Écho #9 : Luther Strode 3 - l'Héritage
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Nous voici à la fin de la trilogie de Justin Jordan & Tradd Moore, entamée avec Un bien étrange talent (Delcourt 2012) et poursuivie avec La Légende (Delcourt 2015), suivant le parcours extraordinaire d'un jeune geek devenu, grâce à une méthode de culturisme, un véritable surhomme dont les nouveaux pouvoirs seront très vite mis à l'épreuve. Mais le monde super-héroïque nous serine depuis Stan Lee qu'ils impliqueront forcément des tonnes de responsabilités - et les emmerdes qui en découlent...

On aura pu tout au long de cette œuvre au pitch consensuel - mais qui s'est avérée plus intéressante que prévu - assister à une radicalisation du style graphique, jouant sur le dynamisme, la symétrie, un encrage plus brut et une exagération volontaire des postures alors que le propos, lui, s'affadissait légèrement, optant au final pour une quête œdipienne : dans cet ultime volet, le gentil Luther cherche en effet à démanteler l'organisation criminelle de Caïn (parangon des assassins) tout en espérant que chaque membre de cette secte millénaire fasse amende honorable. Tâche impossible, rêve d'idéaliste, mais heureusement, il a à ses côtés une Petra (sa petite amie gothique) toujours aussi dingue (de lui comme des armes à feu) qui parvient parfois à lui montrer le monde sous un visage plus réaliste. Car suite aux terribles drames qui ont émaillé le premier volume et l'ont poussé à l'exil, l'existence de Luther n'a été que poursuites sanglantes et tueries : après sa soif légitime de vengeance est donc venu le temps de la rédemption.

Les amateurs de bastons homériques seront servis, chaque adversaire étant évidemment plus puissant et coriace que le précédent, jusqu'au duel final qui donne à ce tome des allures de Dragon Ball quasi-mystique et un brin cynique. 

Paru en 2017 chez Delcourt, 192 pages d'action teintées de rouge.



Boîte des Irréductibles #4 : Astérix et les Normands
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Quatrième opus de la collection Hachette consacrée aux Gaulois avec cette fois Astérix et les Normands !

Les Normands sont de puissants guerriers, craints par tous les peuples. Toutefois, ces hommes rudes et bourrus ont un regret : ne pas connaître la peur, ce sentiment censé leur "donner des ailes" et leur permettre de voler. Leur chef, Olaf Grossebaf, décide alors de monter une expédition afin de trouver quelqu'un qui pourrait leur enseigner la peur.
Pendant ce temps-là, Goudurix, le neveu d'Abraracourcix, débarque tout juste de Lutèce pour un petit séjour dans le village des irréductibles Gaulois. Son père souhaite en effet endurcir le jeune homme et en faire un vrai guerrier. Astérix et Obélix vont ainsi être chargés de l'entraînement de Goudurix, plus motivé par les chars "sport", la musique et la fête que par l'idée de se former à l'art de la guerre dans un patelin de ploucs...

Encore un classique avec cet album, sans voyage lointain pour Astérix et Obélix qui sont tout de même confrontés à un peuple étranger. Là encore, la "formation" de Goudurix et l'étrange quête des Normands vont donner lieu à des gags référencés teintés d'anachronisme.
Comme toujours, l'album est accompagné de nombreux bonus (sur la genèse du récit, la Gaule en chansons ou encore le calva). Toujours quelques pièces inédites intéressantes, comme des dessins publicitaires. 
Bien entendu, une nouvelle figurine accompagne le tout. Il s'agit cette fois du Corse Ocatarinetabellatchitchix (c'est drôle mais c'est long à écrire !). 

Une formule toujours aussi efficace, que ce soit pour cette réédition grand format d'un classique ou le rédactionnel, apportant un réel plus.



