Publié le
17.1.26
Par
Nolt
ASTÉRIX
Nous débutons cette fois encore par un immense classique qui a occupé de nombreuses soirées de ma jeunesse. Même si Tintin était loin devant en matière d'inclination personnelle, le petit Gaulois a longtemps accompagné les heures qui précédaient mon sommeil. Je me souviens avec tendresse et émerveillement de certaines épopées magistrales, comme Le Tour de Gaule ou Astérix chez les Bretons. Si les reprises récentes de la série ne sont clairement pas à la hauteur du mythe (car trop centrées sur les seuls gags et sans enjeux réels), les albums du tandem Goscinny/Uderzo demeurent des monuments de savoir-faire et de subtilité. Ici, à côté d'une intégrale plus ancienne, l'édition Hachette et sa jolie fresque (pas encore terminée). Chaque tome contient du rédactionnel et divers bonus revenant sur la création du récit, mais aussi un petit fascicule dispensable et une chouette figurine en plastique.
Pour aller plus loin sur le sujet :
DEAN KOONTZ
Voilà probablement l'auteur qui, avec King (dont on parlera plus loin), m'a fait le plus vibrer à l'adolescence, et ce malgré ses défauts. Car le bougre est parfois agaçant tant il peut verser dans la caricature ou survoler son sujet. Mais au-delà de ça, il demeure un magicien capable de vous tenir en haleine, de vous émouvoir et de vous intriguer (jetez donc un œil aux cinq ouvrages présentés dans le premier lien, ci-dessous). Et il est difficile d'en demander plus à un écrivain. Il est devenu une légende de la gamme "épouvante" de J'ai Lu (des formats poche très abordables à l'époque) et a abordé autant l'épouvante que la science-fiction ou le polar. Notons que c'est un amoureux des animaux, notamment des chiens, et que rien que pour ça, j'éprouve pour lui une affection particulière.
J'ai récupéré quelques ouvrages physiques de l'auteur alors que, pendant un temps, j'avais tout revendu pour privilégier des versions kindle, plus pratiques lorsque l'on manque de place.
Pour aller plus loin sur le sujet :
QUELQUES CLASSIQUES
Il faut lire le Dracula de Bram Stoker. Ne vous contentez pas d'une adaptation cinématographique, car vous passeriez alors à côté de l'essence même du mythe. Il faut tourner les pages, toucher le papier, humer l'encre, demeurer au plus près de la version originale pour comprendre l'épouvante viscérale que suscita ce roman fondateur pour toute une armée de lecteurs, avides et tremblants. Sous la plume de Stoker, la Transylvanie devint plus qu'une région méconnue, elle se transforma en terre d'épouvante, abritant les pires cauchemars, en symbole ultime de terreur, en promesse d'abominations tranquilles, car maîtrisées par la plume. Tout comme Le Roi en Jaune, Frankenstein ou Le Grand Dieu Pan, Dracula fait partie de ses œuvres qui ont fini par transcender leur sujet pour devenir des bornes littéraires. Des points de passage presque obligatoires pour qui veut se frotter non seulement aux bons romans de genre mais aussi à l'Histoire littéraire. Les éditions récentes de Callidor, magnifiques et illustrées, sont à conseiller. Aux côtés de ces romans du genre fantastique, l'on notera d'autres classiques, comme Les Trois Mousquetaires, pour l'aventure romanesque, en passant par Dune, pour la science fiction ou 1984, pour la dystopie. Là encore, des ouvrages aussi ambitieux et profonds que divertissants.
Anecdote de rayonnage :
L'on notera aussi la présence des premières intégrales du Trône de Fer, on attend toujours la suite...
Pour aller plus loin sur le sujet :
LEFRANC
J'étais au collège quand j'ai découvert Lefranc, reporter ayant un cousinage évident avec son illustre collègue Tintin. Ils forment sans doute d'ailleurs, avec Ric Hochet, le plus improbable trio de journalistes, toujours embringués dans de folles histoires (et ne travaillant pas beaucoup, mais on ne peut pas écrire des articles et courir le monde visiblement). Lefranc a eu longtemps, pour moi, le parfum des histoires à l'ancienne, parsemées d'expressions désuètes et de menaces caricaturales. Mais loin d'être un défaut, cet aspect a donné à la série sa saveur et une délicate patine (que l'on peut retrouver aussi dans les Blake & Mortimer par exemple).
Anecdote de rayonnage :
Ici, quelques volumes de l'intégrale Yoko Tsuno (une intégrale thématique et non chronologique) et des Tuniques Bleues dans différents formats. Une autre preuve de l'incroyable richesse et de la diversité de la BD franco-belge.
