Sélections UMAC : cinq polars, à voir ou revoir
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Nous vous proposons aujourd'hui une petite sélection de polars, bien écrits, bien réalisés, et disponibles pour la plupart à petit prix.

Bound : sexe & mafia

Avant de réaliser leur mythique trilogie Matrix, les frères Wachowski (enfin, sœurs maintenant apparemment...) sortent discrètement un petit film, léché et très maîtrisé, qui se veut être une sorte de huis clos sulfureux.

Corky, une jeune femme qui vient de sortir de prison, est employée pour retaper un appartement qui jouxte celui d'un mafieux. Elle rencontre rapidement la petite amie de ce dernier, Violet, qui tombe sous son charme et la drague lourdement.
Alors qu'une relation plutôt risquée s'installe, Violet confie à Corky vouloir changer de vie. Pour cela, elle pourrait compter sur deux millions de dollars (un petit pécule, ça aide toujours à démarrer dans la vie) qu'elle envisage de piquer à son mec. Qui est donc un gangster de la mafia, si vous avez bien suivi. Et ces gens étant connus pour être plutôt ombrageux, rancuniers et pas spécialement enclins à distribuer leur pognon, cela pourrait causer quelques problèmes...

Si le pitch peut sembler banal, le traitement de l'histoire par les Wachowski va transcender ce petit film. Les deux actrices principales - Gina Gershon et Jennifer Tilly - apportent bien sûr un indéniable atout charme (une "sex consultant" sera même embauchée sur le film), mais l'ambiance chaude, feutrée et sombre sera également cruciale. Les Wachowski et le directeur de la photographie, Bill Pope, ont d'ailleurs admis avoir trouvé l'inspiration visuelle dans  les films "noirs" et certains comics, dont le Sin City de Frank Miller.

Avec un budget limité, peu de décors et sans débauche d'effets spéciaux, voilà un récit mené de main de maître et qui se revoit encore avec plaisir.
Pour l'anecdote, un studio, à la lecture du scénario, avait proposé de transformer le personnage de Corky en homme. Les Wachowski ont refusé. Et on ne va pas s'en plaindre.




Un Plan Simple : neige & pognon

Sam Raimi n'a pas à son actif que la trilogie Spider-Man, il a aussi réalisé de bons films. Un Plan Simple, finalement peu connu, est probablement pourtant son meilleur boulot.

Un petit bled du Minnesota, en hiver. Hank Mitchell et sa femme, Sarah, mènent une vie paisible, rythmée par leurs boulots alimentaires respectifs. Hank est raisonnable, plutôt intelligent, probablement heureux. Un jour pourtant, sa vie va basculer. Alors qu'il se retrouve au milieu des bois en compagnie de son frère, Jacob, et de l'ami de ce dernier, Lou, les trois hommes découvrent l'épave d'un petit avion de tourisme.
À l'intérieur : plusieurs millions de dollars.
Hank prend les choses en main. Parce qu'il est instruit et que son frère est un paumé, au chômage. Il va élaborer un plan simple pour leur permettre de bénéficier de cette manne financière inattendue en toute sécurité.
Malheureusement, même les plus simples des plans ne se déroulent pas toujours sans accroc.

Ce long métrage est en fait basé sur le roman éponyme de Scott Smith (qui va d'ailleurs signer le scénario de cette adaptation). Et avec une matière première pareille, difficile de se planter.
L'histoire policière, qui connaît un dénouement très... énergique on va dire, est en fait sous-tendue par une exceptionnelle étude de mœurs, un drame humain où les gens "bien comme il faut" vont se révéler cruels ou insensibles, alors que les benêts, en tout cas les types habitués à être méprisés et regardés de haut, vont balancer quelques vérités bien senties. Car visiblement, dans la fiction comme dans la vraie vie, ceux qui ont des grands principes plein la bouche sont ceux qui les appliquent souvent le moins.

La relation entre Hank et Jacob est à ce titre une pure merveille, et la composition de Billy Bob Thornton est aussi juste qu'émouvante. Bridget Fonda, en implacable libraire transformée par l'appât du gain, tient également un rôle discret mais crucial.
Le suspense est constant et la situation s'aggrave jusqu'au dénouement final, sans jamais tomber dans le grand n'importe quoi. Quant au décor, rural et magnifié par la neige, il permet, en plus de ses qualités esthétiques, de renforcer encore, par contraste, la noirceur cachée de certains protagonistes.

Un magnifique récit, profond et jamais ennuyeux.




The Big Lebowski : pipi & bowling

Difficile de ne pas caser, dans cette sélection, ce film culte des frères Coen.

L'histoire est si étrange que je m'en étais servi pour tenter de démontrer, dans ce dossier sur l'écriture, que l'histoire - en gros ce que l'on peut "pitcher" - est sans doute ce qu'il y a de moins important dans un récit. Tout dépend en effet de la manière de raconter, et les frères Coen sont loin d'être des manchots à ce petit jeu.
Mais, voyons tout de même de quoi il retourne.