Le Château de Hurle
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Lorsqu’à la mort de son père, Sophie est chargée de s’occuper de la boutique de chapeaux familiale à la Halle-Neuve. Elle se fait une raison : après tout, au pays d’Ingarry, l’aînée de trois filles n’a aucune chance de réussir ce qu’elle entreprend. Ses deux sœurs seront donc placées (l'une chez un pâtissier renommé, l'autre chez une magicienne) afin d’accomplir leur destinée tandis qu’elle moisira là en faisant de son mieux pour satisfaire la clientèle. Cependant, en ce jour de la Fête de Mai, Sophie devra changer ses plans : en effet, la terrible Sorcière du Désert vient de lui jeter un sortilège pour une raison qu’elle ignore. La voici à présent vieille et rabougrie. Il lui faut quitter sa chapellerie et chercher un refuge ailleurs : pourquoi pas au château ambulant de Hurle, dont on dit qu’il dévore le cœur des jeunes filles ?

À la lecture de ce résumé, les cinéphiles auront immédiatement reconnu la trame d'un des films les plus célèbres et estimés des studios Ghibli : Le Château ambulant. Ils n'auront pas tort, car Miyazaki s'est ouvertement inspiré du roman de Diana Wynne Jones pour le scénario de son long-métrage d'animation, roman considéré comme un classique de la littérature jeunesse outre-Manche. Sa lecture a posteriori entraîne donc une vision altérée du récit. 

Ce dernier propose une histoire très riche, pleine de rebondissements et partant dans de nombreuses directions, au point de laisser parfois le lecteur dubitatif : s’il est écrit suivant les préceptes d’un conte de fées traditionnel, avec ses héros, ses adjuvants, ses ennemis et sa quête, il se perd parfois dans certains méandres qui, en agrémentant davantage le tissu de la narration (tout en contribuant à orner la toile de fond), ont tendance à embrouiller le texte, au point que les motivations de certains des personnages apparaissent floues. Cela dit, cette impression est peut-être due à la traduction d’un ouvrage qui aurait été facile d’accès s’il s’était débarrassé de certaines scories. L’auteur fourmillait sans doute d’idées et a cherché à les placer dans une histoire qui n’a que l’apparence du conte pour enfants – il fait partie de cette longue litanie d’ouvrages spontanément apparus en France dans la liste des collections « Jeunesse » alors qu’ils faisaient naguère partie des catalogues adultes (comme Le Seigneur des Anneaux). Il est vrai que la littérature jeunesse a connu une embellie qui lui fait étiqueter comme tel à peu près tout et n’importe quoi depuis le succès phénoménal des Harry Potter. Pour le meilleur et pour le pire. 


Or ce livre est bien répertorié comme « livre pour enfants », édité chez Pocket Jeunesse sous le numéro J1273 avec un bandeau précisant « À partir de 11 ans ». Certes, la trame n’est pas des plus originales, et les péripéties de Sophie Chapelier se suivent sans déplaisir, d’autant que les lieux et les personnages ont ce pittoresque non éculé par les adaptations de Walt Disney. Et puis, ce château qui bouge, dont la porte principale ouvre sur quatre destinations différentes (dont une située dans un autre monde), est en soi une merveille d’imagination. Car l’histoire mêle avec malice quelques éléments du bestiaire des contes à d’autres plus fantastiques, au sein d'une ambiance manifestement poétique. Les énigmes qui parsèment l’ouvrage ne sont pas des plus aisées et peuvent échapper à la compréhension des plus jeunes, lesquels préfèreront se rabattre sur la psychologie de Calcifer, le charmant démon du feu dont le pacte passé avec Hurle (Howl dans la version originale) constitue la pierre angulaire de l’histoire ; sur Hurle lui-même, magicien séduisant mais à la sombre réputation, au caractère fantasque et capricieux ; sur Sophie, jeune femme morose mais volontaire, soupe au lait mais pleine de compassion. L’aventure de sa vie est traitée à travers son point de vue, ce qui fait que certaines notions sont éludées. Et sous les coups de théâtre, les expérimentations de Michael (le jeune adjoint de Hurle), les soucis qu'éprouve Sophie pour sa famille et la menace grandissante de la Sorcière, pointe l’ombre de sentiments très forts : Diana Wynne Jones écrit sur l’amour et ses avatars, les excès des jeux de séduction et des cours enfiévrées, sur les belles promesses et l’innocence des premiers émois et surtout sur ce jeu de dupes permanent qu’est la quête de l’âme sœur. Car tous les personnages recherchent l’amour, mais aucun ne sait s’y prendre.

