Publié le
5.1.23
Par
Virgul
Toute l'équipe UMAC vous souhaite une bonne et heureuse année 2023, pleine de bonnes choses.
Et on commence cette nouvelle saison (la 18e du site, quand même !) avec une Parenthèse plutôt légère, sexy et, on l'espère, un peu fun.
Miaw !
Guiboles de Comics
Bon, tout est dans l'illustration ci-dessus. Et ne me dites pas que vous ne voyez pas où est le problème !
Mais commençons par le début. Ces dessins sont issus de la série Witchblade, qui fut un temps illustrée par le regretté Michael Turner. Cet artiste est réputé pour mettre en scène de jolies filles dans des poses sexy. Et surtout, je le soupçonne d'avoir eu un net penchant pour les jambes. Au point d'en rajouter parfois... un peu trop.
Mais commençons par le début. Ces dessins sont issus de la série Witchblade, qui fut un temps illustrée par le regretté Michael Turner. Cet artiste est réputé pour mettre en scène de jolies filles dans des poses sexy. Et surtout, je le soupçonne d'avoir eu un net penchant pour les jambes. Au point d'en rajouter parfois... un peu trop.
Là, on n'a pris que quatre exemples, mais la série est blindée de ce genre de cases défiant l'anatomie et les fabricants de pantalons. Car tout de même, c'est un peu spécial ; 2,30 mètres de jambes, c'est un poil trop. Imaginez de telles créatures dans la vraie vie... Alors, certes, c'est sans doute pratique si vous voulez manger des pommes à même l'arbre, m'enfin, si vous avez une petite amie de ce genre, il va falloir ruser pour la caser dans la Twingo ! Vous avez intérêt à laisser les fenêtres ouvertes, il y a des bouts qui vont dépasser.
Et dans le lit, quand vous aurez vos pieds au niveau de ses genoux, ça peut faire bizarre aussi.
Niveau fringues, ça risque d'être rock n' roll. "Bonjour madame, auriez-vous un t-shirt en S et un joli pantalon en 5XL s'il vous plaît ? Et ce serait possible de le rallonger un peu ?"
Et dans le lit, quand vous aurez vos pieds au niveau de ses genoux, ça peut faire bizarre aussi.
Niveau fringues, ça risque d'être rock n' roll. "Bonjour madame, auriez-vous un t-shirt en S et un joli pantalon en 5XL s'il vous plaît ? Et ce serait possible de le rallonger un peu ?"
Pour une séance d'épilation en institut, là tu as intérêt à compter un petit supplément. Et à bloquer deux bonnes heures, parce qu'il y a de la surface à traiter !
Et niveau animal de compagnie, laisse tomber le lévrier, prends directement une girafe, ça lui fera un caniche.
Et niveau animal de compagnie, laisse tomber le lévrier, prends directement une girafe, ça lui fera un caniche.
Bon, il y a des avantages aussi. Dans une foule dense, ça peut servir. Elle surplombe tout le monde de trois têtes, elle va facilement vous repérer ou vous indiquer la direction de la buvette. Si vous voulez nettoyer le dessus de la pergola l'été, plus besoin d'escabeau, la miss à une vue direct sur le bordel. Et plus de risque de noyade lors des vacances à la mer, elle a pied partout jusqu'à 20 kilomètres des côtes.
Remarquez aussi la deuxième, en partant de la gauche. Elle sort de la piscine, et qu'est-ce qu'elle fait ? Elle se fout sur la pointe des pieds. Ben oui, quand on mesure trois mètres, c'est le premier réflexe qu'on a, se grandir un peu. Il n'y a pas de l'arrogance, là ? Hmm ?
C'est comme si Mimi Mathy baissait la tête en rentrant dans un ascenseur. N'en rajoute pas, on voit bien que tu passes partout (cette vanne très 2022 et inclusive (ben si, on inclue les nains) est dédicacée à Thomas... il sait pourquoi... oh oui, il sait pourquoi (ton sinistre de comploteur)).
Un jour, un sage a dit que la bonne longueur pour les jambes, c'est quand elles touchent par terre. Sans doute, encore aurait-il fallu ajouter que la longueur vraiment idéale, c'est quand on peut encore apercevoir ses propres pieds.