Pour aller plus loin sur le sujet :
BUCK DANNY
Ma première "rencontre" avec le vieux Buck fut mémorable, puisque je tombai à l'époque directement sur le tome 2 de Tout Buck Danny (à ne pas confondre avec l'intégrale actuelle), qui comportait Les Tigres Volants, Dans les Griffes du Dragon Noir et Attaque en Birmanie. L'objet en lui-même était fascinant, car c'était la première fois que je voyais un tome d'une "intégrale", donc un album bien épais promettant de longs moments de lecture. Il faut dire que, même de nos jours, ces fameuses intégrales sont rarement présentes en librairie, et presque jamais dans les hypermarchés. D'ailleurs, j'achetai, toujours à l'époque, la suite (Les Trafiquants de la Mer Rouge, Les Pirates du Désert, Les Gangsters du Pétrole) en albums simples, qui arboraient encore des couvertures souples. J'ai ensuite suivi l'aviateur américain et ses potes dans toutes leurs étapes, sur tous les appareils, des plus étranges aux plus modernes, et sur tous les théâtres d'opération (il fallait bien entendu alors appliquer ce que j'appelle la doublepensée appliquée à la continuité). Je possède aujourd'hui l'intégrale récente, contenant des histoires courtes et un tas d'illustrations, d'anecdotes et d'infos intéressantes. Je regrette toutefois les illustrations originales (de Bergèse) illustrant la collection Tout Buck Danny, l'intégrale actuelle se contentant de reprendre en cover l'illustration de l'un des albums.
Anecdote de rayonnage :
L'on peut voir ici quelques tomes de Dan Cooper, le grand perdant de la lutte qui opposa naguère les pilotes des magazines BD concurrents (voir le premier lien ci-dessous). Quelques tomes également des Casseurs, de Blueberry et même, pour les plus observateurs, quelques adaptations BD d'Arsène Lupin.
Pour aller plus loin sur le sujet :
MAGIE & SPIRITUALITÉ
Voilà des ouvrages à part qui concernent un domaine à la fois intime et pourtant d'une importance crucial : la spiritualité, le divin, la métaphysique. Autrement dit un pan de l'existence rendu difficile à aborder par les railleries de certains et la dévotion inepte de bien des gens à un scientisme qui nie l'existence de tout ce qui ne peut se mettre en équation et s'empresse de mettre sous le tapis de la pensée ses propres erreurs et limites.
Si la science est importante et respectable, son enfant bâtard et dégénéré, le scientisme, qui la pousse à s'aventurer sur des territoires qui ne sont pas les siens, a fait plus de mal que l'inquisition en son temps, en en reprenant bien des pratiques et en désenchantant le monde. Or, l'humain a besoin de divin. Bien entendu, il n'est pas bon de se consacrer seulement à la métaphysique, tout comme il n'est pas bon de se consacrer uniquement à la physique ; un juste milieu est nécessaire pour que nous puissions marcher sur nos deux jambes et non clopiner sur une seule. Certains livres nous rappellent que ce que nous pressentons et constatons, depuis la nuit des temps, est présent et réel. Certains, pour des raisons qui m'échappent, tenterons de vous faire croire que ça n'existe pas, parce que ça ne rentre pas dans le cadre de la physique. Mais le propre de la métaphysique, c'est justement de ne pas correspondre à une vision purement technique du monde et de l'âme. Un scientiste (ou pire, un prétendu et autoproclamé "zététicien") vous dira qu'un roman est une certaine quantité de papier et d'encre, ce qui n'est pas faux. Mais qui se risquerait à définir ainsi un roman ? Ce n'est pas parce qu'une définition est vraie qu'elle est juste. Il vient un moment où tout être, à force de tourner des pages, à envie de s'intéresser à ce qu'il y a derrière les apparences, à ce qui nous échappe, à ce qui sous-tend cet espace et ce temps dont on nous explique qu'il sont relatifs et non absolus. La métaphysique ne peut être régie par les scientistes. Elle vous appartient. Elle est au cœur de votre intimité, de votre démarche la plus pure et essentielle. Alors, bien sûr, tout comme l'on ne peut prouver l'amour que l'on éprouve pour ses proches à l'aide d'un tournevis ou d'un compteur Geiger, l'on ne peut prouver l'existence de la métaphysique à l'aide d'outils physiques. Cela suffit à certains pour nier son existence, comme naguère des écrits bibliques suffisaient à certains religieux pour nier l'évidence et les avancées de la science. Eh bien, aucun de ces camps n'a entièrement raison. Le monde est fait de règles physiques, utiles et indéniables, et de sous-textes métaphysiques, tout aussi indispensables. Plus l'on se penche sur ce pan de l'univers, plus l'on y devient sensible. À chacun de décider s'il convient de l'ignorer ou de l'explorer. Mais ne laissez pas des inconnus décider à votre place sous prétexte qu'ils parlent fort et portent des œillères.
Anecdote de rayonnage :
Au milieu d'ouvrages très sérieux, l'on trouve aussi ici quelques éléments de pure fiction, comme le Neonomicon de Lovecraft.