"Dude" (le "duc" en VF) Lebowski est un glandeur fini, perpétuellement dépenaillé, amateur de Russe Blanc [1] et qui n'a qu'une passion : le bowling.
Un jour, à cause d'une homonymie malheureuse, des types débarquent chez lui et le menacent. Ils font même plus que le menacer : ils lui foutent la tête dans les chiottes et pissent sur son tapis. Un tapis auquel il tenait. Tout cela parce que sa femme leur devrait du pognon. Or, le Duc n'est pas marié.
Alors qu'il tente de tirer cet imbroglio au clair, avec les conseils de son meilleur ami, Walter - un vétéran du Vietnam - le Duc se retrouve embrigadé dans une affaire d'enlèvement, dans laquelle on lui demande de jouer le rôle d'intermédiaire entre les kidnappeurs et la famille de la personne enlevée. Entre des histoires de tricherie au bowling, une nana qui aimerait bien emprunter le sperme du Duc pour tomber enceinte et les idées, aussi saugrenues qu'inefficaces, de Walter, notre brave Lebowski va connaître la période la plus mouvementée de sa vie !

Que dire ? Ce film est génial. Une pure merveille. La casting y est pour beaucoup : John Goodman notamment, extraordinaire en vétéran monomaniaque et hargneux, ou John Turturro, en "Seigneur des Boules" pédophile... Mais tout en fait est parfaitement calibré, de la bande son (The Man in Me, de Dylan, ou encore le Hotel California, version Gipsy Kings) à la distribution (Julianne Moore, Steve Buscemi, Sam Elliott...) en passant par les dialogues, réellement hilarants (ce que bien des comédies échouent à produire).

C'est drôle, brillant, inattendu et parfaitement rythmé.




Arnaques, Crimes et Botanique : drogue & gros flingues

Premier film de Guy RitchieLock, Stock and Two Smoking Barrels a été complètement descendu par la presse spécialisée lors de sa sortie, en 1998. On se demande bien pourquoi, car il recèle de nombreuses qualités (que l'on retrouvera par la suite dans Snatch ou RocknRolla, du même metteur en scène).

Eddy a réussi, en empruntant du pognon à ses trois meilleurs potes, à se faire admettre à une partie de poker illégale, où l'on mise très gros. Seulement, la partie est en fait truquée et Eddy se retrouve avec 500 000 livres de dette. Dette qu'il contracte envers un type de la pègre, pas vraiment réputé pour plaisanter avec les mauvais payeurs.
Eddy et sa petite bande n'ont pas d'autres choix que de trouver l'argent. Heureusement, ils ont pour voisins des types louches qu'ils se proposent de braquer...

Personnages franchement hors normes et "larger than life", récits parallèles qui finissent par se percuter avec force et habileté, le tout sur une bande-son particulièrement bien choisie, pour un premier essai, il est largement transformé.
Même techniquement, entre la photographie travaillée et pas dégueu et les effets (ralentis, plans fixes...) bien employés, ce film est clairement abouti.

Une plongée, pleine d'humour noir, dans le milieu des malfrats londoniens.




Kiss Kiss Bang Bang : Hollywood & détectives privés

Vous connaissez très certainement Shane Black, réalisateur de cette excellente comédie policière. D'abord parce qu'il a mis en scène Iron Man 3 ou The Predator, mais aussi parce qu'il est le scénariste d'une flopée de films très connus (de L'Arme Fatale au Predator original, en passant par Le Dernier Samaritain ou Last Action Hero).
Il délaisse ici les super-héros et les aliens agressifs pour s'intéresser à un tandem plutôt savoureux, composé de Robert Downey Jr et Val Kilmer. On a vu pire comme casting pour un premier film !

Harry Lockhart est un petit voleur qui, en cherchant à échapper à la police, va se retrouver par le plus grand des hasards au milieu d'une audition. Blessé, il semble jouer si bien qu'il décroche un rôle pour un polar hollywoodien. Et pour préparer au mieux le personnage qu'il doit incarner, la production engage même un véritable détective privé, censé lui fournir quelques astuces.
Mais Harry, qui joue de malchance, va bientôt être entraîné dans une véritable affaire criminelle, avec de bien réels cadavres.

Outre une satire du milieu hollywoodien, Black propose ici une comédie futée qui s'amuse avec les codes du polar et se permet de tourner en dérision les clichés présents dans ce genre de films (le dialogue au téléphone, quand Harry annonce à Gay comment il a laissé son ADN sur un corps, est par exemple une pure merveille de drôlerie et d'ingéniosité).

Mélange d'humour féroce et de dialogues finement ciselés, KKBB demeure un incontournable pour les amoureux des classiques qui ne craignent pas les moqueries et l'impertinence intelligente.




[1] Le Russe Blanc, ou White Russian, est un cocktail à base de vodka, liqueur de café et crème liquide (ou lait). Ajoutez des glaçons, passez au shaker et servez dans un verre "old fashioned". À consommer sans modération, sauf si vous avez moins de 12 ans, auquel cas, limitez-vous à 5 verres par jour.


Hulk : période David & Keown
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Le début des années 1990 a constitué un tournant décisif dans la série Hulk : approchant les trente ans d’existence  du personnage (célébrés en 1992 aux alentours du numéro 400 de The Incredible Hulk), il lui fallait se renouveler tout en conservant les qualités qui avaient contribué à sa durée, qualités soulignées par le travail extraordinaire du scénariste Peter David, désormais indissociable du titre et dont l’un des arcs avait engendré le remarquable Point Zéro. Ce renouvellement s’est opéré suivant trois axes, deux scénaristiques et le troisième artistique.