Voilà... voilà voilà... ah ben, on n'a jamais dit que les Parenthèses devaient être à chaque fois instructives et passionnantes hein... si vous voulez quelque chose de plus consistant, je vous conseille celles-ci : L'effet Mandela / Bichette contre les Vampires / L'album maudit / L'homme aux cent visages / Cinquante nuances de Gris / La saga du prêtre Jean / Le pouvoir du ridicule / Quand la Tante May reprend du poil de la bête / De l'évolution du badass / Monty Python & guerre des Malouines
Et hop, un petit best-of.
Prenez soin de vous les Matous.
Miaw !
Et hop, un petit best-of.
Prenez soin de vous les Matous.
Miaw !
Publié le
29.12.22
Par
Vance
La collection "Black, White & Blood" a tout de l'opération opportune, une initiative purement commerciale s'appuyant sur la popularité d'un personnage et de certains artistes tout en s'affranchissant du carcan de la série d'origine. Le but est d'en mettre clairement plein la vue au lecteur, en emballant des récits courts dans un album surdimensionné.
Les amateurs et collectionneurs apprécieront, même s'il leur faudra se creuser la tête pour trouver comment insérer le volume dans leur bibliothèque : 33,5 x 24 cm, on navigue dans une dimension très inhabituelle pour du comic book (même l'intégrale Watchmen est plus modeste, c'est encore plus grand que Fluorescent Black - mais ceux qui apprécient le format XXL trouveront que ça reste largement en-dessous des cotes de la récente réédition "oversized" de L'Arme X, dont nous reparlerons).
Demander ainsi de créer des histoires sur Logan, destinées à n'être illustrées que par le biais de ces trois couleurs, relevait autant de la gageure que de la logique : le "Meilleur dans sa partie" s'est en effet régulièrement illustré dans un contexte sombre et il y a toujours de grandes chances que le sang jaillisse lors de ses confrontations aussi violentes qu'inévitables ; s'il a régulièrement fait couler celui de ses malheureux adversaires, il a aussi souvent perdu de grandes quantités du sien, au point de frôler la mort à de nombreuses reprises. Après la déception d'un Kill Island un peu trop tendre à notre goût, c'était l'occasion de repartir sur les traces d'un héros sauvage et bestial qui maintient toutefois, à grand peine, son honneur et son humanité à la surface - des caractéristiques qui, déjà, transparaissaient dans les premières histoires en solo, avec Frank Miller ou Chris Claremont aux commandes. Ça tombe bien : Claremont fait justement partie de la pléthore d'artistes invités au sommaire de ce volume ! On en reparle ci-dessous.
Les amateurs et collectionneurs apprécieront, même s'il leur faudra se creuser la tête pour trouver comment insérer le volume dans leur bibliothèque : 33,5 x 24 cm, on navigue dans une dimension très inhabituelle pour du comic book (même l'intégrale Watchmen est plus modeste, c'est encore plus grand que Fluorescent Black - mais ceux qui apprécient le format XXL trouveront que ça reste largement en-dessous des cotes de la récente réédition "oversized" de L'Arme X, dont nous reparlerons).
Demander ainsi de créer des histoires sur Logan, destinées à n'être illustrées que par le biais de ces trois couleurs, relevait autant de la gageure que de la logique : le "Meilleur dans sa partie" s'est en effet régulièrement illustré dans un contexte sombre et il y a toujours de grandes chances que le sang jaillisse lors de ses confrontations aussi violentes qu'inévitables ; s'il a régulièrement fait couler celui de ses malheureux adversaires, il a aussi souvent perdu de grandes quantités du sien, au point de frôler la mort à de nombreuses reprises. Après la déception d'un Kill Island un peu trop tendre à notre goût, c'était l'occasion de repartir sur les traces d'un héros sauvage et bestial qui maintient toutefois, à grand peine, son honneur et son humanité à la surface - des caractéristiques qui, déjà, transparaissaient dans les premières histoires en solo, avec Frank Miller ou Chris Claremont aux commandes. Ça tombe bien : Claremont fait justement partie de la pléthore d'artistes invités au sommaire de ce volume ! On en reparle ci-dessous.
