général une heure et qui permettent de voir six ou sept humoristes. Et c’est sur ce genre de plateaux que nous testons nos vannes. Comme tu dis, il y a de la concurrence mais je trouve que c’est un milieu assez cool, évidemment tout le monde veut briller et faire le meilleur passage, mais tout le monde sait aussi que celui qui cartonne un soir peut bider le lendemain. Et le bide, ça rend humble…
— Il faut quand même une paire de couilles de la taille d’un stade de foot, non, pour monter sur scène et affronter le public ? Surtout que, contrairement au théâtre, le stand-up ne permet absolument pas de se reposer sur des partenaires, c’est "sans filet".
— J’ai longtemps joué au foot et j’ai vu des paires de couilles beaucoup plus grosses que les miennes. Je ne suis pas un mec particulièrement courageux, je fais ça parce que ça me plaît, et je pense que ma perception du public est juste différente de la tienne. Tu dis "affronter le public", moi je dis plutôt "jouer devant un public", et cette notion de jeu est primordiale pour moi. Je viens m’amuser, tenter de prendre du plaisir et d’en donner, c’est tout.
— Quel sont tes meilleurs et pires souvenirs sur scène ?
— J’ai joué une fois devant des membres de ma famille que je vois rarement. C’était il y a trois ans, une des toutes premières dates de mon spectacle à Paris. Il n y avait pas grand monde dans la salle et ils étaient là, face à moi, les bras croisés. J’étais déjà sur France Inter, je pense qu’ils s’attendaient à un spectacle rodé, efficace, à voir du monde dans la salle, et ils avaient face à eux un type qui se décomposait un peu plus après chaque vanne, qui enchaînait laborieusement tout en se disant "merde… la prochaine vanne va encore moins leur plaire".
Et pour les meilleurs souvenirs, je ne sais pas… Un truc me vient en tête, qui n’est pas un souvenir de scène à proprement parler mais une anecdote liée à une tournée en plein air que j’ai organisée cet été en Bretagne. J’avais envie de créer un événement populaire et accessible, avec une participation libre à la fin du spectacle. Et un jour, un monsieur m’a donné une enveloppe. Dans cette enveloppe il y avait 1 euro, et une lettre qui disait "je suis au RSA, je n’ai pas les moyens d’aller à des spectacles ou au cinéma, mais ce soir j’ai pu rire grâce à toi". Ça m’a donné envie de chialer. Et puis après je me suis dit "1 euro… mais quel crevard quand même… le RSA c’est au moins 500 euros, ils sont où les 499 autres euros ?".
— Tu as une série de capsules, sur internet, intitulé "Roue Libre", où tu parles face caméra pendant que tu te balades… en vélo. Pas trop de chutes à ce jour ? Est-ce que c’est totalement improvisé ? On t’y sens en tout cas très naturel, parfois drôle mais flirtant aussi, à l’occasion, avec une certaine forme de poésie. C’est un mélange volontaire ?
— Si une fois ou deux, mais des chutes d’amateurs. Pas la chute à la Jalabert, avec le soleil et les rayons qui vont avec. Les roues libres sont à moitié improvisées, souvent je pars avec un post-it sur lequel j’ai écrit des mots, deux ou trois idées, et j’improvise là-dessus. Après la poésie… c’est pas du Beaudelaire non plus hein… mais bon, on me dit ça de temps en temps, alors je veux bien y croire… En fait les roues libres sont très liées à mon humeur au moment où je les fais, c’est un format que j’ai commencé il y a 4 ans, à l’époque ça faisait 100 vues sur YouTube, je n’ai jamais vraiment réfléchi à un quelconque positionnement, j’y vais au feeling.
— Tu officies également sur France Inter, dans un exercice différent. Alors, il est sympa Naguy en vrai ? Et Leïla, tu l’as dragouillée ? Parce que ça, mine de rien, ça peut en motiver certains à démarrer une carrière d’humoriste.