Pour aller plus loin sur le sujet :
BOB MORANE
Autant les romans de Vernes sont indigestes et très mauvais (car écrits dans un style très "rapport de police", sans maîtrise ni inspiration), autant les adaptations BD de son pourtant mythique Bob Morane sont parfois intéressantes (et elles ont au moins le mérite d'aller à l'essentiel et de varier les ambiances graphiques). Aussi, même si ma première approche du personnage eut lieu à l'époque à travers la Bibliothèque Verte, c'est bien l'intégrale des adaptations dessinées qui retient mon attention de nos jours. Mêlant aventures exotiques, action pure, fantastique et même science-fiction, la série est certes inégale mais clairement divertissante. Et puis, le héros est tellement légendaire, malgré (ou peut-être à cause de) son côté rigide, monolithique et parfait, qu'il mérite bien qu'on lui accorde de tourner quelques pages. Dommage que son père littéraire n'ait pas été à la hauteur.
Anecdote de rayonnage :
Outre les Morane, l'on notera la présence de quelques Lucky Luke et Alix, séries dont j'avais plus de tomes étant jeune et que je reconstitue peu à peu.
Pour aller plus loin sur le sujet :
POWERS, Y THE LAST MAN et autres COMICS
Même si je lis bien moins de comics de nos jours (hors activité professionnelle), mis à part peut-être du Batman, et qu'il sont pour beaucoup issus de mes lectures adultes (donc dépourvus d'aura nostalgique), je demeure attaché à certaines séries, comme Powers, baigné par l'humour audacieux de Bendis ; Y the last man, avec un Vaughan abordant de nombreux sujets sociétaux sans le côté puant du wokisme ; les Girls des frères Luna, au ton incisif et à la galerie de personnages savoureuse ; ou certains one-shots, comme La Pro du grand (et transgressif) Garth Ennis ou l'émouvant We3, avec un Grant Morrison au sommet de son art. La BD américaine ne manque pas d'œuvres subtiles et matures, et je ne peux que conseiller d'y piocher au gré des envies.
Pour aller plus loin sur le sujet :
Alias (Jessica Jones)
STEPHEN KING
Je pense qu'entre l'œuvre de King et moi, ce fut longtemps une histoire d'amour. J'ai passionnément aimé Derry et Castle Rock, Louis Creed et James Gardener, l'affrontement épique du Fléau et la poésie sombre de Roland et de son ka-tet. En tant qu'auteur, King m'a aussi appris énormément au niveau de la construction des personnages. Si Vik et Nolan ou Amber et Kiera vous ont touché, d'une manière ou d'une autre, c'est parce que j'ai appris, en lisant les livres du vieux sorcier du Maine, à installer un personnage de la bonne manière, à le rendre épais, crédible, profond. De cela, je serai éternellement reconnaissant. Par contre, je fais une différence très nette entre non pas l'homme et l'artiste, comme je l'entends souvent, ce qui ne voudrait rien dire (ce sont les mêmes !) mais entre l'œuvre, que l'on peut aimer, et l'auteur, l'homme, que l'on peut mépriser. J'ai longtemps cru que King était juste, sur le plan humain et politique, un opportuniste doublé d'un demeuré (comme on peut le constater dans son Billy Summers, ridicule sur bien des plans), mais son attitude, notamment lors de l'assassinat de Charlie Kirk, un père de famille pacifique et innocent, m'a révulsé. Que l'on puisse relayer des propos mensongers pour salir la mémoire d'un brave type, assassiné par une merde de wokiste lâche et sans cervelle, me donne envie de vomir. Je conserve donc un respect pour les romans mais un dégoût profond pour le sale type qui les a écrits. D'ailleurs, ses idées nauséabondes et extrémistes finissent par marquer son physique. Il ressemble de plus en plus à une goule décharnée qui serait issue de l'une de ses nouvelles...
Décidément, le gauchisme est devenue une maladie mentale.
Anecdote de rayonnage :
Notons ici le coffret VO de The Dark Tower, ainsi qu'un ouvrage regroupant les cartes de Game of Thrones. Pour ce qui concerne King, ce sont des versions dématérialisées qui constituent aujourd'hui le gros de ma "collection". Et bien sûr, sur la deuxième photo, le coffret Philip K. Dick, un autre géant de la littérature ayant écrit notamment Le Maître du Haut Château.
Pour aller plus loin sur le sujet :
RIC HOCHET
Avant de passer aux "Beaux Livres", il me fallait encore aborder un classique de la BD franco-belge. Il y en a beaucoup, bien entendu, sur lesquels je ne m'attarde pas trop, de Yoko Tsuno aux Casseurs, en passant par Blueberry, Achille Talon, Alix ou Dan Cooper, et il y aurait des choses à dire sur chacune de ces séries, mais je suis comme bien des enfants ayant été blessés par l'arrêt brutal des aventures de Tintin : j'ai cherché, longtemps, des produits de substitution. Aucun n'a pu remplacer le personnage d'Hergé dans mon cœur, mais certains, comme Ric Hochet, se sont révélés être d'agréables découvertes. André-Paul Duchâteau a su bâtir un personnage suffisamment original et attachant pour qu'il ne soit pas un simple ersatz. Et même si son "papa" a eu des doutes sur le calembour à l'origine de son nom, Hochet a réussi le double exploit de se faire une place dans les bibliothèques et d'être le héros d'une longue série, qui perdure de nos jours. Bon, tous les tomes ne sont pas des sommets de maîtrise narrative, mais la série demeure dans l'ensemble tout à fait honnête.