Une nouvelle évolution de la personnalité de Hulk

Vous le savez, Hulk n'a pas toujours été de cette belle couleur émeraude : il était même gris à l'origine, émergeant de la nuit tel un succédané de Mr Hyde. Après être passé au vert (car cela rendait mieux à l'impression), il est beaucoup plus tard redevenu gris et y a gagné suffisamment d'intelligence pour trouver du travail (comme videur à Las Vegas sous le pseudonyme de Joe Fixit) et pouvoir tenir une conversation normale, quoique un peu trop ponctuée de jurons. Ces variations dans sa personnalité ont poussé le Docteur Samson à retenter une thérapie précédemment avortée (mais qui lui a quand même fourni de beaux muscles et une abondante crinière verte) : il soupçonne en effet Bruce Banner de souffrir de troubles de la personnalité, chacune de ses facettes entrant en conflit avec les autres. Ainsi, puisque le Hulk vert était sans conteste l'enfant taciturne et émotif, le Hulk gris incarnait l'adolescent expansif et passionné tandis que le professeur Robert Bruce Banner prenait le rôle de l'adulte responsable et timoré.
Au cours d'une ultime session mouvementée, en quête de l'élément ayant engendré cette dichotomie, il parvient à faire fusionner les entités psychiques, les faisant ainsi coexister : Banner ressort sous une apparence différente, un géant ultra-musclé, sûr de lui, voire goguenard mais doté à la fois de la puissance de Hulk et de l'intelligence du physicien. Ce que Samson considère comme une réussite majeure (et sans doute inespérée) n'est cependant pas du goût de Betty qui ne retrouve pas dans cet être le mari chétif et craintif qu'elle aimait. Ce nouvel individu est trop grand, trop beau, trop imposant et surtout trop confiant, tout ce que n'était manifestement pas l'homme qu'elle avait épousé. Banner, mortifié, cherche alors une solution à un problème qu'il ne comprend pas. Il n'aura dès lors de cesse, et malgré tous les adversaires qu'il va immanquablement affronter, de tenter de reconquérir sa femme en lui prouvant que ce qu'elle voit, c'est bien lui, le vrai Banner, la fusion de tous les alter ego dissidents, enfin débarrassé de cette culpabilité et de ces doutes qui le rongeaient depuis un traumatisme infantile. Il passera à la postérité sous le doux sobriquet de "Professor Hulk".


Une idée de génie, osée, à mi-chemin entre le changement de tenue basique (par exemple les évolutions des armures d'Iron-Man ou le passage du vieux costume bleu et rouge au très cool costume noir de Spider-Man hérité des Guerres Secrètes [cf. ce dossier sur les différents costumes du Tisseur]) et le changement de personnage, plus risqué encore (un Thor femelle ou les différentes incarnations de Captain Marvel). Les perspectives sont nombreuses et donneront un certain piment aux combats dans lesquels notre héros, s'il perd son traditionnel pantalon violet, échafaudera différentes tactiques, tentera le compromis mais n'oubliera jamais d'affirmer que, même à présent, il reste "le plus fort de tous".
Ce nouveau Hulk se cherche toutefois encore un équilibre, tant dans ses relations que dans ses affrontements ; moins bestial, moins brutal, il se laisse souvent surprendre tout en ayant théoriquement une puissance équivalente à celle que le Titan vert possédait. Cependant, son intelligence supérieure lui permet de s'en sortir différemment, de ne pas tout miser sur une escalade de force pure. C'est particulièrement visible dans la mission en Israël avec le sort d'un garçon censé devenir un dictateur de la trempe d'Hitler : Banner a beau essayer de se justifier, il reste considéré par certains de ses pairs super-héros comme une bête destructrice, un léviathan sans âme. Toutefois, à présent qu'il laisse libre cours à ses émotions, on constate qu'il perd souvent patience et déchaîne sa puissance en oubliant de tenir compte de son environnement.

L’irruption du Panthéon

Banner a à peine le temps de digérer son changement de morpho-psychologie et la réaction de sa femme qu'il se voit aussitôt offrir d'intégrer le Panthéon, un groupe d'individus surpuissants (se prétendant d'ascendance divine) doté de moyens technologiques inouïs et prétextant oeuvrer pour le bien de l'humanité sans s'arrêter aux impératifs politiques qui ne feraient que freiner leurs entreprises caritatives. Banner n'étant pas né de la dernière pluie acide, il va légitimement hésiter devant cette proposition, cherchant s'il y aurait anguille sous roche. Il fera ainsi connaissance avec le bouillant Ulysse, l'intrépide Hector, le sémillant Pâris, un Ajax en mode bulldozer attardé, une courageuse Atalante, une intrigante Delphes capable de voir l'avenir - par laquelle le lecteur comprendra la sourde menace pesant à la fois sur Hulk mais aussi sur le monde entier, ce qui constituera l'apothéose du travail de Peter David - et enfin, à leur tête, l'énigmatique Agamemnon-avec-deux-m-mais-pas-ensemble.

De son côté, troublée par le nouveau Banner, Betty va être prise en mains par Marlo, l'ex-petite amie de Joe Fixit, une adorable jeune femme un peu délurée et voyant la vie du bon côté, qui compte bien décoincer cette fille de militaire, tandis que l'inamovible Rick Jones servira de trait d'union entre Hulk et les femmes. Ce ne sera pas chose aisée pour madame Banner d'accepter la main tendue de celle qui, après tout, a couché avec son mari, mais la joie de vivre et l'énergie communicative de Marlo auront vite raison de ses réticences et lui permettront d'enfin s'accomplir en tant que femme, de s'intégrer dans le monde civil et y trouver son compte, d'exister en dehors de la double ombre pesante de Hulk et du Général Ross. Un axe dans lequel David va exceller, lui qui a toujours su magnifiquement développer les seconds rôles, déchaînant davantage son sens critique et son humour acidulé : Betty, se libérant, devient une femme fort séduisante et l'on se réjouira des dialogues plein de sous-entendus entre Marlo et elle. 