— Nagui est sympa, oui. D’humeur égale, bon soutien pendant les chroniques, speed mais capable de prendre le temps d’une bonne discussion ou de donner des conseils quand tu le sollicites. Ouais, j’ai franchement pas grand-chose à lui reprocher. Et pour la deuxième partie de ta question, la réponse est non. Que ce soit elle ou une autre, je ne sais pas draguer…
— Il t’est déjà arrivé de partir en road-trip, en stop, pour aller récupérer (si je me souviens bien) une machine à tacos chez un pote. Outre le fait qu’on se doute bien que c’est plus économique que le train, est-ce qu’il n’y aurait pas chez toi un côté un peu marginal (tu as tout de même dormi dans un immeuble abandonné pour finir par aller voir une collection de combi Volkswagen) ? Ce genre d’escapades t’aide-t-il à trouver de l’inspiration pour tes spectacles ?
— Je ne sais pas si c’est être marginal que d’avoir envie parfois de se barrer deux ou trois jours pour faire du stop ou marcher sans but. C’est juste un truc que j’aime faire parce que soudainement, c’est l’inconnu et le hasard qui décident à ta place, tu n’es plus maître de tout, tu fais des rencontres, tu brises la routine. Et tu galères aussi, et c’est con à dire mais je crois que j’aime ça, galérer.
Et effectivement, parfois ça m’inspire, mais pas toujours. En tout cas ce n’est pas pour ça que je le fais. Je le fais parce que c’est une forme de liberté, courte, ponctuelle, mais réelle.
— Comme tu l'as évoqué plus haut, tu es également parti en tournée en Bretagne dans un bus aménagé, en multipliant les endroits insolites. Là encore, ce n’est pas commun, il y a un côté très artisanal, "routard" et proche des gens dans cette démarche. Comment cela s’est-il passé ? Et d’autres régions sont-elles prévues ? Parce que perso, je suis en Moselle, du coup Ploëmel, ça me fait un peu loin.
— J’ai toujours voulu faire des tournées, pour moi c’est l’essence même du métier : aller à la rencontre des gens. J’avais vu quelques images de la tournée Babylon by Bus de Bob Marley et ses musiciens quand j’étais ado. J’avais trouvé ça génial. En début d’année j’ai rencontré Pierre Mainguy, le propriétaire du bus aménagé avec lequel nous sommes partis. On en a discuté, on est devenus potes, on s’est lancés là-dedans. Au feeling encore une fois. Et oui, on prévoit de pousser en Normandie l’été prochain.
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| [1] Après Les Voies Parallèles, édité chez Plon. |
— Pas vraiment, je lis beaucoup mais pas des trucs drôles. Ou alors quand on me dit "lis ça, c’est drôle", bah je trouve pas ça drôle. Par contre je me marre en lisant des trucs comme Plateforme ou Extension du domaine de la lutte de Houellebecq, même si ce n’est pas censé être drôle. J’aime les personnages de losers, parce que je m’y reconnais. Je peux vous recommander Une vie française aussi, de Jean-Paul Dubois. Il y a des moments d’intense drôlerie.
— Quels sont tes projets à plus ou moins long terme ? Où peut-on venir te voir en ce moment ?
— En ce moment je joue au théâtre du République à Paris, et je suis sur l’écriture de mon deuxième roman [1]. Et puis j’aimerais bien faire du cinéma aussi, ou du théâtre.
— La question traditionnelle qui clôture les entretiens sur UMAC : si tu avais un super-pouvoir, ce serait lequel, et pourquoi ?
— Le super-pouvoir de me téléporter. Penser à un endroit du monde et pouvoir m’y trouver dans la seconde suivante.
Publié le
18.10.21
Par
GriZZly
Un autre Brubaker/Phillips, une autre plongée dans le polar...
Des comics de Brubaker (au scénario) et de Phillips père (au dessin) et fils (à la couleur), j'en ai déjà chroniqué deux depuis mon arrivée en ces pages : Un été cruel était pas mal, Pulp m'avait vraiment convaincu !
Deux en deux ans... les gars sont productifs.
Mieux encore : le trio a décidé cette fois de sortir en un an un triptyque à l'ancienne autour du personnage d'Ethan Reckless.
Chez nous, les trois tomes sortiront chez Delcourt, comme les deux autres albums susmentionnés.
Soit pas loin de 400 pages... en un an... ouais...
Vous en aurez pour crier au génie, pour s'ébaubir par automatisme devant cette productivité de ceux qu'ils appellent désormais "les maîtres du polar" ; ils tomberont dans le piège des superlatifs usés jusqu'à la corde pour qualifier les trois hommes et en oublieront toute objectivité.
Laissez-moi, pour ma part, répondre à Brubaker et consort dans la plus pure veine des polars qui leur plaisent tant en écrivant cette chronique au lupara, façon "réponse de la mafia à ceux qui trahissent la famille".