Anecdote de rayonnage :
Très conseillée également, la belle intégrale Théodore Poussin, de Frank Le Gall, contant des aventures exotiques se déroulant à la fin des années 1920.
Pour aller plus loin sur le sujet :
HARRY POTTER / BEAUX LIVRES
Je termine par un aspect un peu particulier de cette exploration de bibliothèques : le côté purement "objet". Car si l'essentiel de ma collection est constitué de romans et BD que j'apprécie beaucoup, il m'arrive aussi d'acheter un livre pour son aspect "physique" et collector. Bon, pas au point d'acheter des romans que je n'aime pas du tout, évidemment, mais je me laisse parfois tenter par du Harry Potter par exemple, dont l'édition illustrée Gallimard est somptueuse, alors que je n'ai pas un rapport réellement passionnel avec l'œuvre de J.K. Rowling (romancière que je respecte néanmoins et que j'admire pour son courage puisqu'elle fait partie des rares personnes publiques à condamner la propagande transgenre et les demeurés qui enculent la biologie, l'évidence et le simple bon sens). Parfois, l'objet en lui-même, le soin apporté aux illustrations, à la mise en page, à la couverture, font que manipuler un livre devient aussi un plaisir esthétique et physique évident. Dans cette catégorie, l'on peut citer le Watchmen version Urban Limited, l'intégrale récente du Seigneur des Anneaux ou encore la collection collector de Callidor, déjà évoquée plus haut.
Anecdote de rayonnage :
Outre les Harry Potter, notons ici la présence de l'intégrale des Annales de la Compagnie Noire, celle des Détectives du Yorkshire et même un très joli... tarot.
Pour aller plus loin sur le sujet :
Écho #71 : Harry Potter - Collection Gallimard
Écho #41 : Harry Potter - Le Guide Ultime
Voilà. Je pourrais encore évoquer de nombreux auteurs et continuer sur une partie 3, voire 4 ou 5, avec d'autres rayons, d'autres collections, mais je pense que je suis arrivé au double but que je m'étais fixé. D'une part montrer l'étendue des domaines abordés par le staff UMAC lors de 20 longues saisons, ensuite rendre un hommage, sincère et nostalgique, à ces milliers de pages qui m'ont aidé, formé, réconforté, amusé, fasciné et ému. Les livres ont été - et continuent d'être - pour moi plus que de simples objets de divertissement. Ils furent et demeurent des amis, des phares, des bouées. Je suis devenu auteur à mon tour parce que d'autres écrivains, avant moi (j'en ai cité beaucoup, mais l'on pourrait encore en évoquer des dizaines), ont éclairé et montré un chemin que j'arpente aujourd'hui. C'est d'ailleurs un écrivain qui, alors que j'étais encore à la recherche d'une validation, d'une "autorisation" d'écrire, me permit de me lancer réellement à mon tour dans cette aventure. Son nom est Alain Absire. C'est après m'avoir remis un prix pour l'une de mes nouvelles qu'il me dit alors cette phrase qui changea tout pour moi. Ces mots furent prononcés dans un murmure, alors que j'étais occupé à m'enivrer à la buvette, sans me préoccuper du bal que les courtisans effectuaient autour du président du jury. Il se dirigea vers moi, un sourire aux lèvres, et me dit : "C'est bien ce que vous faites, il faut continuer."
Je tenais aussi à dire aux auteurs, passés et récents, à ceux que je n'ai jamais rencontrés mais qui ont marqué ma vie, à ceux qui sont devenus des amis, à ceux que j'ai oubliés, ceux qui ont disparu, que je trouve aussi que c'est bien ce qu'ils font. Et qu'il faut continuer.
