Strangers : Prey at Night
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Ah, le bon vieux film d'horreur qui accumule les clichés et les comportements idiots, on se dit en général que c'est une époque révolue, que plus personne n'ose écrire et réaliser des thrillers sans originalité ni vraisemblance ? Eh bien non, on a même eu droit l'année dernière à un candidat au titre du plus beau représentant de ce genre.
Et il s'intitule Strangers : Prey at Night.

Alors, l'histoire. Dans la famille Crétin, voilà le papa, la maman, le fiston et la fille un peu rebelle que l'on va ramener en pension. Mais, avant cela, pour resserrer les liens, papa et maman Crétin on l'idée de s'arrêter dans un camping désert, où ils s'installent joyeusement dans un bungalow afin de jouer aux cartes.
Mais la fille rebelle n'aime pas ça les jeux de cartes. Elle préfère aller fumer une clope dehors, comme une vraie rebelle qui se tartine le fion de l'état de ses poumons. Elle est bientôt rejointe par son frère, qui lui est un crétin raisonnable qui va lui donner plein de bons conseils. D'ailleurs, lorsqu'ils trouvent une baraque grande ouverte, ils ont tous les deux la brillante idée d'aller farfouiller dedans. C'est là qu'ils découvrent un premier cadavre et que les décisions intelligentes vont s'accumuler.

Bien, maintenant qu'on a un peu planté le décor, voyons plus précisément ce qu'est ce... truc. Réalisé par Johannes Roberts, qui visiblement est au cinéma ce que Francky Vincent est à l'art lyrique, ce long métrage est écrit par Ben Ketai et Bryan Bertino. D'après des personnages créés par Bertino (apparemment, il tenait à ce qu'on précise ce fait, et effectivement, ça serait dommage de ne pas revendiquer la paternité de tels couillons).
S'être mis à deux pour pondre une saloperie pareille, c'est déjà en soi un petit exploit. Car tous les poncifs du genre sont méticuleusement étalés, au point que l'on pourrait croire à une parodie s'il n'y avait pas une absence totale d'humour et de second degré. Les personnages se séparent en faisant des groupes de 2, puis des groupes de 1, ils n'achèvent pas (évidemment !) les tarés qui veulent les trucider, ils se mettent systématiquement en danger de la manière la plus idiote possible, les tueurs se "téléportent" toujours au bon endroit au bon moment, bref, un festival. Et précisons qu'il n'y a aucun "spoiler" dans ce qui suit. Il est virtuellement impossible de "gâcher" un tel navet (du moins, les scénaristes s'en sont très bien chargés tout seuls).

— Maman, nous sommes attaqués par une petite fille qui avance lentement et est armée d'un simple couteau, que faire ?!
— Attends ma chérie, je téléphone à SOS Dindes en Détresse, ils nous aideront sûrement. 

Commençons par maman Crétin. Elle est dans la salle de bain, une gamine équipée d'un couteau enfonce la porte, et elle, au lieu de se défendre... elle lui tourne le dos. Elle s'obstine, vraiment, à se faire charcuter de dos, sans jamais faire un geste pour tenter de maîtriser une ado. Du coup, on est bien content quand maman Crétin se fait buter. Bien fait, connasse, t'avais qu'à pas avoir un QI inférieur à ta pointure de godasse !
Toujours être dos à l'agresseur. La Base. 
Papa Crétin, c'est bien aussi. Il est au volant de sa bagnole, dans le camping (il ne roule donc pas à 180 sur l'autoroute, on est d'accord). Il se prend un truc sur le pare-brise, ce qui suffit à lui faire perdre totalement le contrôle de son véhicule. Au point qu'il ne freine pas, s'engage dans un énorme virage inutile et va (pas très violemment) percuter un bungalow (autrement dit, un machin en carton qu'on pourrait bousiller à la main).
Malgré ça, il parvient à s’assommer sous la "violence" du choc. Quand il revient à lui, un tueur s’assoit dans la caisse, sur le siège passager. Papa Crétin ne peut pas s'enfuir (il s'est empalé sur un morceau de bois qui a traversé la bagnole, haha), mais bon, il a l'usage de ses bras, il pourrait résister un peu, mettre un pain au mec, non, il se contente de pleurnicher. Du coup, il y passe. Bien fait aussi !