Parce que ça commence à se voir, que ça tire sur la ficelle pour profiter de sa réputation d'auteurs de récits noirs, là... et plus c'est bâclé, plus ça se voit, évidemment.
Préparez le détachant professionnel, ça va gicler !
Préparez le détachant professionnel, ça va gicler !
En quelques mots, ça se passe en 1981 et on rencontre ici Ethan Reckless. Ethan est un gros dur qu'un traumatisme a privé de son empathie. Il a beau avoir un sens aigu de la justice, il est du genre à la rendre à coups de machette dans la gueule. Un personnage tout en finesse pour lequel on n'aura pas à se soucier de la crédibilité de sa psychologie puisque son absence d'émotions va tout expliquer... les traumatismes, ça fait le café.
Ethan a un boulot que ne renierait pas Winston Wolfe (le nettoyeur de Pulp fiction) : il a mis en place un numéro de téléphone transmis de bouche à oreille (la crédibilité du procédé est toute relative, mais soit) dans les pires milieux et qui permet de le contacter quand on doit se charger d'une affaire délicate mais pas assez légale pour la police.
En gros, il corrige des injustices (ou perçues comme telles par le client) en employant des stratégies d'observation et de persuasion comme les détectives et, trop souvent, la manière forte.
Un jour (attention, originalité en approche), une femme va resurgir de son passé (oh, mon dieu, mon pauvre cœur, c'est trop de surprise pour un seul homme !) et remuer la merde qu'Ethan a laissée derrière lui comme un panda diarrhéique défoncé au jus de bambou.
Parce que le Reckless, il n'a pas toujours fait ce job, voyez-vous : il a passé une partie de sa jeunesse dans une frange radicale qui posait même des bombes et tout. "Ah ? C'est un vrai salaud, alors, le héros ? Ça, c'est différent, au moins." Ben non, même pas ! C'était un agent du FBI infiltré chez ces agitateurs de hippies... mais il a été faible et il a cédé : il a pris de la drogue comme ses petits camarades et il est tombé amoureux de l'une d'entre eux : la fille du chef de ce réseau. Bah oui, parce qu'avant son accident, Ethan Reckless avait des émotions et des faiblesses. Maintenant, il ne ressent plus rien, c'est devenu une caricature de hard boiled avec le look d'un Brad Pitt dans Once upon a time in Hollywood. Et ça, vous voyez, c'est cool ; ça, ça fait polar.
Notre pseudo héros va plus ou moins enquêter façon polar là aussi... en gros : provoquer des situations, se faire péter la gueule et suivre ses agresseurs pour remonter vers un plus gros gibier.
En fin de bouquin, on aura droit à la preuve que c'est un gros loser avec la confirmation qu'il était sur une mauvaise piste, qu'on l'a manipulé durant 130 pages et que vous, vous avez passé votre temps à vous fader son histoire pour pas grand-chose puisque c'est un tiers qui était prétendument décédé des années plus tôt (imagination !) qui va lui expliquer à quel point il est passé à côté de la vérité. Ça fait toujours plaisir, je n'avais rien d'autre à faire !
Ça ne vous semble pas un peu être une resucée de tas d'autres trucs déjà lus ailleurs, ça ?
"Ben ouais, mais c'est un hommage aux vieux pulps, me répondra Jean-Kévin... Brubaker le dit même dans la postface." Ah ouais ? Ben non. Un vrai, un bon hommage aux vieux pulps, Brubaker en a déjà écrit un : ça s'appelle Pulp, précisément. Et c'est autrement plus original et inspiré que ce Reckless qui n'est qu'un condensé de quelques clichés de polar des eighties se voulant cool et sexy, se roulant dans une ambiance faussement sea, sex, drugs and rock'n'roll.
Attends... Ethan a ses bureaux dans un ancien cinéma. Entre deux contrats improbables, il passe sa vie à surfer à Los Angeles. Il a une assistante mi-punk mi-anarchiste qu'il paie au lance-pierre mais qui, plus ou moins sous son charme, accepte la situation... C'est un tel enchaînement de clichés que j'ai l'impression que Brubaker est en mode rafale avec un autofocus prédictif de dernière génération !