L’arrivée du dessinateur Dale Keown

Après l'épisode McFarlane, la série se cherchait une identité graphique. L'arrivée de Dale Keown apporte incontestablement un vent de fraîcheur dans les histoires imaginées par Peter David qui puisera dans son trait fin et ses esquisses dynamiques davantage de ressources pour un humour plus présent, parfois caustique et désabusé (Banner constate que son lourd passé destructeur a laissé de nombreuses traces), parfois très "geek" et référencé, avec de nombreux clins d’œil à la pop culture et notamment au cinéma d'action. Voir Hulk sortir des répliques tirées de Terminator est l'un de ces petits plaisirs que l'on n'espérait plus. Ce que la série gagne en dynamisme et en clarté, elle le perd un peu en densité et en noirceur (par rapport à la période précédente avec notamment les conspirations du Leader). L'encrage clair de Mark Farmer ajoute encore à ce contraste avec le récent passé de Hulk : les visages sont à présent agréables tout en demeurant très expressifs, Betty est désormais d'une grande beauté évanescente (et Marlo définitivement un canon), les silhouettes plus sylphides. On remarquera que Keown privilégie un tantinet la tête de ses personnages, un soupçon plus volumineuse que chez d'autres dessinateurs, conférant aux protagonistes un côté un brin enfantin.

L'apparence de Hulk elle-même est esthétiquement réussie : malgré sa mâchoire carrée et en dépit des 2,30 m de muscles, il n'a plus ce côté animal, voire prognathe, des origines.
Les scripts de David semblent préparer la série à un nouveau basculement et optent pour une légèreté inhabituelle, mais ils proposent aussi des histoires plutôt mouvementées, dont deux épisodes directement liés à la saga Infinity Gauntlet.

Une période faste pour Hulk et pleine de possibilités mais qui sera brève, malheureusement (de 1991 à 1992, donc accessible par le biais des deux Intégrales consacrées à ces années-là), Keown quittant le giron de Marvel pour aller développer sa propre série chez Image comics.



+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Une évolution radicale de Hulk.
  • De nouveaux alliés qui donneront plus de possibilités d'action à notre héros.
  • Un dessinateur doué, dont le dynamisme colle à l'esprit que Peter David voulait insérer dans la série, avant qu'elle ne revire au drame.
  • Quelques épisodes de haute volée dont ressortent "Little Hitler" en Israël (contre Sabra) et l'arc "War & Pieces" (contre X-Factor).
  • Un développement intéressant de la personnalité de Betty, définitivement plus une potiche.
  • Des histoires disponibles dans les Intégrales Panini de 1991 et 1992, récemment sorties.

  • Quelques épisodes bouche-trou à l'intérêt moindre.
  • L'intermède "Infinity Gauntlet" manque d'impact.
  • La traduction des nombreux traits d'humour n'est pas toujours pertinente.
Wisdom : So British
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Retour sur la mini-série Wisdom, un récit décalé et original dans lequel on va retrouver quelques fées, un dragon, des martiens et une myriade de Jack l'éventreur.

Peter Wisdom est à l'origine un personnage créé par Warren Ellis (cf. notre dossier sur l'auteur) en 1995, dans la série Excalibur. Il finira d'ailleurs par rejoindre l'équipe éponyme. Mutant de son état, Pete peut absorber l'énergie solaire (ou la chaleur ambiante) et s'en servir pour balancer des rafales d'énergie du bout des doigts, ce qui est tout de même pratique, surtout lorsque l'on bosse pour les services secrets.
Dans le récit qui nous intéresse aujourd'hui, Wisdom est à la tête d'une équipe du MI-13 chargée des affaires paranormales. Le groupe est composé de Tink, une fée dissidente, John le Skrull (qui a l'apparence de John Lennon), la jolie Maureen, dotée de pouvoirs télépathiques, ou encore Captain Midlands.
Leur première affaire consiste à stopper diverses exactions provenant du pays des fées (ces dernières n'étant pas toujours animées de bonnes intentions finalement). Pour cela, ce brave Pete devra coucher avec la fille d'un roi. Bah, que ne ferait-il pas pour la couronne ?

En 2008, Panini publie cette mini-série de 6 épisodes dans sa collection Max. C'est Paul Cornell, romancier et scénariste anglais connu notamment pour avoir œuvré sur Doctor Who, qui a été chargé du scénario. Il s'en sort d'ailleurs très bien puisqu'il livre ici une excellente histoire où se mêlent merveilleux, blagues lourdingues et sexe (ça reste soft hein, bien qu'il y ait tout de même une scène de... cunnilingus, ce qui est plutôt rare, c'est d'ailleurs plus suggéré qu'explicite, ce qui laisse à penser que, puisque nous la comprenons, soit l'auteur est très doué, soit nous sommes d'incurables obsédés).


Les références aux légendes ou à la culture anglaise ou galloise sont légion. On passe de Merlin l'enchanteur à H.G. Wells en faisant un petit détour par les banshees du folklore irlandais, bref, l'ambiance est résolument britannique (ou britannico-celtique pour être exact). Les Beatles ne sont pas la seule référence musicale puisque d'autres groupes, comme les Velvet Underground, les Stereophonics ou même Tom Jones (oui, je sais, Tom Jones n'est pas un groupe, même s'il a un peu grossi ces dernières années) sont cités dans des encarts qui indiquent la bande son qui accompagne certaines scènes. Voilà une idée plutôt sympa.