Rendu à ce moment-là du film, c'est déjà insupportable. Tout est tellement con, que ce soit les réactions des personnages, les effets téléphonés, les blessures aux effets surprenants, que l'on n'a qu'une seule envie : qu'ils crèvent tous le plus rapidement possible.
Mais c'est long, parce que la fille rebelle et le frangin Crétin ont de la ressource. Étonnamment même de ressource pour des gens à ce point dénués de cerveau. À un moment donné par exemple, le frère a un flingue dans la main. Il tient en joue l'un des tueurs (tueurs qui viennent de buter sa mère et blesser grièvement son père et sa sœur). Qu'est-ce qu'il fait ? Il bute le taré ? Non, il le tient en joue puis s'enfuit, avant de trouver le moyen de perdre le flingue !!
Ah, mais quel con !!
Et puis, il faut voir la scène quand le père file le flingue au fils. Il lui demande s'il sait s'en servir (un revolver, il n'y a rien de plus simple, en même temps, bon, il y a bien des gens qui ne savent pas apparemment se servir d'une boussole, donc ne sous-estimons pas les abrutis), il répond "non", et le père lui dit "tu le charges et tu appuies sur la détente" (ou un truc dans le genre). Déjà, qui, au nom du ciel, a besoin qu'on lui explique une telle évidence ?? En outre, l'explication est débile, ça revient à dire, pour quelqu'un qui ne sait pas piloter un avion, "tu décolles et tu voles jusqu'à ta destination".

Il y aurait encore beaucoup à dire, comme le flic, qui se fait tuer de la manière la plus improbable qui soit, alors que la fille voit parfaitement arriver le meurtrier. On se tape en plus, évidemment, la fausse mort du dernier méchant. Quant aux motivations des tueurs (de la famille Tueur, en fait), elles sont inexistantes. Pourquoi vous faites ça ? "Pourquoi pas ?" répondra l'un des demeurés. Ah ben, attention, ça philosophe sévère, on sent le brainstorm jusqu'au bout de la nuit...
Arrrh, tout est tellement stupide et d'une pauvreté affligeante que ça donne des envies de meurtre. Et le meilleur pour la fin : un joli "rien ne sert de courir" sur l'affiche et le DVD de la VF (ben, si, parfois, il vaut mieux courir que de ne rien faire) et un magnifique "d'après des faits réels". Si c'est exact, si ces gens se sont fait buter de la manière dont le film le décrit, alors il ne s'agit pas de meurtres mais de sélection naturelle. Merci Darwin et tant pis pour la famille Crétin.

Un catalogue de tout ce qu'il est permis de rater et bâcler dans un récit.
Collector.

Attends petit, je vais t'apprendre à respirer par le dos, comme une baleine !




+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Ben, heu... rien. Ah si, la bande-son, à base de musique des années 80, est cool, bien que rien dans l'histoire ne justifie un tel parti pris, mais bon, on n'en est clairement plus là. 
  • Les personnages sont débiles.
  • Le scénario accumule les clichés et les invraisemblances.
  • Les tueurs sont débiles.
  • Certaines scènes constituent une insulte à l'intelligence des spectateurs (même des spectateurs les plus modestes à ce niveau-là).
Prodigy, tome 1 : la Terre maléfique
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Edison Crane s'ennuie. C'est constant chez lui. Du coup, afin de tromper son ennui, il accepte les défis les plus irréalistes, enquête sur les affaires les plus improbables tout en bûchant sur un projet scientifique qui sauvera le monde, guérira les maladies ou empêchera le réchauffement climatique. Tout ça en même temps. Car Edison Crane est un être à part, le plus puissant cerveau de la création (en tout cas, c'est ce qu'il aime à penser et personne n'a pu le contredire), et il a un constant besoin de l'alimenter par des problèmes, des équations, des énigmes ou autres jeux d'esprit.
Déjà, ça pose son bonhomme. Sauf que Crane ne se contente pas d'être un super-nerd (ou geek) et s'est bâti depuis tout jeune un corps d'athlète ainsi que des capacités qui en font un combattant d'exception, un tireur d'élite et un espion hors-pair.
Ouais, le gars a tout ce qu'il faut. Et bien entendu, il a la classe et son prestige rejaillit également sur son charme - bien qu'on ne saura pas grand-chose dans ce volume sur sa vie sexuelle, sans doute trépidante, quoique hors sujet. À moins que... ?

Prodigy, la Terre maléfique est donc conçu comme le premier tome des aventures de ce sur-être (à moins qu'on lui préfère le terme d'hyper-être évoqué en exergue de la Brigade Chimérique - cf. cet article). Avec son allant habituel, Mark Millar expédie l'exposition de son héros avec efficacité et pragmatisme, sur un tempo rappelant l'abattage de Cumberbatch dans la série Sherlock - ce dernier étant l'un des trois modèles ayant servi de base à la conception de notre héros syncrétique, qui tient également, si l'on en croit la préface, de Bruce Wayne et d'Indiana Jones. Avec un soupçon d'Evel Knievel...