Attends... Ethan a ses bureaux dans un ancien cinéma. Entre deux contrats improbables, il passe sa vie à surfer à Los Angeles. Il a une assistante mi-punk mi-anarchiste qu'il paie au lance-pierre mais qui, plus ou moins sous son charme, accepte la situation... C'est un tel enchaînement de clichés que j'ai l'impression que Brubaker est en mode rafale avec un autofocus prédictif de dernière génération !
Alors oui, il y a quelques moments sympas. Quelques dialogues sont prenants... mais pour une vingtaine de planches sympathiques, on se coltine cent autres de flashbacks peu inspirés (ou bien trop inspirés, tout dépend de l'acception que vous donnez à ce mot), de monologues internes chiants comme une partition pour triangle, de poncifs éculés ressuscités une fois de trop et exposés dans la vitrine d'une narration poussive pour une ultime humiliation...
Je suis sévère ?
Bien entendu ! Parce que le polar n'est pas un genre anodin dont on devient soi-disant un maître en alignant quelques ingrédients connus de tous ! La paralittérature est aussi de la littérature, ça se respecte !
Bien entendu ! Parce que le polar n'est pas un genre anodin dont on devient soi-disant un maître en alignant quelques ingrédients connus de tous ! La paralittérature est aussi de la littérature, ça se respecte !
N'est pas Raymond Chandler qui veut... et si, dans ses bons jours, Brubaker fait la blague et est un ersatz tout à fait présentable des maîtres de ce genre, il livre ici un récit qui enfile les banalités comme autant de perles sur un collier (oui, aussi banales que cette expression, vous avez compris le principe !).
Venons-en maintenant aux illustrations des Phillips father & son.
La mise en couleur du fils (Jacob) n'a pas toujours mon soutien mais il faut admettre qu'elle colle à la thématique avec sa désaturation et ses teintes au nombre limité. Je préfèrerais mille fois que tout l'album ressemble à sa couverture mais le père Phillips est loin de laisser cette possibilité au fiston.
Parce que, cessons de refuser de le voir (n'est-ce pas, chers collègues d'autres pages ?) : Papa Sean a peut-être eu du courage d'accepter le défi de fournir 400 pages en un an... mais j'y vois plus de l'audace que du courage, pour ma part, voire de la prétention.
Parce que, cessons de refuser de le voir (n'est-ce pas, chers collègues d'autres pages ?) : Papa Sean a peut-être eu du courage d'accepter le défi de fournir 400 pages en un an... mais j'y vois plus de l'audace que du courage, pour ma part, voire de la prétention.
Sans déconner, vous pensez vraiment qu'une telle contrainte puisse se faire sans casse, au niveau graphique ? Déjà que Phillips n'est pas irréprochable dans la restitution des traits et des anatomies de ses personnages (oui, on a déjà abordé ce tabou ensemble), déjà qu'il use volontiers de raccourcis en simplifiant au maximum, en gommant des détails dès qu'on est selon lui assez loin du sujet... Là, en disposant de si peu de temps, je m'attendais à ce qu'il nous sorte plus encore de ses "Phillipseries"? Et ça n'a pas manqué ! Certaines cases sont juste drôles tant les personnages semblent être issus de memes d'internet où ils seraient surmontés d'un "Gnééé?" bien débile. Regardez-moi la face des deux hommes de main ci-contre à gauche, et osez me dire que c'est bien dessiné ! Regardez le bras droit du type aux cheveux longs et expliquez-moi de quel genre de problème morphologique il faut souffrir pour tenir un sac comme ça sur son épaule... C'est dégueulasse et ça se sent que c'est précipité ; ça sent le "Oh, et puis merde, pas le temps !". Et c'est vraiment triste dans un album qui va avoir une publicité conséquente et une armada de critiques prêts à le défendre sans véritablement se pencher dessus !
Mais bon, allez, admettons : une contrainte, ça éreinte. Je veux bien.
Mais si on n'avait que des dessins un peu moches, je ne dirais rien. Mais on a aussi un problème de logique nuisant à la lisibilité, par moments : regardez-moi ça l'enchaînement des cases ci-contre à droite... Je ne sais pas si vous vous êtes déjà bastonné avec quelqu'un au point de lui ruiner le nez façon tomate éclatée (et j'espère que non pour vous comme pour le gars d'en face) mais, dans ma mémoire, l'impact a lieu avant le recul... Du coup, ici, c'est moi ou on a bien un illogisme dans l'ordre des cases ? En lisant de gauche à droite puis de haut en bas (ce qui serait logique), on a en somme : "Aïe !", "Paf !". Mais euh... ce devrait être "Paf !", "Aïe!", non ?