Nous voici donc avec une compilation maligne de douze petites aventures (10 pages chacune) de notre mutant griffu, qui apportera sans doute ce qu'il faut de joie et d'énergie aux fans, parvenant malicieusement à illustrer quelques interstices de la vie très remplie de Wolverine. Le gars ayant vécu assez longtemps, il y a largement la place pour imaginer quelques nouvelles péripéties, tout en s'efforçant de rester raccord avec la trame générale. Tout ou presque y passe, on navigue entre Madripoor, le Japon, l'Europe de l'Est, l'Amérique du Nord mais également Mars avec un Logan qui agit souvent pour lui-même ou sous son autre identité civile ("le Borgne"), parfois en tant que X-Man ou espion à la solde de Nick Fury, ou encore dans le cadre de X-Force. On commence d'ailleurs très tôt puisque le premier épisode se situe à l'époque de l'Arme X, avec le mutant canadien déjà chargé d'adamantium mais encore sous la bride des concepteurs du projet. Le lecteur consciencieux remarquera à ce sujet, assez vite, des problèmes dans la maquette : les deux premières aventures voient leur titre repoussé à la dernière page, mais ils sont inversés dans la table des matières, et les auteurs ne sont pas les mêmes. Pour autant, la traduction de Mathieu Auverdin tient la route.
Si les partenaires habituels (c'est-à-dire en gros les mutants œuvrant dans le cadre des groupes plus ou moins affiliés à Charles Xavier, mais aussi, ne l'oublions pas, les Avengers) n'apparaissent guère ou ne font que passer , les femmes de la vie de Logan tiennent ici une place nettement plus importante : Tyger Tyger, Kitty Pryde, Mystique et surtout Mariko viennent faire de l'ombre à notre héros pour lequel on propose des trames finalement peu ambitieuses ou originales. Vengeance, honneur et quête d'humanité constituent les thèmes les plus fréquents, le sang coule - bien entendu - mais la violence n'est pas toujours au premier plan. Cet encrage particulier sied particulièrement aux crayonnés de quelques petits nouveaux mais également à certains revenants dont Salvador Larroca. Ce dernier, après s'être occupé de la série Darth Vader, illustre un script proposé par le vénérable Claremont qui parvient à ne pas décevoir (après tout, il est dans son élément, c'est lui qui, au travers des X-Men, a mis en valeur le personnage : cf. par exemple cet arc co-réalisé avec John Byrne) avec un récit aussi épuré que profond : Do we die today. Cet épisode intéressant précède sans doute le plus réussi de l'album : 32 warriors and a broken heart de John Ridley (l'un des auteurs de Future State Barman) & Jorge Fornès, dans lequel notre héros devra assumer l'un de ses plus gros échecs face à un Samouraï d'argent qui se fera un malin plaisir de lui rappeler des responsabilités qu'il a esquivées ; sans doute le seul récit qui laisse une impression amère sur les choix de Wolverine. Juste après, Burn de Donny Cates se voit mis en images par un Chris Bachalo décevant : la singulière mise en couleurs nuit fortement à ses esquisses qui en deviennent illisibles. Le scénario a le mérite de conserver une pointe d'humour qu'on ne trouve pas dans les premiers épisodes, plus directs. Greg Land - qui sort de sa participation au Spider-Verse - ne fait pas mieux dans Unfinished Business, mais son style trop hiératique convient davantage aux couvertures qu'aux histoires échevelées : Logan n'est pas un héros qui pose et il a besoin d'un artiste qui colle à sa dynamique intrinsèque. Mention bien toutefois pour Red Planet Blues qui fait ouvertement référence à la saga House of X/Weapon of X de Hickman avec des dialogues piquants et le design épuré mais efficace de Jesus Saiz - que nous avions déjà remarqué dans le dernier Swamp Thing.
Pour le reste, cela va du très dispensable (mais jubilatoire) au surprenant, même si aucun épisode ne s'avère être un réel chef-d'œuvre. Quelques-uns souffrent de l'ombre des précédents récits complets, ou des grands moments de la série, peu sortent des sentiers battus. Cela dit, s'ils ne surprennent guère, ils sauront contenter les admirateurs de ce personnage à nul autre pareil, passé très vite de tête brûlée un peu fort en gueule à porte-étendard de la flotte Marvel, éclipsant même la popularité de Spider-Man.
Un album moins sérieux qu'il n'en a l'air, doté d'un humour plutôt bien dosé et proposant une violence à géométrie variable : c'est sanglant mais il y a eu bien pire (The Best there is de Huston & Juan José Ryp ou même Ennemi d'État). Loin d'être indispensable, il saura prendre une (grande) place de choix dans la bibliothèque de tout un chacun.
Un album moins sérieux qu'il n'en a l'air, doté d'un humour plutôt bien dosé et proposant une violence à géométrie variable : c'est sanglant mais il y a eu bien pire (The Best there is de Huston & Juan José Ryp ou même Ennemi d'État). Loin d'être indispensable, il saura prendre une (grande) place de choix dans la bibliothèque de tout un chacun.