Cette fois, loin de Kick-Ass ou de Wanted [voir notre dossier spécial sur Mark Millar], point de personnage principal de basse extraction qui s'élèvera à la force du poignet : ces quêtes-là sont loin derrière notre Crane adulte, qui nous donnera en flashback quelques indications sur les rares moments délicats de sa vie passée (comme lorsqu'il a entrepris d'apprendre les arts martiaux en un week-end histoire de corriger les rustres qui l'avaient un peu trop secoué à l'école). Néanmoins, s'il a acquis ce qu'il faut de maturité et de sagesse en devenant littéralement le sauveur d'une humanité en déroute - l'homme vers lequel on se tourne quand on n'a plus de solution - il a conservé une parcelle de son esprit aventureux, de cette jeunesse fougueuse dont il est trop vite sorti, ce qui l'incite à accepter certains challenges impossible que lui envoient des fans en délire. Au-delà des réussites personnelles, de la résolution de problèmes ou d'équations insolubles, des bienfaits qu'il octroie sans contrepartie (l'argent n'est pas un souci pour quelqu'un ayant un cerveau capable de prévoir les cours à Wall Street ou deviner les cartes de ses adversaires), Crane fonctionne surtout à l'adrénaline, et n'aime rien tant que mettre sa vie en danger pour l'accomplissement illusoire d'un exploit surhumain.
Bref, un super-héros sans cape mais au costume impeccablement taillé, ayant bâti une organisation philanthropique à laquelle les gouvernements n'hésitent guère à demander de l'aide.

Or, parmi les différents cas qui lui sont soumis ce matin, celui de ces matérialisations d'objets survenant en Australie attire son attention, en tout cas une parcelle substantielle de sa concentration, tandis qu'une autre partie de sa psyché travaille à la réalisation d'un projet permettant à la Terre d'éviter un cataclysme planétaire prochain. Et lorsqu'un agent de la CIA vient personnellement lui demander de l'aide concernant cette histoire (qui a entraîné la mort d'un éminent professeur), il décide de s'y pencher encore davantage. Sans se douter (mais un intellect tel le sien peut-il vraiment ignorer les tenants et aboutissants d'une telle affaire ?) qu'il allait fourrer le doigt dans un engrenage mettant au jour une vaste machination, une organisation millénaire et un projet de conquête... extraterrestre.


À la mode Millar, l'irruption du surnaturel intervient relativement vite, le temps qu'on se soit familiarisé avec le héros et son entourage. Les chapitres s'enchaînent rapidement, sur un rythme exigeant, qui nous rappelle aussitôt que Millarworld a été racheté par Netflix depuis 2017 [cf. cet article], et que ce projet est virtuellement destiné à devenir une série TV. Du coup, autant de cliffhangers viendront conclure chaque chapitre, pour une histoire toute en accélération mais manquant parfois de substance, multipliant les fausses pistes pour se précipiter vers une conclusion forcément prévisible - et, du coup, décevante. Même si Crane est constamment sur le fil, multipliant les prises de risques qui sont autant de boosts d'adrénaline, on ne parvient guère à trembler pour un homme qui semble tellement au-dessus de tout, capable de jouer sur plusieurs fronts à la fois. On se demande juste comment il s'en sortira, avec quelle joyeuse lucidité précognitive il avait prévu de réussir son coup au nez et à la barbe de ses adversaires, même les plus coriaces. On est ainsi plus proche du vidéoludique que du roman d'aventures, même si Mark Millar a singulièrement ce don pour nous pondre des méchants vraiment pourris jusqu'à la moelle, voire carrément une organisation occulte de bad guys qui rappellent un peu ceux de Luther Strode.

Intense et délassant, ce volume est conçu comme la tête de pont d'une série qui pourrait fort bien faire recette. Restreignant ses ambitions tout en laissant parler ses fantasmes habituels, l'auteur écossais signe un script jubilatoire bien que superficiel, particulièrement bien servi par un Rafael Albuquerque très à l'aise, capable d'impulser encore un peu plus d'énergie dans des planches au design léché, d'ajouter un peu de grâce et d'élégance à un scénario brutal qui enquille séquences de haut-vol et tueries gratuites.

Sans doute un peu m'as-tu-vu, loin de la portée d'un Old Man Logan voire d'un Superior, mais tout de même moins grotesque que Nemesis. Attendons la suite pour nous faire une idée définitive.




+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Un héros décomplexé, totalement supérieur au reste de l'humanité : super-intelligent, super-cool, super-classe...
  • Des méchants qui font le mal pour le mal, complètement archétypaux, rongeant l'humanité depuis des millénaires et attendant leur heure...
  • Une entame dynamique, des enchaînements de séquences ludiques, un bel équilibre entre action pure et réflexion, avec quelques cliffhangers astucieusement placés...
  • Des dessins très réussis d'Albuquerque, capables d'ajouter un peu de sensitivité à une histoire qui va à cent à l'heure, un peu de finesse dans des situations frisant le grotesque.

