Publié le
2.4.24
Par
Virgul
Gros plan sur Wehrmacht 46 - L'arsenal du Reich.
Et si la Deuxième Guerre mondiale n'avait pas pris fin en 1945 ? Voilà l'hypothèse, souvent rencontrée dans de nombreuses uchronies (cf. par exemple Wunderwaffen ou Le Maître du Haut Château), qui est ici reprise par les éditions caraKtère afin de proposer deux ouvrages techniques extrapolant l'armement que le IIIe Reich aurait pu aligner en 1946.
Le premier tome est consacré à la Heer (infanterie) et à la Panzerwaffe (blindés), le second tome regroupe les éléments de la Luftwaffe (aviation), de la Kriegsmarine (marine), des Waffen SS ainsi que les armes nucléaires. Bien entendu, il ne s'agit pas d'inventer de toutes pièces des avions de chasse ou des fusils d'assaut, mais bien de se baser sur les recherches et les prototypes d'époque pour avoir une projection la plus réaliste possible et dévoiler quelles auraient été les doctrines d'utilisation des différents équipements et véhicules, ainsi que les unités concernées.
Le contenu est particulièrement complet et soigné, avec schémas, photos et dessins de qualité, associés à une mise en page claire et élégante. Chaque tome (160 et 207 pages) présente une couverture souple et un papier glacé du plus bel effet.
Le prix (39,90 euros pour chaque volume) est en adéquation avec le format (21 x 28,5 cm environ), la qualité générale et la masse de travail nécessaire pour aboutir à un tel résultat.
À conseiller aux passionnés d'Histoire, d'armes, mais aussi aux auteurs cherchant de la documentation, voire même aux amateurs de jeux de rôles.
Publié le
1.4.24
Par
Virgul
Sortie cette semaine d'un beau livre très attendu : Le froncé qu'je jactent, par Geneviève Coulomb, aux éditions Panini.
Virtuose de la plume, grande amoureuse de la langue française, traductrice décriée pour ses audaces et son goût pour l'expérimentation, Geneviève Coulomb est enfin reconnue pour son immense talent grâce à un ouvrage compilant ses plus belles expressions, issues des collections de comics qu'elle a enchantées.
Panini ne s'y est pas trompé et propose un bel écrin pour ces textes qui portent haut les couleurs des lettres françaises : grand format, belle reliure en cuir et vernis sélectif pour ce lourd ouvrage de 288 pages, proposé pour la modique somme de 79,00 euros. Le livre revient également sur l'enfance et le passé mouvementé de la traductrice, en conflit dès le collège avec ses professeurs de français et d'anglais qui ne comprenaient pas qu'elle était tout bonnement en avance sur son temps.
En partenariat avec la boutique Atonal Comics, Panini offre également un beau cadeau aux 100 premiers fans qui vont se ruer sur Le froncé qu'je jactent. En effet, les 100 premiers exemplaires de cette édition limitée seront accompagnés d'un magnifique lot de briquettes Weber afin d'alimenter votre barbecue cet été ! Quoi de mieux que de dévorer un bon livre tout en dégustant une saucisse bien grillée ?
Avec cette ode époustouflante à la littérature, Panini inscrit son nom en lettres d'or au firmament de la Culture avec un grand C... C comme Coulomb bien entendu. À noter que deux autres ouvrages sont en préparation dans la même collection : La grinmaire d'jadis qui approfondira l'aspect technique du style coulombien, ainsi que La ganache fait le zouave à Paname, qui aura un côté plus autobiographique et dévoilera la fabuleuse ascension de Geneviève au sein du monde de l'édition. De beaux moments de lecture en perspective.
Quelques élégants extraits de l'ouvrage :
— La môme Mary Jane m'a p't'êt ben tapé dans l'œil, mais si je me monte en mayonnaise pour cette louloute, je pourrais bien morfler la chicousta du siècle !
— Fume, Wolverine ! Si tu continues à plafonner du neutron tu vas t'esbigner avant qu'j'te berlure.
— Voyons Reed, tu passes tout ton temps au labo, il faudra pas t'étonner si un jour j'ai les soufflets qui s'emmêlent en croisant un gazier reluisant. Ça m'en jetterait un jus qu'il me patafiole.
— C'est décidé, je prends les grands moyens sous le feu des hostilités. Y a toujours façon débrouiller si farfadet est pris des glaces. Je dois yoyoter en étant copain de l'autre.
— J'ai la cancoillotte qui s'débine dans l'arrière-boutique mon quichon. Tu mords la jactance ?