Mais si on n'avait que des dessins un peu moches, je ne dirais rien. Mais on a aussi un problème de logique nuisant à la lisibilité, par moments : regardez-moi ça l'enchaînement des cases ci-contre à droite... Je ne sais pas si vous vous êtes déjà bastonné avec quelqu'un au point de lui ruiner le nez façon tomate éclatée (et j'espère que non pour vous comme pour le gars d'en face) mais, dans ma mémoire, l'impact a lieu avant le recul... Du coup, ici, c'est moi ou on a bien un illogisme dans l'ordre des cases ? En lisant de gauche à droite puis de haut en bas (ce qui serait logique), on a en somme : "Aïe !", "Paf !". Mais euh... ce devrait être "Paf !", "Aïe!", non ?
Ça vous semblera peut-être anecdotique mais, pour moi, ce genre d'idiotie est aussi visible dans un comic promis à une telle exposition que les tonnes de faux raccords dans Le Seigneur des Anneaux... Sauf que Le Seigneur des Anneaux souffre de cela en raison de la multitude de détails à l'écran et malgré une évidente envie de bien faire.
Reckless, par contre, souffre de cela en raison... soit d'une précipitation coupable, soit d'une incompétence crasse. Et c'est triste !
Reckless, par contre, souffre de cela en raison... soit d'une précipitation coupable, soit d'une incompétence crasse. Et c'est triste !
Je trouve cette fois le dessin aussi paresseux que le scénario. Cet instant classic qu'y voient d'autres critiques est au contraire, pour moi, pas loin de passer pour une œuvre alimentaire et, après avoir lu d'autres créations de ces deux hommes, c'est vraiment douloureux pour moi d'avoir à écrire ça.
Voilà. Faut-il s'offrir Reckless ? Non. Je ne pense pas. Nous verrons bien si les tomes 2 et 3 relèvent la barre, auquel cas ce tome 1 fera office de pâle introduction. Si la trilogie a ce niveau, par contre, permettez que je vous conseille de vous tourner vers d'autres ouvrages (Le fameux Pulp, si vous ne l'avez pas, par exemple !).
| + | Les points positifs | - | Les points négatifs |
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Publié le
15.10.21
Par
GriZZly
Quand Batman combat des chiens à capuche, des nounours robotisés et des chats culturistes...
Les personnages les plus mythiques de DC Comics font fréquemment des apparitions dans la boutique des skins de Fortnite. Il y a eu Harley Queen, Aquaman, le Joker et... il fallait bien que Batman s'y invite lui aussi.
Le jeu.
Pour les gens qui ne nourrissent aucune appétence pour les jeux vidéo, sachez que Fortnite est un battle royale développé par les studios Epic Games. Le concept de base est si simple qu'il en est simpliste : 100 joueurs sur une île s'entretuent à la pioche et à l'aide d'un panel d'armes à feu relativement large jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'un seul d'entre eux qui remporte, du coup, une "victoire royale". Pour motiver les joueurs à s'entretuer, la zone de jeu rétrécit au fil du temps en raison d'une sorte de tempête mortelle qui se resserre peu à peu sur les joueurs, les coinçant dans l’œil du cyclone, seul endroit épargné par la tempête... mais pas par les tirs ennemis ! C'est ce système malin qui empêche le sniper que je suis de passer toutes ses parties niché dans une tour à dégommer les gens comme un Vassili Grigorievitch Zaïtsev virtuel. Dommage.
Bien entendu, ce principe bêtement compétitif serait vite lassant, en l'état... mais le jeu renouvèle régulièrement son apparence en ajoutant ou retirant des items (des accessoires) en changeant son environnement, en proposant de nouvelles features (des fonctionnalités)...
Le modèle économique de Fortnite fait couler beaucoup d'encre et est à la fois d'une simplicité qui force l'admiration et d'une perversité qui suscite l'indignation. Le jeu est gratuit. Tout simplement. Et il tourne sur toutes les plateformes actuelles (consoles, ordinateurs, appareils mobiles...), ce qui lui ouvre les portes de tous les foyers.