Merci à : Enid Blyton, Georges Bayard, Anthony Buckeridge, Maurice Leblanc, Dean Koontz, Stephen King, Jean-Michel Charlier, Georges Remi (dit Hergé), René Goscinny, Albert Uderzo, Jean Graton, Bill Willingham, Alan Moore, J.M. Straczynski, Roland Habersetzer, Marco Rota, Guido Martina, Terry Moore, H.P. Lovecraft, Bram Stoker, Robert W. Chambers, Jean Van Hamme, Edgar P. Jacobs, George Orwell, George R.R. Martin, J.K. Rowling, Michel Pagel, Jacques Martin, Alain Dodier, Serge Le Tendre, Pierre Makyo, Roger Leloup, Peyo, Morris, Brian Michael Bendis, Frank Herbert, Philip K. Dick, Daniel Keyes, Paolo Eleuteri Serpieri, Alain Absire, Edwin Abbott Abbott, Guy de Maupassant, Brian K. Vaughan, André-Paul Duchâteau, Tibet, William Vance, Vladimir Volkoff, Bernard Cornwell, Jules Verne, Victor Hugo, Carsten Stroud, Pierre Lemaitre, Brian Panowich, Dashiell Hammett, James Ellroy, William Boyd, James Herbert, Joe Abercrombie, Glen Cook, J.R.R. Tolkien, Edgar Allan Poe, Stan Lee, Ed Naha, John Patrick Shirley, Pierre Louis Boileau, Pierre Ayraud (dit Thomas Narcejac), Bob de Moor, Michael Moorcock, L. Ron Hubbard, Pierre Souvestre, Marcel Allain, Dan Simmons, Jeff Smith, David Mack, Kentarō Miura, Louis Salvérius, Raoul Cauvin, Lambil, Christian Denayer, Georges-Camille Arnaud (dit Georges-Jean Arnaud), Jonathan Stroud, Akira Toriyama, John Wagner, Frank Miller, Jonathan Luna, Joshua Luna, Jean Giraud, Terry Pratchett, Brian J.L. Glass, Michael Avon Oeming, Grant Morrison, Brian Azzarello, Ted Naifeh, Bryan Talbot, Jeph Loeb, Tim Sale, Garth Ennis, Frank Le Gall, Hippolyte Léon Denizard Rivail (dit Allan Kardec), Joseph Gillain (dit Jijé), André Franquin, Michel Regnier (dit Greg), Philippe Vandevelde (dit Tome), Jean-Richard Geurts (dit Janry), Camille Flammarion, Jean Bruce, Jay Bennett, Alan Wildsmith, Emmanuel Bonnet, Marylène Bergmann, et toutes les légions d'auteurs, nobles et passionnés, que j'ai oubliées.
Hail to the Kings !
Publié le
15.1.26
Par
Nolt
Une uchronie, sauce western apocalyptique, c'est la toile de fond de East of West, disponible chez Urban.
Les tribus amérindiennes s'unissent au sein de la Nation Indienne Infinie pendant que la guerre civile américaine s'éternise. Le Nord, pris entre deux feux, ne parvient pas à prendre l'avantage. Alors qu'un statu quo s'installe, une comète s'écrasant sur le sol américain met fin aux hostilités.
Le territoire américain est alors divisé en sept nations.
De nos jours, de mystérieux cavaliers de l'Apocalypse s'éveillent. Une prophétie annonce la fin du monde. Mort, l'un de ces cavaliers, est à la recherche de ce qui lui a été dérobé. Il laisse derrière lui une traînée de cadavres alors que la tension entre les différentes puissances pourrait de nouveau les pousser vers une confrontation globale.
Peut-être la dernière...
Cette série Image est scénarisée par le très surcoté Jonathan Hickman (HoX, Secret Wars, Red Wing). Et c'est bien là le problème. Il faut revenir sur les travaux de cet auteur pour comprendre ses tics d'écriture qui, ici, nuisent profondément à l'histoire. Comme sur Red Wing, qui avait néanmoins des qualités, les personnages sont étonnamment peu creusés. Sans profondeur ni psychologie, sans failles ni "épaisseur", ils ne parviennent pas à susciter l'empathie. Aussi, peu importe les rebondissements ou l'action, tout reste froid et sans saveur. L'apparente complexité du récit (en réalité surtout de la maladresse) n'arrange rien. Ces mêmes défauts se retrouvaient également dans Pax Romana, une œuvre qui avait cependant le mérite d'utiliser un univers de référence connu - ce qui simplifiait nettement les choses - et de dévoiler petit à petit les changements apportés à l'Histoire classique.
Dans East of West, les changements historiques sont expédiés en deux planches qui résument plusieurs décennies d'événements. Événements ou plutôt un salmigondis invraisemblable mélangeant guerre de sécession, prophétie, entités métaphysiques, indiens et... Mao Tsé-Toung. L'on est ensuite plongé dans un univers dont on ne sait finalement rien et qui se révèle être surtout sans charme ni intérêt. Comme toujours avec Hickman, on demeure à la surface des choses, dans un brouillard narratif qui se veut virtuose mais qui n'est qu'amateur.
Reste heureusement les dessins de Nick Dragotta. L'artiste parvient à donner un peu de souffle épique à certaines scènes, tout en réalisant des décors impressionnants. Mais aussi grand soit son talent, la seule beauté esthétique ne parvient pas à faire d'un personnage de papier un être charismatique et crédible.
L'on parle sur la quatrième de couverture de "série ambitieuse", elle n'est malheureusement que prétentieuse. Il manque à Hickman la technique et le travail qui auraient permis d'insuffler un peu d'âme dans ce fatras insipide et incompréhensible.