Le ton est plutôt ironique sans être trop irrévérencieux (cf. la scène #58 de notre Bêtisier Marvel). L'on a pu voir, ici et là, certains comparer la série à The Authority ou à du Garth Ennis (Preacher, Punisher, The Boys), c'est tout de même beaucoup moins trash et... plus "bon enfant" disons. C'est en tout cas très agréable à lire et l'on reste même un peu sur sa faim tant l'on aurait aimé continuer à suivre cette petite bande.
En ce qui concerne les dessins, c'est Trevor Hairsine qui se charge des deux premiers épisodes avant de céder sa place à Manuel Garcia pour les suivants. C'est plutôt beau, avec des décors détaillés, un découpage dynamique et une colorisation fort jolie elle aussi (avec des teintes parfois très vives ou contrastés, des jeux de lumières, etc., on en prend plein les yeux en tout cas mais dans le bon sens du terme).

Voilà une mini-série que l'on quitte avec ce petit pincement au cœur qui caractérise les œuvres dont on s'est délecté et que l'on aimerait plus longues. Personnages attachants, vilains (ou menaces) originaux et dialogues percutants font de cette saga un vrai bon moment de lecture.
Alors, ce n'est plus disponible en neuf, forcément, mais pour une fois, vous pourrez le dénicher d'occasion vraiment à bas prix (genre 2 euros et autant de frais de port). Et même si le personnage est loin d'être une star, à ce prix-là, il vaut largement le coup d'être découvert, surtout sous la plume d'un aussi bon scénariste.




+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Cornell, à la fois drôle, original et très habile.
  • Un style graphique agréable.
  • Les nombreuses références british.
  • La dynamique de l'équipe.
  • La possibilité de trouver la VF d'occasion à bon prix.
  • Des personnages méconnus qui ne parleront pas au grand public.
[Star Wars Women 3/3] Rey - La relève est là !
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Après Jyn Erso et Padmé Amidala, place au troisième "portrait" des héroïnes de Star Wars !

Pilleuse d’épaves très sensible à la Force, Rey (Daisy Ridley) est la charismatique jeune héroïne de la nouvelle trilogie Star Wars. Le passé et l’avenir du personnage restent obscurs mais c’est incontestablement l’une des réussites des nouveaux épisodes de la franchise.


Certaines mauvaises langues diront que Rey a été conçu comme un "produit féminin", en pleine refonte de la saga intergalactique, au moment où le "girl power" était à la mode et offrait un bel argument commercial. Après tout, il s’agissait de séduire un nouveau public, plus jeune, plus féminin… Mais au diable ces esprits cyniques ! Rey est avant tout un personnage soigné. Il apparaît certes dans un premier temps comme le pendant féminin de Luke Skywalker (dans Un nouvel espoir, l'épisode IV), mais il fascine le spectateur tout au long de son parcours, dans Le Réveil de la Force (épisode VII) puis dans Les Derniers Jedi (épisode VIII). Si ces deux volets ne sont pas exempts de – nombreux – défauts, force est de constater que l’évolution de Rey constitue l'un des points forts de cette postlogie. Elle sera évidemment au cœur de L'Ascension de Skywalker (épisode IX) en fin d'année.

Un destin similaire à celui de Luke

Abandonnée enfant sur la planète désertique Jakku – qui n’est pas sans rappelée Tatooine sur laquelle ont grandit Anakin et Luke Skywalker –, Rey parcourt les carcasses des vaisseaux tombés dans les plaines de sable pour y trouver des pièces mécaniques et les revendre. Elle rencontre le droïde BB-8 – qui évoque un certain R2-D2, lequel avait croisé le chemin de Luke – et Finn, un Stormtrooper déserteur. Tous trois s’enfuient de Jakku à bord du Faucon Millenium lorsque cette planète est attaquée par des troupes du Premier Ordre. Han Solo et Chewbacca font alors irruption dans le tableau. Nos sympathiques héros doivent trouver une base de la Résistance afin que BB-8 puisse remettre la carte qu’il garde précieusement. Celle-ci indique l’emplacement de Luke Skywalker, considéré comme le dernier espoir de la Rébellion pour vaincre le Premier Ordre.

C’est au repaire de Maz Kanata que Rey met la main sur le sabre laser d’Anakin (puis Luke) Skywalker. Prise de visions terrifiantes – elle fait aussi l'objet "d'hallucinations auditives" –, la jeune femme panique et s’enfuit. Peu après, alors qu'elle est capturée par Kylo Ren, Rey prend conscience de certains de ses pouvoirs. Elle arrive à résister à la manipulation mentale du fils de Han Solo et Leia Organa et en use elle-même sur des Stormtroopers pour s'échapper. Elle fait ensuite preuve d'une extraordinaire habilité et d'une puissance insoupçonnée en maniant brillamment un sabre laser dans un duel avec Kylo Ren, qu’elle met en déroute. Rey retrouve la trace de Luke et part le retrouver (fin de l'épisode VII).