"Un jeu gratuit ? Mais quel est donc le problème ?", me direz-vous, naïfs petits êtres innocents que vous êtes. Le jeu est gratuit, certes. Mais il est possible d'acheter de la monnaie virtuelle permettant de s'offrir des améliorations purement cosmétiques pour incarner des personnages originaux ou issus de licences connues (les fameuses skins) armés d'équipements tout aussi personnalisables. Et bien entendu, certaines de ces skins s'arrachent ! En gros, pour un personnage un peu sympa et son équipement, vous débourserez à peu près 20 % du prix d'un jeu payant complet. Eh ouais ! Juste pour changer l'apparence de votre personnage dans un jeu gratos...
À dire vrai, elles existent en quatre catégories de prix dépendant de leur "rareté" (rareté organisée et donc aussi relative que celles des cartes Magic The Gathering, en somme) : les skins atypiques sont à 800 V-Bucks, les skins rares à 1200 V-Bucks; les skins épiques à 1500 V-Bucks et les skins légendaires à 2000 V-Bucks.
Les V-Bucks, c'est la fameuse monnaie virtuelle... et ça ne s'achète pas à l'unité. Les V-Bucks Fortnite sont en vente dans les valeurs suivantes : 1000 V-Bucks pour 10 euros, 2800 V-Bucks pour 25 euros, 7500 V-Bucks pour 60 euros.
Vous avez remarqué une des perfidies du modèle ? Exactement : vous ne pouvez pas vous procurer la somme exacte pour l'achat d'un personnage... obligé d'acheter plus de V-Bucks que nécessaire ; et avec le reste, on a rarement assez pour l'achat suivant. Il faudra donc compléter avec un deuxième achat et ainsi de suite... Avouez que c'est bien foutu !
Le jeu, pour vous appâter, vous offre parfois 100 V-Bucks et des récompenses... mais vous en gagnez plus si vous vous offrez un abonnement renouvelable saisonnièrement et payable... en V-Bucks lui aussi ! C'est pas beau, ça ?
Vous l'aurez compris, c'est une poule aux œufs d'or. Fortnite a généré un chiffre d'affaires de plus de 9 milliards de dollars sur ses deux premières années d'activité : presque 5,5 milliards de dollars en 2018 et 3,7 milliards de dollars en 2019. Joli, non ?
Mon souci, personnellement, c'est de savoir si l'argent que l'on fout là-dedans y est "investi" par les joueurs de façon parfaitement consciente et consentie. Et, du coup, comme on cause ici du comic, mon interrogation est simple : qui est la cible de cet ouvrage ? Si ça cible des adultes, soit. De grands ados, pourquoi pas. Mais... ont-ils eu la mauvaise idée de cibler les gamins ? Petite analyse du bousin de suite, ci-dessous, maintenant tout de suite, là, en-dessous, allez, hop, paragraphe suivant !
Le jeu dans le comic book.
Nous avons donc ici, en couverture, un Batman au look pouvant faire penser à celui de l'An Zéro. Il était possible de l'acquérir dans Fortnite sous nos latitudes il y a quelques mois et il nous semblait que jamais le comic dont il était issu (celui-ci, donc) ne nous parviendrait. Mais si : le voici !
Il est offert avec un code d'une "valeur" (la valeur que l'on attribue à des skins Fortnite, bien entendu...) de 12 € que mon fils s'est empressé d'encoder dans sa console. Résultat de l'opération : Quelques accessoires griffés Batman, Catwoman, Deathstroke et Harley Quinn ainsi que les skins de Batman Zéro en armure et de Harley Quinn Rebirth ; sympa, ma foi... Au prix de ce genre de comic à couverture souple, rien que les skins pourraient justifier, aux yeux de certains joueurs, l'achat de ce tome 1.
Mais au-delà de ce "généreux" cadeau (qui une fois de plus, ne leur coûte rien mais qui a clairement le mérite d'exister), que vaut cette BD ?
Il est offert avec un code d'une "valeur" (la valeur que l'on attribue à des skins Fortnite, bien entendu...) de 12 € que mon fils s'est empressé d'encoder dans sa console. Résultat de l'opération : Quelques accessoires griffés Batman, Catwoman, Deathstroke et Harley Quinn ainsi que les skins de Batman Zéro en armure et de Harley Quinn Rebirth ; sympa, ma foi... Au prix de ce genre de comic à couverture souple, rien que les skins pourraient justifier, aux yeux de certains joueurs, l'achat de ce tome 1.