  • ... et donc un héros forcément un peu too much, au point qu'on ne risque pas de vibrer pour sa survie tant il a de la marge par rapport à ses adversaire.
  • ... et donc des méchants forcément un peu caricaturaux, fondant leurs actes sur des principes discutables et se comportant souvent de manière stupide.
  • ... et donc forcément une sensation d’artificialité dans la construction, un manque de substance des personnages et un scénario prétexte à l'introduction du personnage central de la série.
Les Bestioles et Noël
Par

Petit message alternatif suite au discours de Pantoufle, le « chat pas sympa » appuyé par la SPA de Colmar.
Je connais bien le sujet vu que je suis un chat. Dorloté, certes, mais conscient des pratiques actuelles. Par contre, je suis persuadé que l’on n’éduque pas les gens en les engueulant. Ça aurait même tendance à les braquer. Alors, je vais essayer de faire passer le même message en restant cool. Parce que je sais que la plupart d’entre vous sont bien intentionnés.

Je suis un être vivant.
On peut décider de m’adopter, mais on ne peut pas « m’offrir ». Je ne suis pas un jouet. Et la personne visée par un tel « cadeau » n’a pas forcément conscience de ce que ça implique comme responsabilités, travail, ressources financières et amour.  
Une fois arrivé dans un foyer, je serai un membre de la famille, à part entière. Dont il faudra s’occuper. Même si je fais des bêtises (dont je n’ai pas conscience). C’est à peu près pareil pour mes amis canins, rongeurs ou volatiles. Si vous décidez de nous adopter, vous prenez une responsabilité qui vous engage pour longtemps.

L’adoption d’un animal ne se décide pas sur un coup de tête, encore moins au moment des fêtes.
Il faut en parler au sein de la famille, se renseigner, peser le pour et le contre, puis, si réellement le foyer (l’arrivée d’un animal engage tout le monde) est prêt, alors… vous allez peut-être faire le bonheur d’une petite bestiole.
Mais surtout, pensez bien à tout ce qui sera désagréable. Une petite boule de poils, aussi mignonne soit-elle, doit aussi être bien nourrie, vaccinée, s’amuser, sortir et se dépenser, avoir un espace à elle, et pouvoir compter sur vos soins, ce qui suppose que vous puissiez vous renseigner sur ses besoins et lui accorder du temps.

Tout cela n’est pas forcément si énorme pour bénéficier de l’amour inconditionnel d’un animal. Mais pour nous, les bestioles, c’est indispensable.
Nous dépendons de votre gentillesse et de votre maturité.
Merci à tous nos amis humains qui nous aiment et prennent soin de nous !



Alice Matheson, saison 1 (6 tomes)
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« Je me nomme Alice Matheson.
Je suis une infirmière qui tue discrètement ses patients.
Je pensais être le seul monstre qui hante cet hôpital.
Jusqu’à cette nuit où ma patiente s’est relevée d’entre les morts. »

 

 
La sortie du tome 6 de Alice Matheson nous offre  l'occasion de revenir un peu sur cette série éditée par Soleil.

À l’origine du scénario, on trouve Jean-Luc Istin (oui, le co-initiateur de la série concept Elfes dont je vous ai déjà parlé à deux reprises puisqu’elle engendra d’autres séries comme Maîtres Inquisiteurs, Nains, Orcs et Gobelins et enfin… Mages, dont vous pourrez trouver mes chroniques des tomes 1 et 2 ici-même) et Stéphane Betbeder.
Au dessin se succédèrent Philippe Vandaëlle  (tome 1 et… retour au tome 6, belle façon de souligner le « retour à la normale » qu’est l’arrêt de l’épidémie), Zivorad Radivojevic (tomes 2 et 3), Federico Pietrobon (tome 4), Lucio Leoni et Emanuela Negrin (tome 5).
Les couleurs, elles, froides et cliniques, sont initialement l’œuvre de Jean Bastide (tomes 1 et 2) et c’est dans un total respect de cohérence graphique que Digikore Studio poursuivra ensuite le travail.
Alice Matheson, ce sont six tomes à ce jour décrivant un arc entier et autosuffisant appelé « Saison 1 » (ça devient très à la mode, ces derniers temps).

Le thème


Pour beaucoup, Alice Matheson n'est sans doute qu'une énième histoire fantastique à la sauce zombie dont la seule caractéristique originale est de se dérouler dans un hôpital. Si l'on se limitait à regarder les couvertures des albums, on pourrait en effet souscrire à cette idée mais ce serait aller un peu vite en besogne et oublier de tenir compte du fait que cette série s'inscrit bel et bien dans la collection "Anticipation" de son éditeur et non dans une approche fantastique du phénomène zombies.
En effet, l'on a ici un traitement doublement original de l'apparition des zombies dans la bonne ville de Londres, tant au niveau du point de vue que du contexte. Et l'un comme l'autre déploient tout un éventail d'arguments ancrant le récit dans un environnement réaliste et contemporain.