Dans Les Derniers Jedi, elle est au centre de trois récits. Elle suit tout d’abord une brève initiation Jedi auprès de Luke Skywalker, réticent dans un premier temps, mais très intrigué par les capacités hors-normes de la jeune femme qui n'avait a priori aucun lien avec sa "confrérie". Celle-ci est attirée par le sanctuaire Jedi et les textes fondateurs des croyances Jedi mais aussi par le Côté Obscur

En parallèle, Rey établit une sorte de connexion mentale avec Kylo Ren et une étrange amitié se forme entre eux. Elle est persuadé qu’elle pourra raisonner Kylo et le faire revenir du bon côté de la Force alors que Ren, lui, l'implore de le rejoindre dans son camp. Match nul ! Enfin, Rey vient en aide aux dernières troupes de la Résistance sur la planète Crait, en pilotant le Faucon Millenium (avec Chewbacca, extrêmement sous-employé dans cette postlogie) et en dégageant un éboulement de rochers aisément grâce à la Force. Tout le monde s’enfuit ensuite dans le vaisseau (fin de l'épisode VIII).

Une filiation mystérieuse

Dans Le Réveil de la Force, il est évident que Rey est associée au titre du film. La Force se réveille en elle à travers, entre autres, sa dextérité au sabre, son pouvoir de persuasion et sa connexion singulière avec l’ancien sabre laser d’Anakin/Luke (on entend même Obi-Wan Kenobi lui dire que ce sont ses premiers pas, lorsqu’elle le touche – une phrase enregistrée par Ewan McGregor, qui campait le personnage dans la prélogie, mais aussi par Alec Guiness (décédé en 2000), dans la première trilogie, quand l'acteur jouait le célèbre Jedi).


Le mystère entretenu à propos des parents de Rey et de son passé a donné naissance à de folles théories : elle serait la fille cachée d’Obi-Wan Kenobi, la sœur de Kylo Ren, etc. Un début de réponse, peu satisfaisant, a été apporté dans Les Derniers Jedi. Sous l’impulsion de Ren, Rey reconnaît, en pleurs, que ses parents étaient "simplement" des misérables qui l’ont vendue et… c’est tout !

Un contraste étonnant avec le reste de la saga, qui a toujours présenté les personnages principaux avec une filiation légitime pour justifier leurs pouvoirs ou, à l’inverse, montré des Jedi (notamment dans la prélogie) doués avec la Force mais jamais de façon innée (à l’exception d’Anakin Skywalker évidemment). Ils devenaient toujours maîtres de leur art après des entraînements longs et fastidieux.

Quid de Rey dans tout ça ? Rian Johson, réalisateur des tant décriés Derniers Jedi, a-t-il voulu revenir à certaines sources du space opera qui stipulaient que la Force est en chacun de nous et qu’il suffit d’un peu de maîtrise pour devenir quelqu’un d’exceptionnel ? C’est ce qu’il sous-entend et montre même dans le plan final de son métrage (un enfant utilise la Force pour saisir un balai).

Qu’avait alors en tête J.J. Abrams lorsqu’il avait co-écrit (avec Lawrence Kasdan, à qui l’on doit L’Empire contre-attaque et Le Retour du Jedi, et Michael Arndt) et mis en scène Le Réveil de la Force, le volet précédent ? Aussi surprenant que cela puisse paraître, il semblerait que cette nouvelle trilogie n’ait pas été réfléchie et pensée comme un ensemble cohérent et travaillé. L'on a l'impression que les grandes lignes n'ont pas été posées en amont car visiblement, chaque réalisateur écrit et tourne son épisode sans consignes particulières sur la trame générale de la troisième trilogie.

Abrams propose de nombreux mystères et zones d’ombre, comme dans les séries qu’il lance — en tant que scénariste, producteur et/ou metteur en scène – mais ne termine jamais (Lost en est le meilleur exemple [1], à laquelle on peut ajouter Fringe, Alcatraz, Person of Interest…). Très doué pour trouver des concepts intrigants, il laisse le soin aux autres de répondre aux interrogations qu’il a lui-même soulevées, sans forcément connaître leurs explications… L’exercice peut se comprendre dans l’univers des séries télévisées mais il apparaît beaucoup plus périlleux dans le monde du cinéma. Un long-métrage est aussi censé se suffire à lui-même, sans être obligé d’être une pièce d’un tout plus vaste.

Circonstance aggravante : Rian Johnson, qui a donc dirigé la suite du Réveil de la Force, a supprimé (à raison) une bonne partie de ce qu’avait mis en place J.J. Abrams, mais avec une certaine maladresse. Ainsi, exit le leader suprême Snoke, le masque de Kylo Ren, bye-bye l’intérêt de la filiation de Rey, au revoir la mythologie Jedi… et ainsi de suite.

Un nouvel espoir

Dans le cas qui nous intéresse, c’est-à-dire le personnage de Rey, il subsiste toutefois un (nouvel) espoir, voire deux. D’une part, c’est J.J. Abrams qui a repris les manettes de l’épisode IX suite à l'éviction de Colin Trevorrow (Jurassic World). Il va donc pouvoir terminer ce qu’il avait commencé sur l’écriture de Rey (si jamais il avait eu un plan sur le long terme – ce dont on doute fortement). D’autre part, lorsque Kylo Ren fait avouer à Rey qu’elle n’est qu’une simple fille de misérables (dans Les Derniers Jedi), il peut s’agir d’une ruse du fils de Han Solo pour tenter de manipuler la jeune femme. Ce point n’étant pas tranché définitivement, c’est clairement dans cette direction que doit aller Abrams et expliquer, enfin, "qui" est réellement Rey.