Mais au-delà de ce "généreux" cadeau (qui une fois de plus, ne leur coûte rien mais qui a clairement le mérite d'exister), que vaut cette BD ?
Le comic book.
Batman Fortnite débute avec ce qui fait du jeu une véritable décharge à licences en tous genres : une faille dimensionnelle. Ce prétexte scénaristique (qui en vaut un autre) explique, dans le jeu, la présence de 1001 styles graphiques différents faisant qu'un chien anthropomorphique fan de hip-hop côtoie Batman et Rick Sanchez avant de se retrouver face à Carnage et à une bande de X-Men... Oui, DC et Marvel se retrouvent dans ce terrain de jeu géant ; Fortnite, ou quand les gros sous font oublier les petites rivalités.
Un portail dimensionnel s’ouvre donc au-dessus de Gotham City. L'inspecteur Gordon ne voit pas ça d'un bon œil et Batman va y jeter un autre.
Mais le machin aspire bientôt le Dark Knight et quelques autres huiles des comics de Gotham comme Harley Quinn ou Catwoman. Batman a l'intention de trouver un moyen de refermer cette déchirure avant qu’elle n’avale toute sa chère Gotham. Mais, de l'autre côté du portail, en arrivant sur l'île de Fortnite, il aura oublié sa mission... ainsi que tout le reste !
Mais le machin aspire bientôt le Dark Knight et quelques autres huiles des comics de Gotham comme Harley Quinn ou Catwoman. Batman a l'intention de trouver un moyen de refermer cette déchirure avant qu’elle n’avale toute sa chère Gotham. Mais, de l'autre côté du portail, en arrivant sur l'île de Fortnite, il aura oublié sa mission... ainsi que tout le reste !
Amnésique, le Batou va revenir à lui sur cette île où le moindre habitant semble lui être terriblement hostile. Il ne se souvient de rien, pas même de qui il est. Mais ses capacités de combat sont indemnes et il règle vite leur compte à pas mal de combattants aux looks hétéroclites.
Bien vite, il réalise qu'il ne peut pas parler : tous les combattants de l’île sont d'ailleurs aussi muets que lui ! C'est lorsqu'il rencontre sa chère Catwoman qu'il se rend compte qu'il a avec elle une connexion qu'il n'a avec aucun autre guerrier... Se connaissaient-ils avant leur amnésie ? Mais la tempête se referme sur eux. Ils meurent.
Batman revient à la vie. Il comprend vite qu'il est piégé dans une sorte de boucle temporelle... Hors de question pour lui de recommencer à zéro ; il va donc se laisser, de résurrection en résurrection, des messages et des instructions dans des planques qu'il marquera instinctivement du symbole de la chauve-souris.
Batman revient à la vie. Il comprend vite qu'il est piégé dans une sorte de boucle temporelle... Hors de question pour lui de recommencer à zéro ; il va donc se laisser, de résurrection en résurrection, des messages et des instructions dans des planques qu'il marquera instinctivement du symbole de la chauve-souris.
Entre la conclusion évidente qu'il s'agit de rester en vie le dernier au centre de la tempête, le fait que "La Féline" est une alliée et autres indices qu'il s'adressera à lui-même, Batman comprendra peu à peu les règles de ce jeu étrange et finira par s'extraire de cette boucle pour rejoindre d'autres individus qui, comme lui, ont atteint un stade supérieur de compréhension de l'île. Ces alliés de circonstances retrouveront la parole et les souvenirs de chacune des batailles menées... mais pas encore de leurs vies réelles, en dehors de l'île. À ce stade, ils peuvent parler entre eux et se souvenir de chaque partie... ils passent pour ainsi dire du statut de PNJ (Personnages Non Joueurs) à PJ (Personnages Joueurs). Harley fera le même parcours mais, étant ce qu'elle est, se lancera à nouveau avec délectation dans ces combats sans conséquences comme un Viking heureux de se jeter à corps perdu dans les rixes sans fin du Walhalla (j'ai beaucoup aimé cette approche de Quinn, follement cartoonesque et prenant son pied dans le massacre gratuit et décomplexé).
Les habitants de Gotham retrouveront-ils leur ville ? Qui donc a fait apparaître en ville ce portail vers cet étrange ailleurs ? Le tome 1 répond à ces questions et lance une nouvelle intrigue qui sera développée dans le tome 2 à paraître en octobre : Batman / Fortnite : Fondation.