La série (disponible en VF en 10 tomes ou en Intégrale en 3 volumes) a pourtant eu bonne presse (et un bon accueil de la part des lecteurs) de l'autre côté de l'Atlantique, ce qui prouve qu'un peu d'esbroufe et quelques grands mots peuvent parfois faire illusion. Il manque pourtant à ce comic l'essentiel, ce qui fait que l'on est pris aux tripes, bousculé, fasciné, bref, la véritable magie qui transforme un conte en émotions brutes ou en réflexion surprenante.
L'antithèse de ce qu'est une bonne histoire.
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Publié le
13.1.26
Par
Nolt
De la Russie à l'Atlantique nord, en passant par l'Italie et sa Ligne Gothique, l'on plonge aujourd'hui dans l'enfer de la Deuxième Guerre mondiale avec War Story.
Nous nous intéressons ici essentiellement à la première mini-série (de 4 épisodes) publiée par Vertigo. Garth Ennis (cf. cette rétrospective sur son travail), cette fois, malgré le sujet intrinsèquement violent, est bien loin de la provocation de Preacher ou The Boys. Si loin qu'il en paraît presque sur la retenue. Heureusement, l'intelligence de son écriture est, elle, toujours présente et, débarrassée d'une forme que certains jugent parfois excessive, elle n'en devient que plus évidente.
Aux crayons, l'auteur est entouré de Chris Weston, Gary Erskine, John Higgins, Dave Gibbons et David Lloyd. Les styles graphiques sont assez proches, ni foncièrement originaux ni particulièrement beaux mais ils permettent d'aboutir à un résultat tout à fait convenable. L'on peut reprocher une colorisation parfois inégale et, quoi qu'en dise Ennis, quelques soucis parfois dans la représentation de certaines armes. Ceci dit, l'intérêt de la série est bien ailleurs.
Le premier des quatre récits décrit le parcours d'un officier allemand et de ses hommes, protégés par leur Panzerkampfwagen VI, plus connu sous le nom de Tigre. L'engin est presque d'ailleurs la véritable "star" de l'épisode. Il faut dire qu'il fut, en son temps, un véritable monstre de puissance et de technologie, ne souffrant aucun rival sur le champ de bataille.
Bon, évidemment, Ennis ne fait pas une pub sur le savoir-faire allemand et l'on va vite plonger dans les atrocités (plus suggérées que réellement montrées) auxquelles les soldats doivent faire face. Non seulement les personnages doivent combattre le monstre rouge qui, déjà, déferle sur l'Europe, mais, pire encore, ils sont également confrontés aux fanatiques de leur propre camp, incarnés ici par la Geheme Feldpolizei, un organe de sécurité chargé notamment de s'assurer que les troufions mettent suffisamment d'ardeur à défendre le Reich.
Une bonne entrée en matière, avec le point de vue de "l'ennemi", cet être si souvent caricaturé par la propagande (de tout temps et de tout camp) qu'il est bon parfois de rappeler qu'en son sein se cachent des hommes, définis non par leurs uniformes mais leurs actes.
L'on monte en puissance avec D-Day Dodgers, où l'on bascule cette fois dans le camp anglais avec les troupes qui, dès septembre 43, débarquèrent en Italie alors que le monde allait bientôt avoir les yeux tournés uniquement sur l'opération Overlord et la campagne de France. Le titre original de l'épisode (que l'on peut traduire par "les tire-au-flanc du Jour J") fait référence à des propos qui auraient été tenus par Lady Astor (première femme a avoir siégé au parlement britannique). Le conditionnel est de rigueur puisque cette dernière a ensuite démenti les avoir tenus. Il n'en reste pas moins que la rumeur parvint jusqu'en Italie...
Il faut imaginer la réaction d'hommes épuisés, risquant leur vie tous les jours, loin des leurs, des hommes qui connaîtront l'âpreté des combats de Monte Cassino (ils n'eurent en face d'eux "que" quatre divisions de Panzers, dix divisions d'infanterie et une division de Panzergrenadiers, soit environ... 100 000 hommes !) et durent s'y prendre à quatre reprises pour enfin venir à bout du mont Cassin.
Ennis a bien compris que traiter de tels hommes de lâches relevait, au minimum, d'une méconnaissance totale de la situation, voire de la pure imbécilité. Les dernières planches, poignantes, dévoilent le destin tragique de la plupart de ces "tire-au-flanc". Là encore Ennis ne se contente pas de montrer de la "baston" mais accroche à son tableau de chasse virtuel ceux qui jugent, mal et vite, dans la tranquille sécurité de l'arrière.
Le troisième chapitre nous fait rejoindre le camp américain, alors que la victoire n'est plus très loin. Des hommes de la 101e division aéroportée (très connue depuis la série télévisée Band of Brothers) doivent partir en reconnaissance pour s'assurer qu'un château peut convenir comme résidence provisoire pour un général. Il est question ici du fossé, presque inévitable, qui peut exister parfois entre le haut commandement d'une armée en guerre et les hommes de terrain qui la composent.