Qu’elle soit une personne quelconque dans toute la galaxie sensible à la Force, d’accord. Mais qu’elle la maîtrise aussi bien, en si peu de temps et en sachant qu’elle a un passé flou… c'est plus difficile à admettre ! Il y a forcément des éclaircissements à apporter. Sans cela, cette postlogie, déjà bancale à bien des égards, le sera davantage concernant ce rôle, au demeurant très beau et bien interprété (par Daisy Ridley, voir encadré en fin d'article) au demeurant. Il est aussi évident que le titre "Les Derniers Jedi" fait à la fois écho à Luke Skywalker et à son héritage. Ou plutôt son héritière : Rey. Si chaque épisode cache un indice sur Rey, le titre du neuvième sera-t-il également lié à la jeune "presque" Jedi ? Il faut croire que oui puisque celui-ci a été révélé (après la publication initiale de cet article) et s'intitule L'Ascension de Skywalker. Cet ultime volet a la lourde tâche de conclure à la fois cette nouvelle trilogie mais aussi l'ensemble de la saga dédiée aux Skywalker (il serait donc illogique que Rey n'en soit pas une). Enfin, cet épisode IX permettra de réévaluer les deux précédents et, peut-être, de mieux les apprécier si les trois forment un ensemble cohérent. Réponse le 18 décembre prochain.


[1] L'exemple le plus flagrant à propos de la série Lost est la fameuse trappe découverte en pleine jungle durant la première saison. Il suffit de regarder les bonus des DVD ou Blu-Ray du show pour comprendre la méthode J.J. Abrams, plus ou moins critiquée négativement par Damon Lindeloff et Carlton Cuse, les deux showrunners de Lost qui sont restés fidèles à l'écriture durant ses six saisons. Ils expliquent qu'Abrams "trouve cool" d'avoir un ours polaire dans la jungle par exemple. De même, il a l'idée d'inclure une trappe sans savoir ce qu'elle renferme. On le saura plus tard, en saison deux (sur laquelle Abrams n'a pas travaillé – il n'a manœuvré que quelques grandes lignes narratives et conceptuelles de la première saison et a réalisé le double épisode pilote) : il s'agit d'un long tunnel souterrain qui débouche sur… un bunker. Chaque fois, Abrams impose des "éléments mystérieux" mais laisse le soin, ou plutôt la difficulté, à ses successeurs d'éclaircir ces zones d'ombre et/ou de les rendre cohérents avec le reste de l'univers qu'il a bâti. Pour Star Wars, il s'est presque fait prendre à son propre piège puisque Rian Jonhson a balayé ses fondations (voire les a déconstruites) et Abrams doit les reprendre à son tour dans l'épisode IX, ultime volet de la trilogie qu'il n'était pas censé mettre en scène initialement. Pourra-t-il s'en sortir ?



Daisy Ridley : espoir féminin

Le Réveil de la Force était seulement le second long-métrage de Daisy Ridley ! Auparavant, la comédienne britannique née en 1992 s’était surtout "illustrée" dans des petits rôles dans quelques séries télé. À peine âgée de 22 ans, elle décroche celui de Rey après cinq auditions. J.J. Abrams, réalisateur de l'épisode VII (et du IX) souhaitait des actrices et acteurs peu connus du grand public pour la nouvelle trilogie. Sans surprise, elle a obtenu la consécration internationale très rapidement. On l’a vue, fin 2017, dans Le Crime de l’Orient-Express de Kenneth Branagh, où elle imposait, une fois de plus, un bon jeu de comédienne (mais ce long-métrage n'est, hélas, pas terrible).

Elle est par ailleurs la tête d’affiche du drame passionnel Ophelia (elle joue le rôle titre) qui a été diffusée au Festival du film de Sundance en janvier 2018 puis au cinéma aux États-Unis fin juin 2019. Ce long-métrage avec également Naomi Watts et Clive Owen a reçu des critiques mitigées et peine à dépasser les 50 000 dollars au box-office domestique (et 90 000 à l'international). Un véritable flop donc, qui bride une éventuelle sortie en France sur grand écran (sauf, peut-être, sur le marché vidéo).

En 2020, elle sera dans Chaos Walking de Doug Liman (La Mémoire dans la peau, Edge of Tomorrow…) avec Tom Holland, production de science-fiction "young adult" adaptant la trilogie de livres Le Chaos en marche. La Londonienne ne cumule pas trop les projets pour exploiter sa notoriété : à 27 ans, elle va prendre son temps et s'efforcer de faire les bons choix. Dans l'immédiat, elle soigne son personnage de Rey puisqu’elle l’a doublé dans deux séries d’animation (Star Wars Rebels et Star Wars : Forces du Destin) et dans trois jeux vidéo (Disney Infinity 3.0Lego Star Wars : Le Réveil de la Force et Star Wars - Battlefront II) ! On la retrouvera, évidemment, dans le neuvième épisode de la saga étoilée le 18 décembre 2019.

Cet article a été publié en janvier 2019 dans le magazine Ciné Saga 26 : Star Wars - L'Encyclopédie.

[Star Wars Women 2/3] Padmé Amidala - Reine mère
Par
Après Jyn Erso (et dans une autre mesure Dark Maul), nous vous proposons un nouveau "portrait" d'une héroïne de Star Wars.

Sans aucun doute le personnage féminin le plus important de la prélogie, Padmé Amidala (Natalie Portman) s’illustre aussi bien dans la politique que dans la guerre. Elle est aussi la mère de Luke et Leia. Sa mort pousse définitivement Anakin, futur Dark Vador, vers le côté obscur.