Publié le
28.3.24
Par
Vance
De prime abord, le roman de Mark A. Latham donne cette désagréable impression de répondre à cette question qu'on se posait tous quand on était des gamins, avec nos figurines de super-héros : qui est le plus fort entre [insérer ici deux héros qui ne devraient normalement pas se rencontrer] ? En l'occurrence, qui entre le redoutable Van Helsing, pourfendeur de vampires, et le génial Holmes possède le cerveau le plus brillant ? Confronter les écrits de Conan Doyle et ceux de Bram Stoker était forcément tentant, presque autant que faire enquêter le célèbre détective sur le cas de Jack l'Éventreur - ne serait-ce que parce qu'ils abordent des événements contemporains. D'ailleurs, Fred Saberhagen (l'auteur de la série sur les Berserkers), l'avait tenté à deux reprises comme dans l'Affaire Holmes-Dracula en 1978 (voir ci-contre).
Comme l'explique l'auteur anglais dans une postface, si l'on part du principe que les événements décrits dans le roman de Stoker se déroulent en 1893 (de nombreux éléments viennent corroborer ce fait, même si quelques autres sont moins concluants), Holmes pourrait parfaitement s'y intéresser puisqu'il est établi qu'il a repris du service vers 1894, trois ans après sa "mort" dans la nouvelle le Dernier Problème. Latham reprend pour le coup la même structure narrative (c'est donc Watson qui raconte l'histoire à la première personne) afin de nous relater cette étonnante aventure. Peu de temps après les faits présents dans la Maison vide (premier texte du recueil le Retour de Sherlock Holmes), le résident de Baker Street se voit confier un dossier envoyé par son frère, Mycroft : le "Dossier Dracula". Si Mycroft désire son aide c'est que cela doit être un problème fort épineux, et qu'il en va de la sûreté de l'État.
Ce dossier consiste en un ensemble de notes fondées essentiellement sur les témoignages des survivants de cette affaire qui a troublé la capitale britannique : les circonstances de la mort de plusieurs personnes à Londres apparemment liée aux agissements d'un mystérieux comte roumain dont la traque a été menée par le professeur Van Helsing assisté de quelques acolytes (soit vous avez lu le roman de Stoker, ou vu le film de Coppola, ou encore parcouru le très bel album - voir ci-contre -de Georges Bess auxquels cas les noms de Mina Murray ou R.M. Renfield vous seront familiers ; sinon, vous pouvez faire un tour sur nos sélections consacrées aux vampires et à l'évolution du mythe). Très vite, notre détective s'aperçoit d'incongruités dans la suite des événements rapportés : certains éléments ne collent pas entre eux et il entrevoit aussitôt une machination cachée derrière ce que le grand public a cru. Pour Holmes, résolument cartésien (comme pour l'affaire du Chien des Baskerville, il se montre hautain voire cassant lorsqu'on aborde devant lui le surnaturel), il n'y a jamais eu de vampire, de malédiction ou de sortilèges, mais plus probablement une série d'actes savamment orchestrés visant à jeter de la poudre aux yeux dans le but de dissimuler des agissements nettement moins glorieux qu'une hypothétique chasse au monstre. Dès lors, un duel à distance entre Abraham Van Helsing et le grand détective peut s'enclencher et, si le premier dispose de plusieurs coups d'avance, et nargue constamment notre héros, le lecteur sait que ce dernier dispose toujours d'atouts dans sa manche qu'il ne révèle qu'en temps utile - et dont souvent Watson ne sait rien.
L'intrigue, tortueuse à souhaits, bourrée de personnages secondaires pour lesquels un tableau généalogique ne serait pas de trop, progresse de manière classique par révélations, coups du sort, intervention d'adjuvants et prise de risques. Sans sortir des schémas dévoilés dans le canon holmesien, le détective déploie ici toute sa palette de talents : il les lui faudra pour espérer venir à bout d'un adversaire au moins aussi coriace que Moriarty. Ses remarquables facultés d'observation et de déduction sont largement mises à contribution, toutefois on le verra aussi mêlé à des pugilats (les fans du détective savent qu'il est adepte d'un art martial asiatique et que Guy Ritchie n'a donc que peu exagéré ses aptitudes physiques dans ses deux films - voir ci-dessous) et même défendre chèrement sa vie à coups de revolver.
Face à lui, les masques tombent et bon nombre de personnages s'avèrent bien différents de ce que le public croyait savoir. Le tout est mené bon train, en dehors d'un ou deux chapitres un peu plus longs dans lesquels Sherlock se lance dans de grands dialogues visant à dévoiler, quoique très progressivement, les éléments de l'enquête qu'il a réussi à recouper.