Un ouvrage intéressant, donc, mais qui se confronte à un problème qui est de taille : l’adaptation de Miyazaki. Si le cadre, les personnages et les enjeux sont à peu près les mêmes, le génial réalisateur nippon a sensiblement dévié de la ligne directrice à mi-parcours, simplifiant la narration et modifiant même les caractéristiques de certains personnages (au lieu du pays natal de Hurle, l’une des portes du château mène dans son passé ; Calcifer voit ses origines réécrites ; les sœurs de Sophie sont carrément mises sous l’éteignoir et l’Épouvantail à tête de navet voit son rôle subtilement changé, de même que les différents avatars de chiens - les amoureux du Chien asthmatique ne le retrouvent pas dans le livre). Du coup, il faut bien l’avouer, le film d’animation s'avère nettement plus cohérent en dépit d'autres ellipses discursives, et cela bien que la relation particulière entre Hurle (Hauru dans l’anime) et Sophie ait été maintenue.

Au final, le livre est plaisant, dégageant un charme désuet tout en cultivant le paradoxe d’être plutôt moderne et parfois inventif. Un côté très britannique qui le distingue des contes populaires continentaux et dont on comprend qu’il ait charmé Miyazaki, toujours sensible aux traditions européennes. 


+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Un conte inventif, bourré de fantaisie et de personnages fascinants.
  • Une romance puissante, au service de ses protagonistes.
  • Le charme inégalable des récits merveilleux d'antan.
  • L'idée de lire le texte à l'origine d'un des grands classiques de l'animation.


  • Une structure un peu complexe qui peut perdre le lecteur.
  • Des éléments épars rendent soudain la lecture plus ardue que prévu.
  • On peut admettre que l'adaptation en animation soit supérieure à l'original. 
Quand une écervelée donne des leçons de morale
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Notre société pré-apocalyptique (ou en tout cas, en état de mort cérébrale quasi totale) semble s’accommoder fort bien des déclarations "Canada Dry" (qui ont l’apparence de l’intelligence, mais n’en contiennent jamais). 
La dernière en date est celle de Blanche Gardin, qui refuse de participer à LOL, une émission produite par Amazon.

Elle refuse beaucoup cette dame-là. 
En 2019, elle avait déjà refusé une décoration de Chevalier des Arts & Lettres pour… « protester contre la politique du gouvernement concernant les sans-abris ».
Pfouah…
Ah, il faut 5 minutes pour la digérer celle-là, hein.
Mais c’est quoi le putain de rapport ? Ça va changer quoi ?
Si on prend un exemple d’artiste engagé, Mike Ward, un humoriste très célèbre au Québec, a financé la construction de mini-maisons pour les sans-abris. Alors, ce n’est pas parfait, ça reste du précaire, du provisoire, mais ça va vraiment changer leurs conditions de vie, surtout en hiver. 
Là un refus de décoration, c’est simplement une manière de se mettre en avant, de se faire reluire sans risque, sans rien faire ni débourser. Infect !