Le point de vue


Notre héroïne, Alice, n'est rien d’autre que ce que les tabloïds appellent "un ange de la mort", une de ces infirmières donnant prématurément la mort à des patients qu'elle estime condamnés à plus ou moins court terme.
Mais Alice est plus complexe que ça. Dès les premiers instants, l'on apprend qu'elle n'a nul besoin de ce travail pour vivre et qu'elle est très largement surqualifiée pour le job. La demoiselle ne donne pas la mort à ses patients en raison d'une pitié quelque peu dévoyée mais elle a au contraire choisi d'être infirmière pour avoir des patients à se mettre sous la seringue ! Alice est une prédatrice. Intelligente, séduisante et d'une totale insensibilité, elle s'interroge elle-même fréquemment sur sa sociopathie en en cherchant les origines dans son passé... passé sans doute très traumatisant puisqu'elle a tout oublié de son enfance et ne se souvient finalement de ses jeunes années que depuis son adoption par la très opulente famille Matheson.
L’on pourrait reprocher à la série la difficile identification à son héroïne mais… cet argument usé jusqu’à la corde est d’une pauvreté abyssale et, dans ces abysses, on ne trouve nulle trace de pertinence. J’adore lire Les Annales du Disque-Monde, du regretté Sir Terry Pratchett, et principalement ceux impliquant Mémé Ciredutemps. Il m’est pourtant impossible de m’identifier à une vieille sorcière adepte de têtologie, crainte de tous, vivant dans une zone boisée d’une planète plate et circulaire posée sur le dos de quatre éléphants eux-mêmes juchés sur le dos d’une tortue géante errant dans l’espace… Mais ça marche quand même ! Même sans m’identifier à personne. Parce que l’histoire est prenante, parce que le style me plaît et parce que, si Mémé n’a rien de sympathique, son manque apparent d’humanité est mis en situation de contraster avec la bonhommie de ses consœurs. La mayonnaise prend et ça suffit amplement.
Alice ne ressent aucune émotion, certes. Elle n’attire guère la sympathie, certes. Si vous me dites vous identifier à elle, je vous conseillerai d’urgence de consulter un professionnel compétent, certes. Mais elle est intrigante, intéressante, troublante. Elle est mystérieuse et maîtrise une forme de séduction venimeuse et mensongère qui ne peut que susciter curiosité et intérêt. À certains moments, lorsqu’elle nous explique sa façon de naviguer parmi nous en multipliant les masques, feignant les émotions, stratégisant le moindre contact avec autrui, elle a beau ne pas être sympathique, elle n’en est pas moins fascinante.
Et comme c’est aussi le cas pour Mémé Ciredutemps, sa froideur offre un contraste entre elle et son entourage. En effet, là où les sens et les passions n’affectent aucunement notre tueuse, tous ses collègues, eux, en sont les marionnettes : l’un est obsédé par une femme, un autre est amoureux d’une morte au point de faire des folies, un troisième couche avec tout ce qui bouge au point de même tourner autour d’Alice malgré sa froideur, une femme négligée et moquée avoue sa passion amoureuse en sacrifiant sa vie… Alice est un glaçon dans une fournaise. Et c’est précisément parce que, malgré la chaleur, le glaçon ne fond pas le moins du monde qu’il finit par être intéressant.
De plus, même si ma phrase va paraître étrange, la sociopathie est un élément narratif terriblement actuel. Cette passion que nous avons pour les thrillers, les faits divers et les tueurs en série est une caractéristique contemporaine qui permet à cette série de paraître parfaitement actuelle et réaliste.


L’environnement


Sans la composante zombie et l’urgence bien compréhensible qui en découle, cette histoire pourrait bien être un épisode de Grey’s Anatomy un peu glauque qui aurait décidé de faire de l’œil aux spectateurs d’Esprits Criminels en choisissant comme personnage principal la sœur sexy de Dexter. Mais cet environnement hospitalier est surtout, à mes yeux, l’endroit privilégié pour faire ce que la plupart des autres récits de zombies ne font pas : donner au phénomène une explication médicale, cartésienne et même lui offrir une origine crédible et originale (pour le béotien moyen en médecine que je suis, en tous cas).
Vous ne trouverez ici que des comportements pragmatiques et plutôt rationnels de la part des personnages diplômés et, finalement, seul Sam Gibbs, le geek de service sous-qualifié passionné de survival, se la jouera The walking dead en s’armant et en fonçant dans le tas. Avouez que c’est quand même rafraîchissant, pour une fois, de ne pas voir comme unique réaction de la part de gens voyant une invasion de morts dans les rues : « J’ prends mon shotgun et j’ casse du zombie… et si j’ croise un autre taré comme moi, j’ trouve une raison pour lui trouer la peau à lui aussi… parce que la solidarité en période de crise, c’est très surfait ! » Vous croyez que je vise The walking dead, là ? Moi ? Mais non, jamais !
À dire vrai, j'aime bien The walking dead mais force est de constater que cette série fait naître autant d'espoirs qu'elle en assassine... et depuis quelques tomes déjà, les espoirs ont ressuscité et Rick les a plantés sans plus aucune chance de retour.  