Au-delà du comic book et du jeu.
Je serais ravi de pouvoir faire mon pédant et attaquer ce comic sur son aspect mercantile ou son indigence scénaristique, sur son opportunisme ou sa piètre qualité... mais il se trouve que j'ai un rien d'honnêteté intellectuelle et force est de constater que, dans un registre "Batman léger non dépressif", ce premier tome est carrément sympa !
Comme dit précédemment, mon premier souci était d'identifier sa cible. Or, c'est ici un public mature mais amateur de fun et d'action qui est visé. De toute évidence, si le dessin fait très cartoony, c'est pour permettre une certaine cohérence avec l'univers de Fortnite.
Le scénario, lui, sans être d'une complexité folle, a son lot de subtilités et de rebondissements bien trouvés ; il use de ficelles plutôt ingénieuses, il offre des narrateurs différents selon les chapitres (un monologue interne de Batman lors de son arrivée sur l'île, puis des rapports d'un observateur lors de ses découvertes des règles qui la régissent, et enfin, une narration plus classique quand il retrouve la parole), il se permet même d'intégrer du passif entre les personnages de DC et un peu de background pour certains protagonistes emblématiques de Fortnite (comme ce pauvre Poiscaille).
Le scénario, lui, sans être d'une complexité folle, a son lot de subtilités et de rebondissements bien trouvés ; il use de ficelles plutôt ingénieuses, il offre des narrateurs différents selon les chapitres (un monologue interne de Batman lors de son arrivée sur l'île, puis des rapports d'un observateur lors de ses découvertes des règles qui la régissent, et enfin, une narration plus classique quand il retrouve la parole), il se permet même d'intégrer du passif entre les personnages de DC et un peu de background pour certains protagonistes emblématiques de Fortnite (comme ce pauvre Poiscaille).
La cible est clairement plus mature que les gamins auxquels je craignais que le comic s'adresse : cette BD est un produit dérivé conjoint des licences Batman et Fortnite réussi qui plaira, je pense, aux joueurs du battle royale à partir de 14 ans environ et aux fans de Batman désireux de le revoir dans une histoire plus enlevée et légère où l'on ne s'interroge pas sur son état mental, la légitimité de son combat ou l'origine et la nature de ses troubles psychologiques.
On apprécie les clins d'œil à certains monument de la geek culture comme Edge of Tomorrow (la boucle temporelle les ramenant sans cesse au combat) ou d'autres films où le héros amnésique se laisse des messages à lui-même (Memento usait de ce stratagème, par exemple), voire la survivance des sentiments même après un formatage de mémoire, comme l'expérimentait Eternal sunshine of the spotless mind.
- dans sa façon originale et inédite de justifier certaines règles du jeu vidéo (à tel point que Epic Games a récemment annoncé que les événements décrits par Christos Gage, Donald Mustard et Reilly Brown étaient désormais officiellement canons dans l'univers du jeu ; ce qui lui donne d'ailleurs une profondeur inattendue mais bienvenue) ;
- dans sa façon d'imaginer qui est aux commandes de l'île en fin de tome et qui, à Gotham, se fait le relais complice de ce commandement (ce fut d'ailleurs une surprise pour moi mais... une surprise qui promet une suite intéressante) ;
- dans sa façon d'expliquer le foutoir d'inspirations graphiques de ce jeu allant piocher des personnages dans des tas de licences, offrant à une démarche évidemment terriblement mercantile un vernis scénaristique nettement plus honorable.
Ce comic est une très bonne chose pour l'image que je me faisais de Fortnite.
Et, étonnamment, contrairement à ce que je craignais, il n'entache en rien l'image que j'avais de Batman.
Et, étonnamment, contrairement à ce que je craignais, il n'entache en rien l'image que j'avais de Batman.
C'est évidemment un produit opportuniste mais aussi respectueux de son lecteur, inspiré, efficace et parfaitement digne d'être lu et apprécié.
Mes félicitations aux scénaristes qui parvinrent à donner vie à cette simple battle royale en en faisant bien plus que cela. La formule est à la mode, comme le prouve encore actuellement une série coréenne estampillée du Big Red N... Ici, elle est transcendée part le comic qui permet de raconter bien plus que cela.
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