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Publié le
28.12.22
Par
Virgul
Après Buck Danny ou encore Astérix, Hachette s'attaque à un autre classique de la BD franco-belge avec l'intégrale Michel Vaillant.
L'ensemble comporte 92 albums et reprend la série principale, la plus récente (et très réussie) saison 2 (cf. cet article), divers albums hors-série (Michel Vaillant - Légendes, Michel Vaillant - Histoires Courtes) et la série Julie Wood !
Le tout formera une belle fresque (cf. illustration ci-dessus) et comportera, comme c'est l'usage dans ce genre d'abonnement, divers cadeaux (album gratuit, dossiers Michel Vaillant, DVD, casquette...).
Les albums grand format comporteront des suppléments (en tout cas, les 10 premiers d'entre eux) portant sur les personnages, les circuits et les véhicules, l'auteur ou encore des archives et divers crayonnés.
Notons que, pour cette collection, les frais de port sont offerts. Toutes les 6 semaines, les abonnés recevront un colis rassemblant 3 albums, au prix de 12,99 € l'unité.
Plus de détails et abonnement sur le site officiel.
Une bonne occasion de se replonger dans cette série mythique et de traverser les époques avec son héros.
La série en question
Nul besoin d'être un passionné de mécanique pour apprécier les aventures de Michel Vaillant. Bien entendu, les courses demeurent un élément central et apportent suspense et action, mais c'est le style et l'habileté de Jean Graton qui donne son charme à la série. Celle-ci aborde d'ailleurs régulièrement des thèmes qui s'éloignent quelque peu du sport automobile : le mystère, voire le paranormal, s'invitent dans Les Chevaliers de Königsfeld, alors que des pilotes disparaissent dans un château médiéval ; Concerto pour Pilotes voit Michel Vaillant s'intéresser de près au domaine aérien ; certains albums, comme Série Noire, vont privilégier l'introspection alors que d'autres, comme Cauchemar, installent une intrigue policière.
Il faut encore ajouter à tout cela les moments plus intimistes et la vie privée de la famille Vaillant, la saga Steve Warson (Michel devant parfois affronter son meilleur ami lors de luttes épiques), les rallyes dans des lieux exotiques ou encore le Leader et sa menace constante.
La série va se moderniser au fil du temps, intégrant des pilotes célèbres et bien réels et prenant même un virage plus sombre lors de la saison 2, s'imposant ainsi comme l'un des rares titres conservant sa qualité malgré l'absence de son auteur originel.
Michel Vaillant n'est pas seulement une grande saga familiale et un hommage visuel constant aux automobiles de légende, c'est aussi l'un des grands classiques de la bande dessinée, bénéficiant de dessins somptueux et de scénarios de qualité.
Publié le
26.12.22
Par
Nolt
Si vous cherchez un point d'entrée dans le vaste univers DC (et ce bien qu'il n'existe pas d'épisode idéal pour bien "débuter" la lecture de comics tant cela dépend de vos propres inclinations), voilà une série qui peut parfaitement faire l'affaire et possède de grandes qualités tout en s'avérant accessible.
À la manœuvre, l'on retrouve Geoff Johns, un architecte important du monde DC moderne, qui a notamment signé le scénario de nombreuses sagas Green Lantern mais aussi, entre autres, de Batman Terre-Un ou encore des versions New 52 de divers personnages (sur lesquels nous reviendrons plus loin).
Bref, le gars est expérimenté et se révèle plutôt efficace quand il n'est pas carrément brillant. Le candidat parfait donc pour prendre les choses en main lorsque, en 2011, l'éditeur décide de donner un coup de frais à ses principales licences.
Ces épisodes ont été regroupés par Urban Comics en 2019 et 2020 dans quatre Intégrales (des tomes allant de 420 à 620 pages) regroupant la série Justice League mais aussi des arcs d'Aquaman, Forever Evil ou encore Justice League of America). Le tout est bien évidemment centré sur les personnages phares de DC : Batman, Superman, Wonder Woman, Green Lantern, Flash mais aussi Cyborg et Aquaman.
En gros, le style Johns parvient à faire du classique sur le fond et à moderniser la forme. Pas seulement l'aspect graphique, que l'on doit à des dessinateurs comme Jim Lee, David Finch ou Ivan Reis, mais surtout la narration, les dialogues et les thématiques bien connues.