Un survol rapide


Tome 1 : Jour Z. On découvre Alice et sa vilaine addiction au meurtre de personnes à l’agonie. Dans la morgue où elle s’y adonne, les morts se relèvent… elle y comprend qu’il faut leur blesser le cerveau pour les arrêter, ce qui fait d’elle la première experte de ce problème. Un des zombies disparaît de l’hôpital… la contamination à l’extérieur commence.
Tome 2 : Le tueur en moi. On étudie de plus près les infectés de façon médicale pendant que la situation se complexifie pour Alice. L’étau se resserre sur elle et elle doit gérer de plus en plus de problèmes… à sa criminelle façon. Son passé, lentement, refait surface.
Tome 3 : Sauvez Amy ! Ce tome nous expose les vices de plusieurs membres du personnel hospitalier qui, la plupart du temps, causeront plus ou moins leur perte. Alice se souvient le temps d’une vision de ceux qu’elle identifie comme ses parents. Une ancienne connaissance reprend contact avec elle et l’on en apprend plus sur les masques que porte Alice en société pour cacher son manque d’émotions. Les événements prennent bientôt un parfum de trahison.
Tome 4 : Qui est Morgan Skinner ? Cet album est quasi uniquement centré autour du grave secret que cache Skinner, le directeur soupçonneux de l’hôpital. Ce long développement aux allures de quasi spin-off offre à Alice un moyen de pression sur son patron trop curieux.
Tome 5 : Les obsessions de Sam Gibbs. Sam est un obscur membre du personnel d’entretien, un peu trop geek, un peu trop gras, un peu trop banal pour être remarqué dans cet hôpital où l’on croise le haut du panier de la médecine londonienne. Mais c’est pour ainsi dire un standalone que ce tome lui offre pour exprimer sa passion et ses frustrations, tant Alice est peu présente dans ce livre un peu atypique dans la série mais néanmoins bien foutu et utile à la conclusion de l’arc narratif.
Tome 6 : L’origine du mal. Ou l’origine des maux puisque ce tome au titre honnête nous révèle l’origine de l’épidémie et effleure l’origine possible des troubles comportementaux de notre sombre héroïne. Une conclusion au goût de situation initiale qui laisse présager d’une saison 2 moins claustrophobe et plus nécessairement sous forme de huis clos : Alice s’est libérée de l’hôpital et le monde s’offre à elle… un monde où son besoin de tuer à nouveau se fait déjà sentir !


La construction narrative


Une construction en parallèle, un peu métaphorique, saute aux yeux : l’environnement hospitalier qui y est décrit, avec ses obsédés, ses queutards et ses coucheries multiples est un magma de vie dans lequel s’insinue la mort, gueule béante et chair putréfiée… un peu comme Alice injecte elle aussi la mort. Sauf qu’elle le fait dans le corps de patients alors que l’épidémie le fait, elle, dans tout le corps… médical !
Une autre construction, en miroir, s’étale au long des six livres : plus la mort s’invite, claudicante et avide, sous formes de morts-vivants, moins Alice a l’opportunité d’infliger la mort à des vivants. C’est même ce manque qui créera chez elle la frustration suffisante pour la pousser à découvrir la cause de l’épidémie et aider à l’endiguer, lui permettant donc de reprendre en fanfare ses exécutions.
C’est donc paradoxalement par attrait pour la mort que l’héroïne va restaurer le respect de la vie. Parce que si Alice désire quelque chose, c’est contenter ses pulsions meurtrières et, pour cela, il faut que chaque chose soit à sa place, que les morts le soient pour de bon… sa passion est de voir la vie s’enfuir des yeux de ses victimes, ce n’est pas pour les voir se rallumer, fut-ce d’une lueur plus faible !
Au fil de l'histoire, on se questionnera autant sur les origines d'Alice que celles de l'épidémie. Les six tomes de cette série auront le bon goût de ne pas vous laisser sur votre faim : vous apprendrez beaucoup de choses sur le passé d'Alice (même si certaines zones d'ombres subsistent, justifiant l'existence des tomes à venir) et découvrirez à l'épidémie une véritable explication qui semble crédible et scientifique au profane que je suis (par contre, l'idée étant plutôt bonne et originale, je ne vous la divulgue pas... je dirai juste que cette astuce scénaristique m'a étrangement fait penser à Deadpool, mais ça doit être moi, j’ai tendance à faire des connexions bizarres, parfois).