Dans la même veine, bouffie de prétention et de moraline, elle se fend d’un long texte où elle condamne très maladroitement un peu n’importe quoi.
L’un de ses arguments, totalement ahurissant, est que ça la « gêne de toucher 200 000 euros alors que l’association pour qui elle jouerait ne toucherait, elle, que 50 000 ».
Wow… j’ai la tête qui tourne tellement c’est con…

Mais, Blanche, rien ne t’interdit de faire l’inverse. De redonner 150 000 à l’association. Ou même l’intégralité de ce pognon dont tu n’as visiblement pas besoin. Là, non seulement ton association (si tu en soutiens une, mais j’imagine que oui) n’aura rien, mais tu n’as fait que donner 200 000 euros à un autre pseudo-artiste dans ton genre. Cette somme que tu aurais pu utiliser selon tes convictions, tu l’as perdue bêtement. 

Cette fille est tellement demeurée que ça en devient effrayant.
Mais le pire, c’est que les gens, évidemment, la soutiennent en masse sur le net. Certains louant même son incroyable « humanisme »… mais, quel « humanisme » ? Elle n’a rien fait, si ce n’est se vanter en public de perdre 200 000 euros qu’elle aurait pu utiliser en aidant les pauvres dont elle semble tant se soucier. 

Et le reste de sa logorrhée verbale est pire encore. En vrac, elle va faire référence au changement climatique, aux camps de concentration, à la fraude fiscale, aux emplois pénibles et aux livreurs de burgers… (ça a l’air délirant, mais c’est 100 % véridique).
Alors, évidemment qu’il y a des sujets importants dans ce qu’elle ahane maladroitement (ne serait-ce que le climat, que l’on a suffisamment détraqué pour engendrer notre propre disparition), mais en quoi ce qu’elle fait serait utile ? En quoi refuser de participer à une émission sur une plateforme va faire avancer tous ces sujets ? 

Cette imbécile fait exactement comme ces gens qui engueulent leurs gosses en leur intimant de finir leur assiette « parce qu’il y en a qui ont faim ». Ben oui mais, si ton gamin finit son assiette, ça ne va pas aider les gens qui ont faim en fait. Et, si pour éviter de se rendre malade ou de finir en surpoids, il préfère arrêter de se goinfrer, ça ne changera rien non plus. Les deux domaines ne sont pas connectés. 
Pour Blanche Gardin, c’est exactement pareil. Les arguments qu’elle avance ne sont pas connectés avec son refus (tout à fait compréhensible, elle fait bien ce qu’elle veut) de participer à un projet. 

Ce qui est fou, c’est que personne ne relève ça. Toutes les réactions que j’ai pu voir étaient « pour » ou « contre » son refus et la manière dont elle l’annonce. Mais il n’y a rien, dans ce qu’elle fait, qui permet de générer une telle position. Sa réaction, au mieux idiote, au pire révélant un besoin viscéral de se faire discerner de faciles louanges et bons points pour flatter son incommensurable ego, est totalement hors de propos. 
Je crains d’ailleurs qu’elle soit plus opportuniste que conne. Car elle parvient tout de même à identifier et amalgamer les sujets qui vont toucher le grand public. Et, comme naguère Goebbels (qui avait fort bien identifié les leviers permettant de remuer les foules), elle s’adresse non à l’intelligence du peuple mais à ses émotions. C'est ici le ventre que l'on flatte, non l'esprit. 

Une personne respectable, souhaitant simplement suivre ses principes, l’aurait fait dans la dignité du silence.
Une militante réelle, souhaitant vraiment aider ses contemporains, aurait pris l’argent et l’aurait redistribué (d’autant qu’il s’agit d’à peine une journée de « travail », si tant est que se prélasser dans un appart avec des amis soit considéré comme du travail).
Une héroïne aurait accompagné cette redistribution d’argent d’un appel à la résistance, à l’intelligence, à l’engagement concret. Elle aurait été une source d’inspiration, minimisant ses propres actes et encourageant les gens à qui elle s’adresse régulièrement à changer les choses, un peu, à leur façon, selon leurs moyens.
Mais non, Gardin n’est ni respectable, ni militante, ni héroïque. C’est une comédienne hors-sol, qui pense que, une fois atteint un certain niveau de confort, refuser des sommes astronomiques est un acte chevaleresque.