Pas de quoi s'ennuyer, d'autant que les réflexions du bon docteur, toujours aussi titillé par son ami - qui le pousse régulièrement à déduire par lui-même - ponctuent certains événements avec un humour bon enfant. On regrettera peut-être quelques accrocs dans la construction et une conclusion sans doute un peu hâtive, mais le roman est une réussite dans ce que les puristes appellent des "pastiches", d'autant que Bragelonne a soigné la présentation de cette collection cyberpunk avec une couverture qui se voit ornée de filigranes dorés dont les motifs sont repris en tête de chapitres, et dont les pages s'avèrent dotées d'une tranche tout aussi dorée, ce qui fait de ce volume un bel objet à glisser dans une bibliothèque.
Pour le coup, attendez-vous bientôt sur UMAC à une chronique sur les romans de Lovegrove issus de cette même collection avec Holmes se frottant au mythe de Cthulhu... Sinon vous pouvez également voir ce que donnent les adaptations en bande dessinée ou en manga des aventures du plus célèbre des détectives.
| + | Les points positifs | - | Les points négatifs |
|
|
|
Publié le
24.3.24
Par
Vance
Même mineur, un Garth Ennis n'est jamais anodin. Ce n'est pas pour rien qu'il est un des scénaristes de comics les plus commentés sur UMAC, et les plus appréciés. Si son goût pour la violence brute rappelle parfois Frank Miller, il a également un côté provocateur à la Mark Millar, mais qui repose sur des bases solides, des thèmes savamment mis en scène et une histoire consciencieusement construite. Pour ces raisons-là, il est un peu le pendant du neuvième Art d'un Philip José Farmer, aimant explorer les dessous occultes des histoires séculaires. Et le voilà qui s'essaie au western ! Comment ne pas succomber lorsque l'album passe à portée de bras...? Certes, on avait pu déjà voir son aisance avec le genre dans Just a pilgrim, mais il s'agissait d'une série post-apocalyptique. Sous-titré en français (dans la collection "100% Fusion Comics" de chez Panini, édition 2012) la Dernière Bataille, il regroupe les 6 épisodes de la mini-série entièrement dessinée par Mike Wolfer pour Avatar Press. Aïe ! Là c'est moins reluisant car, si cet artiste a déjà illustré les plus grands (de Warren Ellis à Alan Moore), son graphisme produit des personnages généralement laids aux visages grossiers. Cela dit, il est plutôt efficace dans les scènes d'action et se révèle assez démonstratif au niveau du gore (comme on peut le constater dans Gravel ou Stitched). Qu'est-ce que cela va donner dans la représentation du Far West ?
Eh bien, le moins que l'on puisse dire, c'est que les dessins de Wolfer, selon qu'on les apprécie d'emblée ou pas, permettront de rentrer plus ou moins aisément dans l'histoire. Le prologue d'une page (un vieil homme assis dans un diner se met à raconter son passé à la serveuse) n'est pas encourageant, pas plus que les premières pages se déroulant dans les hautes plaines où Pete et son frère sont en vadrouille. Mais voilà que leur pique-nique vespéral est interrompu par une bande d'outlaws sans scrupules. Le jeune Pete, tétanisé, aurait pu, aurait dû y laisser sa peau avec celle de son frangin sans l'intervention providentielle de Joe Dunn, vétéran de la Guerre de Sécession. Là, d'un coup, la lecture s'accélère, les cases se teintent de sang, les coups de feu claquent et les cadavres jonchent la prairie. C'est donc en compagnie d'un homme dont la lourde et funeste réputation le précède que Pete va faire son entrée à Gladback, une bourgade jusque là tranquille. Dunn n'est pas là par hasard : s'il retrouve quelques vieilles connaissances, il y a aussi Shelley, une femme avec qui, il y a longtemps, il avait eu une relation... Son arrivée coïncide malheureusement avec celle d'un riche magnat de l'industrie du rail et le retour du pire ennemi de Dunn, un Indien féroce et cannibale nommé Red Crow...
Si certaines des thématiques abordées par Garth Ennis, notamment dans la seconde partie du récit, rappellent des films comme Pale Rider, on y sent également l'influence d'œuvres comme Impitoyable ou la Prisonnière du désert, ainsi que des similitudes avec le travail de David Gemmel sur le personnage de Druss, le vieux guerrier (rédemption, honneur, sacrifice, héroïsme et transmission, vous voyez le topo). On s'aperçoit aussi que, après les réticences du début, pendant lequel chaque case arrachait une grimace devant des profils simplistes ou des faciès grotesques (on a parfois l'impression que les personnages portent des masques de carnaval), on se laisse facilement porté par le déroulé du récit avec ce héros du passé, hanté par les remords, marqué par la vie, à la parole rare mais au geste encore vif, surtout lorsqu'il s'agit de dégainer. C'est l'un de ces cow-boys coriaces, machos au grand cœur, qui parsèment les westerns de papy, durs au mal mais cachant au fond d'eux une tendresse imprévue, systématiquement voilée par la brutalité de la guerre et l'intolérance des hommes. Le jeune Pete, avec sa fraîcheur et son innocence, sera marqué à jamais par les événements qui ont ponctué son arrivée à Gladback et par les exploits de ce vétéran, souvent décrié, mais dur à cuire, et qui lui sauvera la couenne plus d'une fois. En bon Candide pied-tendre, il assistera au dernier round de l'ancien soldat devenu chasseur de primes face à qui se dresseront un démon assoiffé de sang et un être plus vil encore, bien que plus discret. C'est lui qui raconte l'histoire d'ailleurs, et on pourrait presque entendre sa voix off dans certaines scènes.