La qualité graphique


À mon sens, on ne prendra pas cette série en défaut à ce point de vue.
Malgré les changements de dessinateurs, les styles restent très proches les uns des autres et l'alternance se fait à peine sentir. La charte graphique constante aide à la cohérence de la collection. C’est beau, sobre, traité de façon assez réaliste et crue et cela colle parfaitement à l’ambiance nécessaire pour que cette histoire fonctionne. Hôpital, zombies et meurtres obligent, on a droit à une palette dominée par des verts « médicaux », des couleurs claires livides et des rouges bien sanglants… quoi de plus logique !


En conclusion…


Alice Matheson est une série intelligente, graphiquement un peu austère mais à juste titre et qui a le bon goût, narrativement, d’être tout ce que la référence The walking dead n’est pas ou pas assez.
Ici, pas de mec pouilleux qui a du mal à survivre face à des cadavres qui clopinent, non… Ici, on a une femme supérieurement intelligente habituée aux meurtres. La mort est son jardin. Face aux zombies, nulle peur… juste une sorte d’agacement : ces morts qui reviennent à la vie, c’est pas de la belle ouvrage !
Ici, la société n’est pas dirigée par des gogols qui ne pensent pas à tenter de circonscrire la propagation du phénomène : l’armée est vite déployée en un cordon sanitaire et adopte des stratégies certes perfectibles mais vraiment pas absurdes pour limiter les dégâts.
Ici, pas de gunporn à outrance : ces crétins de zombies peuvent être enfermés, attachés, on peut les ralentir, les arrêter avec n’importe quel outil permettant d’endommager le cerveau. Les seuls qui abordent le problème en fonçant dans le tas comme l’ami Rick le paient de leur vie. Ici, c’est l’intelligence et la ruse qui permettent de survivre.
Ici, quand un gars vous trahit, il a ses raisons, pas juste parce qu’il est d’un autre camp… les humains, par défaut, se serrent les coudes quand les macchabées nous la jouent Thriller.
Ici, l’épidémie a un fonctionnement et une origine. Parce que bon, il est bien gentil, le brave Eugène de The walking dead mais il nous a fait miroiter au bout de maints albums une explication à cette apocalypse zombie pour finalement se dégonfler comme un tas de fake news fadasses. Et que c’était frustrant ! Que j’ai eu envie de mettre une bonne fessée déculottée à tous les gars dont le nom était écrit sur la couverture de cet album quand on a appris la vérité sur l’ami Gégène !
En bref. Si vous aimez les histoires bien foutues avec des changements de points de vue, des héros atypiques, des zombies et un peu d’anticipation ; si vous aimez vous dire « Bah ouais, logique ! » à la vue d’une réaction face au danger et non pas « Mais ne fais pas ça, débiloïde ! Tu penses à quoi ? » ; si vous aimez avoir entre les mains de la bonne bande dessinée contemporaine jouant avec les codes de plusieurs genres sans jamais trop se perdre et respectant assez le lecteur pour apporter de vraies réponses aux questions qu’elle soulève… eh bien Noël approche, les gars ! Six tomes sous le sapin !
Demandez une sociopathe à Papa Nouyel !



+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Un cycle qui relate en six tomes une vraie histoire avec un début, un milieu et une fin.
  • La vraie fin ne clôt néanmoins pas la série.
  • L'histoire est cohérente.
  • Le dessin est beau.
  • Le choix de la palette de couleurs est efficace.
  • L'héroïne est atypique.
  • Le genre zombiesque un peu revisité.

  • Le changement de dessinateurs, même si ça ne se voit guère.
  • Quelques personnages intéressants sous-exploités mais tous ne pouvaient s'illustrer, il fallait bien que certains se fassent trucider.
  • Quelques longueurs de-ci de-là et quelques répétitions dans l'introspection d'Alice.
First Look : Tanguy et Laverdure
Par


Nouveau First Look consacré cette fois aux débuts d'un duo mythique : Tanguy et Laverdure.

Les aventures des Chevaliers du Ciel débutent dans le journal Pilote, en 1959. Le premier album sera publié en 1961. Aux commandes de ce titre, Jean-Michel Charlier au scénario et Albert Uderzo aux dessins, qui sera remplacé plus tard par Jijé.
Notons qu'à l'époque, les trois grands magazines publiant de la BD disposent chacun de leur série d'aviation : Pilote accueille donc Tanguy et Laverdure, Spirou publie Buck Danny, et le journal Tintin dispose de Dan Cooper. Fait exceptionnel, Charlier a travaillé sur les trois titres (il est à l'origine  et le scénariste historique  de Buck Danny et Tanguy et Laverdure, mais il interviendra aussi sur trois tomes de Dan Cooper). On lui doit également, entre autres, la série western Blueberry ou encore Barbe-Rouge. Il fait sans conteste partie des plus grands auteurs de la BD franco-belge et bien des adultes de nos jours lui doivent leur passion des drôles d'engins qui traversent les cieux.
Après un arrêt en 1988, le titre est relancé en 2002 et compte aujourd'hui 33 albums, auxquels il faut ajouter une seconde série parallèle, baptisée Tanguy et Laverdure Classic (qui comprend 3 albums), plus un album spécial 60 ans (cf. cette news) et, bien entendu, les tomes de l'Intégrale.
Nous allons aujourd'hui nous intéresser non pas au seul premier album des Chevaliers du Ciel mais justement au premier volume de l'intégrale, ce qui permettra de faire un point sur ces rééditions.