Je vais terminer par une transposition du problème dans un autre secteur.
Bien souvent, j’entends autour de moi des gens critiquer les footballeurs (que je déteste, surtout les footeux actuels) parce qu’ils gagnent trop d’argent. Et je vois aussi souvent ces gens faire la comparaison avec les médecins, les chercheurs, etc., qui eux devraient être payés plus.
Ce genre de raisonnement fallacieux tend à connecter des éléments qui sont par nature différents et n’ont pas de rapport entre eux. Si les footballeurs (enfin, certains) gagnent beaucoup d’argent, c’est parce que le milieu du football génère beaucoup d’argent. C’est pareil pour les acteurs d’ailleurs. Il ne s’agit pas d’un jugement de valeur, ces gens sont payés avec l’argent que leur activité génère. Et les médecins aussi (et personne n’aura envie de payer 5000 euros une consultation pour que les toubibs puissent s’acheter des Ferrari).
Ce n’est pas la rémunération le problème, c’est la vénération.
Que quelqu’un d’inutile touche beaucoup d’argent parce que son activité futile génère une adhésion de masse, ça ne me pose aucun problème. Par contre, faire de ces gens des stars ou, pire, des maîtres à penser, là, ça devient dangereux. Ce n’est pas parce que Blanche Gardin est connue ou riche que ses propos sont pertinents. Et ce n’est pas parce qu’elle essaie de convaincre la Terre entière qu’elle est une bonne personne qu’elle l’est réellement.

Un certain Louis Pauwels a dit un jour qu’un individu de qualité exigeait tout de lui-même. Et qu’un individu sans qualité exigeait tout des autres. 
Je crois, sans trop de risque de me tromper, savoir à quelle catégorie Gardin appartient.


Écho #8 : Toutes les morts de Laïla Starr
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L'an dernier, nous vous faisions déjà l'éloge d'un album remarquable de Ram V, aussi splendide visuellement qu'impressionnant par sa narration : These Savage Shores, qui débarquait en France (chez HiComics) auréolé de l'excellente réputation de Toutes les morts de Laïla Starr. Nous nous étions promis de jeter un œil sur cet autre récit afin de déterminer si ce scénariste méritait d'être suivi ou s'il n'était qu'un artiste un peu chanceux. 

Cette fois, l'auteur né à Mumbai évoque l'épopée terrestre de la Déesse de la Mort, virée du Ciel sans ménagement puisque, avec la prochaine découverte de l'immortalité, elle n'est plus d'aucune utilité. Réincarnée dans le corps d'une jeune suicidée (la Laïla du titre), elle est bien décidée à retrouver son statut divin - même s'il lui faut pour cela empêcher que l'humanité accède à la vie éternelle, en supprimant un certain Darius qui fera la découverte susdite dans un futur proche. Pas de bol, la voilà fauchée par un camion peu de temps après avoir rouvert les yeux... 
   
Force nous est de reconnaître que nous voici face à un autre petit chef-d'œuvre, qui réussit à transcender le cadre de son dessin - étonnamment très européen, avec ses silhouettes sylphides et sa palette de couleurs surréelle (Filipe Andrade propose des cases mi-psychédéliques à la manière d'un Fluorescent Black, mi-pastel façon Moebius) - pour nous accrocher dans une histoire forte, pleine d'humour et de tendresse, nous proposant un angle de vue inédit sur la vie, le destin et la finalité de toute existence. Ram V parvient à nouveau, au travers d'un récit extrêmement bien écrit, d'une finesse redoutable mais sans aucune pédanterie, à trouver une justesse de ton remarquable. 

L'édition française chez Urban (2022) reprend les cinq épisodes de la mini-série dans un format très franco-belge (128 pages avec couverture cartonnée solide dans la collection "Urban Indies" - la même que le Dernier des Dieux par exemple) et une traduction de bon aloi pour moins de 20 €. Elle est à lire de toute urgence.