Ennis semble dans un premier temps opter pour une approche plus légère (la scène du taureau est assez amusante) mais n'oublie pas de rappeler, par de brefs flashbacks, le lourd tribut payé par les unités qui, des plages normandes, sont ensuite parvenus jusqu'à Bastogne puis jusqu'en Allemagne.
Enfin, l'on termine par un récit mettant en scène l'équipage du Nightingale, un navire d'escorte protégeant les convois entre la Grande-Bretagne et la Russie soviétique. L'histoire est inspirée d'un fait réel, basé sur la terreur qu'inspirait le Tirpitz (le plus grand cuirassé de la Kriegsmarine, sans équivalent en Europe). En été 1942, l'amirauté britannique, pensant que le Tirpitz est de sortie, ordonne aux navires de guerre escortant un convoi pour Mourmansk de se disperser. Les navires de transport, sans protection, sont alors la proie des bombardiers et U-Boot. Par la suite, il s'avéra que le Tirpitz n'avait même pas levé l'ancre.
Un épisode naval intéressant et chargé en émotion.
L'on a tellement écrit sur cette guerre que l'on aurait pu craindre un sentiment de déjà-vu. Loin de là, Ennis dépeint, avec subtilité, des situations fort différentes, bien réelles et souvent déplaisantes (comme se devrait d'être tout récit de guerre se réclamant d'un certain réalisme). L'auteur parvient à rendre hommage au courage individuel tout en condamnant la machine militaire et les petits juges de salon. Un exercice périlleux, mais parfaitement exécuté. Le style graphique, quant à lui, permet la plupart du temps de rendre compte de l'intensité des situations et de l'émotion des hommes, que ce soit lors d'une scène de crash parfaitement décrite ou à l'occasion d'un combat de tanks, violent et âpre.
Notons qu'outre une deuxième mini-série Vertigo, une autre série cette fois intitulée War Stories, du même auteur, a été publiée chez Avatar et compte 26 épisodes. L'on y trouve la même qualité d'écriture et visuellement des scènes parfois très spectaculaires, avec malheureusement une colorisation plus flashy et quelque peu artificielle. L'ensemble demeure toutefois de grande qualité.
De vrais récits de guerre, teintés par l'horreur, le sang, le froid, la peine et les remords.
Un Ennis plus classique dans son approche mais toujours aussi habile et intéressant.
Capitaine Lovatt, sous la plume de Garth Ennis.
— Si on fait bien, on est des salauds. Et si on foire, on est des lâches. N'ayant pas affronté ce que j'ai affronté, vous ne pouvez dire si vous êtes mieux que moi. Pensez-y... car il y aura d'autres guerres.
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Publié le
12.1.26
Par
Vance
Nous voilà de retour pour continuer d’explorer la SF contemporaine, afin d’alterner un peu avec les grands classiques et les ouvrages présentés dans la rubrique « Retroreading ».
La Mer sans étoiles jouit d’une renommée double : d’abord celle de son autrice, Erin Morgenstern, dont il s’agit seulement du second roman (le premier ayant été d’office un best-seller, salué par le Prix Locus du Meilleur Premier Roman en 2012) ; et la sienne propre, qui s’est enrichie de très nombreuses critiques enthousiastes tant dans la presse spécialisée que sur les réseaux sociaux, lesquels ont engendré un véritable phénomène littéraire.
Résumé : Zachary, fils d'une voyante, est tombé un jour sur une porte peinte sur un mur derrière chez lui, une porte qui aurait pu lui donner le passage vers un ailleurs rêvé. Il n'a pas saisi cette occasion et a grandi avec cette frustration. Jusqu'au jour où il tombe sur un ouvrage inconnu à la bibliothèque municipale, mal répertorié et sans nom d'auteur. Quelle n'est pas sa stupéfaction lorsqu'il découvre que, outre des passages parlant de veilleurs, de gardiens et de disciples, ainsi que d'un pirate, il lit sa propre histoire, celle de son acte manqué. Il va alors mettre tout en œuvre pour remonter le fil ténu liant ce livre à cette porte de son passé...
Il s’agit d’un roman constitué de l’intrication de nombreuses histoires, présentées sous forme de contes et de mythes, qui conduisent à une perpétuelle mise en abyme. Ainsi, le premier des six livres scandant l'ouvrage, Doux Chagrins, présente non seulement les rituels d’intronisation des gardiens de ce lieu hors du temps et de l’espace qu’est le Port sur la Mer sans étoiles, mais également des fragments d’un récit légendaire parlant d’un pirate attendant son exécution. Ces trames entremêlées laissent entrevoir cet endroit auquel on accède par des portes qui sont cachées, parfois invisibles, parfois oubliées, parfois créées pour quelqu'un destiné à venir raconter sa propre histoire et la mêler aux autres. L’une de ces histoires, sur l’un de ces élus destinés à entrer dans cet univers fait de livres, d’or, de miel et de souvenirs, est celle de Zachary. Plus jeune, il s’est vu offrir cette opportunité : quitter notre monde pour celui de la Mer sans étoiles, des gardiens, des veilleurs et des disciples préservant au long d’un labyrinthe inimaginable de salles emplies de bibliothèques, de statues et d’étoiles, parsemées de symboles gravés sur les murs, les chambranles ou les portes elles-mêmes, les histoires déjà terminées, celles en cours et celles qui seront.