Le premier tome de l'intégrale publiée par Dargaud contient les albums L'École des Aigles et Pour l'Honneur des Cocardes. C'est le volume le plus "léger" (120 pages, les suivants faisant entre 168 et plus de 200 pages).
En ce qui concerne l'histoire, l'on découvre ici les premiers pas de Michel Tanguy et Ernest Laverdure en tant que pilotes. Fraîchement issus de l'École de l'Air de Salon-de-Provence, les deux hommes arrivent à la base de Meknès (Maroc) pour y suivre une formation poussée sur le combat tactique. À l'époque, les héros volent encore sur Fouga Magister et Lockheed T-33. Ils ne recevront leurs Mirage III que dans l'album L'Escadrille des Cigognes (à découvrir dans le tome 2 de l'intégrale).
Outre la gestion houleuse d'un coéquipier hautain et maladroit, Tanguy et Laverdure devront faire face au détournement d'une fusée expérimentale française.

Ponctuation "free style" et lettrage un peu limite... le point faible d'une Intégrale pourtant magistrale.

Dès les premières planches, les rôles sont immédiatement distribués, avec un Tanguy posé et raisonnable accompagné d'un Laverdure gaffeur et excentrique. Les gags, plutôt sympathiques, viennent agréablement entrecouper les scènes d'action, forcément nombreuses. La série flirte aussi bien avec l'espionnage que les missions plus traditionnelles, le tout dans l'ambiance, étonnamment pas si désuète que ça, du début des années 60.
L'écriture de Charlier s'avère en effet suffisamment intemporelle pour que l'on puisse prendre plaisir, de nos jours encore, à la lecture de ces péripéties parfaitement orchestrées. Uderzo, plus connu sans doute pour son travail sur Astérix, livre lui aussi une magnifique prestation dans un style réaliste et dynamique, qui parvient sans problème à retranscrire les évolutions des appareils. Les avions, tout comme les différents équipements, sont d'ailleurs parfaitement représentés.

Mais voyons maintenant les particularités de cette belle Intégrale. Tout d'abord, les bonus sont incroyablement nombreux et passionnants. Tout au long de la collection, l'on va découvrir de courts récits inédits, des documents techniques, des extraits de tapuscrit, des illustrations et des reproductions de planches (souvent propres au magazine Pilote), le tout étant parfaitement explicité et remis dans le contexte de l'époque, avec force informations et anecdotes. L'on a clairement l'impression d'une véritable valeur ajoutée à l'ensemble. Une curiosité : le roman L'avion qui tuait ses pilotes (de Charlier himself), publié initialement dans la Bibliothèque Verte (et introuvable de nos jours), est repris intégralement dans les tomes 7 et 8.
Au niveau des épisodes, là encore, un grand soin a été apporté à cette réédition. Outre une colorisation revue, l'on va disposer de l'intégralité des planches publiées dans Pilote (avec parfois donc des versions plus longues que celles des albums classiques). Tout cela est d'ailleurs parfaitement détaillé, avec tous les comparatifs et dates utiles. Le parent pauvre de cette réédition s'avère être finalement le lettrage, qui aurait bien mérité un petit coup de dépoussiérage également (il y a parfois des petits soucis de ponctuation, d'espace, voire des lettres partiellement effacées, mais globalement rien de rédhibitoire).

Alors, cette intégrale est-elle à conseiller ? Clairement oui. Trois albums (la plupart du temps) remasterisés, réalisés par deux légendes de la BD, accompagnés de documents et textes de qualité, le tout pour 20 euros, ça vaut clairement le coup.
Que l'on soit un ancien lecteur nostalgique, aujourd'hui adulte, ou un(e) jeune passionné(e) d'aviation, la magie opère encore et est même soutenue par des bonus utiles et intéressants.
Un incontournable de la bande dessinée franco-belge.



Les autres BD de la rubrique First Look : 



+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Un classique de la BD.
  • Probablement la meilleure série d'aviation de Charlier.
  • Le style Uderzo, parfaitement adapté au contexte.
  • La grande qualité, le nombre et la variété des documents additionnels.
  • Le lettrage, clairement pas (ou plus) à la hauteur.