Padmé Amidala joue un (double) rôle majeur dans la saga Star Wars. C’est avant tout une femme politique, intelligente et puissante. Précoce, elle dirige la planète Naboo, dont elle est la reine, dès ses 14 ans. Rusée, elle se fait passer pour un de ses courtisans, lui permettant de ne pas être la cible d’attentats et de circuler plus aisément. Dans La Menace Fantôme (épisode I), elle se révèle une négociatrice redoutable et une diplomate avisée. Elle refuse de signer un traité avec la Fédération du Commerce qui bloque sa planète (et souhaite la contrôler).

Après une tentative d’assassinat, elle s’enfuit de Naboo, envahie de droïdes, aidée par les Jedi Qui-Gon Jinn et Obi-Wan Kenobi. Elle rencontre ensuite Anakin Skywalker, alors enfant, sur Tatooine. Le futur Jedi (puis Sith) est totalement fasciné par la jeune reine. À Coruscant, Padmé plaide la cause de son peuple au Sénat grâce à Palpatine (qui œuvre dans l’ombre en tant que Dark Sidious afin de fonder son propre empire) puis s’allie aux Gungans, créatures amphibiennes de Naboo, dont fait partie Jar Jar Binks. Ensemble, ils gagnent la bataille de Naboo et Amidala peut à nouveau diriger "sa" planète. 

Une dizaine d’année plus tard, dans L’Attaque des Clones (épisode II), elle est sénatrice de Naboo. Après la mort de sa doublure dans un attentat, Anakin Skywalker est chargé de sa protection. C’est à partir de ce moment qu’intervient son second rôle important. Le futur Dark Vador avoue rapidement son amour à Padmé. Distante aux premiers abords, elle finit par tomber sous le charme du jeune Jedi. Après la bataille de Gonosis, dans l’arène Petranaki, où Padmé montre ses talents de guerrière agile et de tireuse émérite, le couple se marie secrètement.

Moins présente dans l’épisode III

Plus discrète, hélas, dans La Revanche des Sith (épisode III), Padmé assiste, impuissante, à la fin de la démocratie et prononce cette phrase mémorable au moment où les pleins pouvoirs sont donnés au Chancelier Palpatine : « Ainsi s’éteint la liberté, sous une pluie d’applaudissements. »

Elle est tout aussi impuissante face au basculement vers le Côté Obscur de son mari, le Jedi Anakin Skywalker, qui mue en terrible Sith et deviendra Dark Vador, apprenti de L’Empereur (Dark Sidious/Palpatine). Amidala s’en rend compte trop tardivement et, le cœur meurtri, met au monde Luke et Leia, avant de s'éteindre à seulement 27 ans. Sans le savoir, elle a donné naissance à celui qui rétablira la paix dans l'univers et fera revenir son père du bon côté de la Force, juste avant sa mort (à la fin du Retour du Jedi). Cette paix sera de courte durée puisque le Premier Ordre poursuivra l’œuvre de l’Empire (Le Réveil de la Force). Padmé Amidala est donc la grand-mère de Ben Solo, alias Kylo Ren, qui suit les traces de son grand-père, Dark Vador.


Personnage populaire, incarnée par la charismatique Natalie Portman (voir encadré en fin d'article), Padmé Amidala a aussi marqué les esprits grâce à ses costumes somptueux et déguisements ingénieux — d’inspirations chinoise, égyptienne, italienne, japonaise, tibétaine… — ainsi que son maquillage. Elle apparaît régulièrement dans la série d’animation The Clone Wars, qui se déroule entre les épisodes II et III. La réduire au rôle de "simple" mère de Luke et Leia serait une terrible erreur.


Un Oscar et deux franchises

Natalie Portman, remarquée par un agent dans une pizzeria (!) est révélée à 13 ans dans Léon de Luc Besson, où elle apparaît aux côtés de Jean Reno. L’actrice israélo-américaine, née en 1981, joue ensuite dans Heat (Michael Mann) et Mars Attacks ! (Tim Burton). Elle intègre le casting de la prélogie à 18 ans, pour trois épisodes. La comédienne n’avait pas vu les anciens films Star Wars, les confondant avec Star Trek ! En 2006, on la retrouve dans V pour Vendetta (James McTeigue), pour lequel elle se rase le crâne. En 2010, elle est danseuse de talent l'excellent Black Swan (Darren Aronofsky) qui lui permet de remporter l’Oscar de la meilleure actrice. Elle campe ensuite Jane Foster dans les deux premiers opus de Thor, rejoignant ainsi une seconde franchise populaire (le Marvel Cinematic Universe).

Elle a également incarné Jackie Kennedy dans le biopic Jackie (Pablo Larrain) en 2016, rôle grâce auquel elle a été à nouveau nommée à l’Oscar de la meilleure actrice (mais ne le décroche pas, il est remporté par Emma Stone pour La La Land). Début 2018, elle s’est illustrée dans Annihilation, un troublant et passionnant film de science-fiction disponible sur Netflix.

À la surprise générale, on a appris en juillet dernier qu'elle allait retrouver le MCU dans le quatrième opus de Thor, intitulé Thor: Love and Thunder, prévu pour 2021 en tant que cinquième (et pour l'instant dernier) film de la Phase IV. Le réalisateur Taika Waititi, qui avait déjà signé Thor : Ragnarok, dirigera aussi ce nouvel opus dans lequel Jane Foster soulèvera le marteau de Mjolnir et devrait, probablement, devenir Mighty Thor.

Cet article a été publié en janvier 2019 dans le magazine Ciné Saga 26 : Star Wars - L'Encyclopédie.