On glorifie tous notre passé et nos amours car nos souvenirs sont parfois trop durs à supporter.
Publié le
23.3.24
Par
Virgul
Hey les matous, ça ronronne dans les chaumières ?
Je vais vous présenter aujourd’hui un projet un peu… étrange, qui est à la fois très couillon, jubilatoire et clairement sans limites.
Cette idée a été inspirée par quelques souvenirs d’enfance, un passage au rayon playmobil d’une grande surface et l’ambiance rétro des vieux pulp d’aventure.
Le tout a donné… Gontran Venture, le roi de l’aventure !
Alors, le concept, c’est que ce brave Gontran devienne le playmobil ayant vécu le plus de péripéties au monde. Des exploits à la fois très réalistes (saut en parachute, vol en planeur, des éléments qui font partie du monde Playmobil), mais aussi très… décalés ou parodiques (faire du surf dans une machine à laver, passer tout un trajet attaché aux essuie-glaces d’un véhicule, se retrouver dans un sarcophage de glace, se faire tirer dessus à la carabine à plomb, descendre un véritable toboggan à taille humaine sur un quad Playmobil, etc.).
Filmer tout cela serait complexe, aussi a-t-il été décidé de prendre quelques photos de chaque exploit, important ou anecdotique (vous verrez que le coach de Gontran n’est jamais à court d’idées étranges).
Nous vous invitons donc à suivre dorénavant les aventures de Gontran, le plus petit Mosellan mais le plus grand des aventuriers !
Et pour débuter : Gontran Venture #1 – Le Sarcophage de Glace
Gontran Venture s'était levé avec une sévère gueule de bois, des trous de mémoire concernant sa soirée de la veille et des traces de rouge à lèvres sur le caleçon qui pouvaient laisser envisager que lesdits trous de mémoire étaient regrettables. Il but un café noir pour chasser d'éventuelles idées de la même teinte puis se mit en devoir de prendre une longue douche brûlante. Il s'habilla ensuite, cherchant encore à se souvenir avec qui il avait pu passer la nuit. Il tapota son chapeau sur sa jambe, l'enfonça sur ses cheveux blonds encore humides, puis... fut saisi par d'étranges tentacules beiges ! Gontran hurla de terreur et tenta de combattre le monstre qui venait de faire irruption dans sa petite maison Playmobil aux couleurs criardes, achetée à crédit. Peine perdue. Gontran fut entraîné vers un énorme container en plastique, rempli d'eau. Les tentacules le plongèrent dans le réservoir. Gontran se mit alors à flotter. Les mêmes tentacules revinrent le manipuler, faisant sortir de son chapeau et de son arrière-train les quelques bulles d'air qui le maintenaient à la surface. Gontran, horrifié, coula alors, ne parvenant à garder en dehors de l'eau que le bord de son chapeau. Puis, le container fut scellé et placé dans un endroit sombre et froid. Gontran tenta d'appeler à l'aide.
— Hé... je... au secours ! J'ai le plastique qui gèle là ! Ohoooh ! Venez m'aider, quelqu'un ! Si c'est à cause d'hier soir, je suis désolé, je ne savais pas qu'elle était mariée...
La température baissa encore, plongeant Gontran dans un état semi-léthargique. Ce n'est qu'après de longues heures d'angoisse et de frissons que Gontran fut ramené à la lumière du jour. Des géants se tenaient auprès de lui, un hideux sourire aux lèvres. Ils lui annoncèrent alors :
— Bravo Gontran ! Tu t'en es super bien tiré. À Partir de maintenant, tu vas être le plus grand aventurier de Moselle. Et du monde Playmobil.
Gontran, qui n'était pas très futé, pensa que le succès et la gloire venaient enfin de frapper à sa porte. Il se mit à sourire en décongelant lentement, prêt à assumer cette nouvelle vie de héros ainsi que le pognon et les filles qui allaient avec.
Bonus : la fiche de personnage de Gontran !






