L’aventure de Zachary ne fait que commencer – à croire en fait que son destin était de parvenir jusqu’au Cœur de ce monde souterrain afin d’y accomplir une mission prévue de toute éternité. Ils partiront ensemble rechercher Dorian, l’homme qui le surveillait avant de l’aider, et des messages sibyllins apparaîtront çà et là sur sa trajectoire pour le placer sur la voie, lui faire trouver d’autres livres, d’autres portes, d’autres lieux secrets tandis que l’apocalypse s’annonce…
Au départ, l’écriture d’Erin Morgenstern ne peut que séduire : c’est doux et frais, presque sensuel et teinté d’une forme de naïve poésie qui enjolive le moindre détail comme s’il était admiré par un enfant. Chaque geste peut acquérir une importance incongrue, des couleurs comme des pièces de vêtement devenir l’espace d’un instant le centre de l’attention. Sa manière de décrire cet univers onirique fait de rayons de miel et de fils d’or, de millions de livres et de milliards de pages, d’étoiles et de chouettes, avec ses galeries emplies de souvenirs parfois poussiéreux, éclairés à la bougie et parcourus par des chats (quand on aime les livres, on aime les chats, n’est-ce pas ?) est profondément agréable, presque hypnotique. Le découpage du roman en livres dans le livre, posant les bases d’un univers qui prend forme par petits fragments mais déconstruisant la narration en jouant avec l’espace et le temps, tout en conservant un vrai sens du récit, presque classique (dont les principes et la résolution s’avèreront étrangement sages) confèrent à la lecture autant de petites stimulations sensorielles qui alimentent le plaisir et entretiennent la curiosité.
La seconde partie, dans ce que l’on pourra nommer la quête de Zachary, quoique toujours entrecoupée de petits intermèdes plus ou moins signifiants, bien que plus linéaire, risque paradoxalement de susciter une forme de gêne, un agacement : certes, on entrevoit davantage le cadre de ses pérégrinations, le contexte dans lequel se meuvent les rares personnages, mais leur but nous échappe, et les tergiversations auxquelles ils se livrent nuisent à la dynamique de l’ensemble. Mirabel a beau répéter que chacun reste acteur de son propre destin, elle contredit une phrase prononcée assez tôt sur l’espèce de déterminisme animant la plupart des histoires (et se montrera finalement assez hypocrite eu égard à la conclusion) : Zachary et Dorian, livrés à eux-mêmes, mettront un temps infini à embrasser leur destinée et se révèleront plus souvent victimes des événements que moteurs de l'intrigue.
D’autant que le roman est long, et les fils narratifs assez épars, qui finiront tout de même par se rejoindre, d’une manière aussi abrupte qu’élégante à laquelle on peut reprocher un peu de facilité – mais il faut bien finir, non ? – en un écheveau qui finit par tisser la trame d’une histoire éternelle, la même depuis la nuit des temps.
Sous ses dehors de fantasy urbaine, le roman endosse les atours de la speculative fiction pour se muer en conte des origines, se mythifier à la manière de ce que pouvait créer un Zelazny de la grande époque. Mais avec ce regard attendri de celui qui est resté l’enfant devant son livre, ce regard ébloui, émerveillé, l’esprit perdu dans l’imaginaire fécondé entre les pages avec infiniment de douceur et empreint d’une poésie qui rappellera les visions fantasmagoriques du Piranèse de Susanna Clarke (le gigantesque temple de l’au-delà sur lequel veille le héros de ce livre a un peu les mêmes fonctions que le Port sur la Mer sans étoiles). Deux ouvrages aux thématiques parallèles portés par des écrivains passionnés par leur art, mais des ouvrages divergents sur la forme, comme les faces opposées d’une même pièce.
L’on pourra trouver également, pour peu que l’on poursuive la lecture, des séquences qui rappelleront sans doute d’autres lues dans Le Château de Hurle de Diana Wynne Jones. Pas étonnant que des autrices renvoient à d’autres autrices, en fait. Mais on trouvera aisément d'autres connexions avec, par exemple, Alice au pays des merveilles ou les Mille & Une Nuits. Précisons en outre, et cela a son importance, que les éditions Sonatine ont soigné le lectorat avec quelques décors en pleine page et des cadres de titres ornés d'arabesques qui confèrent au volume, même broché, une élégance qui colle parfaitement au contexte dépeint.
Quoi qu’il en soit, un livre à la réputation solide fait par une bibliophile pour les bibliophiles, empli de ses jolis fantasmes, de bons sentiments, de légendes et de secrets, de miel et d’or, de livres et de chats.
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