Tout démarre, dans les premiers épisodes, par la rencontre des héros. Ces derniers viennent de débarquer il y a peu dans un monde qui les craint et apprend encore à les découvrir. En parallèle, les reboots des différentes séries ont permis d'installer les personnages avec brio. Batman : The Dark Knight, sous la plume de Finch et Jenkins, est un modèle d'efficacité, tandis que la nouvelle version d'Aquaman, par Johns lui-même, joue avec la "mauvaise réputation éditoriale" du héros pour insuffler un brin d'humour dans ce nouveau départ. Même s'ils ne sont pas directement liés à la Justice League, l'on peut aussi noter les très bonnes versions New 52 de Catwoman ou Shazam, et surtout l'excellent et horrifique Swamp Thing. Bref, tout est parfaitement coordonné et suffisamment bien écrit, la plupart du temps, pour contenter les vieux briscards et attirer l'attention d'un nouveau lectorat.
Mais revenons à la Justice League. Johns joue avec intelligence sur les différences de caractère entre les héros, alternant petites vannes bien senties et grosses castagnes spectaculaires. La menace principale de ce premier tome ne surprendra pas les fans puisqu'il s'agit de Darkseid, un poids lourd d'entrée de jeu donc, histoire d'avoir du solide pouvant faire face à l'alliance des sept têtes d'affiche. Par la suite, une fois le décor planté et les rôles des différents protagonistes clairement définis, c'est une certaine Pandora qui viendra déclencher une lutte titanesque entre les différentes ligues. Puis, c'est le Syndicat du Crime qui menacera de prendre le contrôle de la Terre entière, sans parler de l'introduction d'un Lex Luthor particulièrement ambigu.
Si l'on se contente de survoler tout cela, l'on pourrait être tenté de penser qu'il s'agit d'un énième reboot et de récits somme toute classiques. Et ce n'est pas tout à fait faux, les ingrédients utilisés sont en effet d'un classicisme appuyé. Mais c'est bien le chef, au final, qui va permettre de constituer un plat digne de ce nom. Dans l'écriture, comme en cuisine, il ne suffit pas d'avoir sous la main des produits ayant déjà fait leurs preuves, il faut maîtriser le rythme (la cuisson), les dialogues (l'assaisonnement), les effets (les ustensiles), etc. Et Geoff Johns fait partie de cette race d'écrivains, de nobles artisans, qui savent tirer le meilleur des personnages dont ils gèrent un temps le destin.
D'autant que, contrairement à ce que l'on pourrait croire, devoir s'occuper d'une grosse licence et de personnages très connus est en fait un cadeau bien souvent empoisonné...
En effet, chez Marvel par exemple, il arrive fréquemment que les meilleures histoires soient publiées dans des titres secondaires (Runaways, Vision...), probablement parce que ce ne sont pas là des séries "stratégiques" et que le cahier des charges à respecter est alors bien plus souple. Devoir s'occuper de la réunion de personnages aussi connus et importants que Batman, Supes ou la jolie Amazone en chef n'a donc rien d'évident. D'autant qu'ici, le but est de faire du neuf avec du vieux. Double défi donc. Pour le relever, il ne faut pas juste un bon auteur, il faut un putain de magicien qui maîtrise parfaitement son art et comprend les ressorts super-héroïques dans les moindres détails. Et les gens de cette trempe ne sont pas si nombreux qu'on le croit (cf. par exemple le très surcoté Hickman, et notamment ses personnages fades et ses intrigues mal fichues sur Avengers).
Bien souvent, l'on peut entendre des béotiens employer les termes "simple" ou "sans prétention" dans leurs critiques évoquant des œuvres pourtant parfaitement abouties. Mais "classique" ne veut pas dire "simple". Et donner l'illusion de la facilité, c'est le propre des gens qui savent bosser et ont de l'expérience. Ce n'est pas parce que ça a l'air facile pour le profane que c'est à la portée de tous. C'est même souvent exactement le contraire.
Vous avez vu la différence qui existe par exemple entre votre Tonton qui fait rire tout le monde quand il raconte une histoire drôle et vous qui, avec la même vanne, faites un four monumental ? C'est parce que ce n'est pas l'idée qui compte (en tout cas, très peu), c'est sa mise en œuvre (cf. ce dossier).
Et Johns est passé maître dans l'art de la mise en scène. Tout ici est juste (au sens d'une partition, après, vous êtes libre d'aimer ou pas la mélodie), précis, parfaitement en place. À tel point que cette intégrale figure probablement dans les comics "classiques" [1] à conseiller absolument, surtout d'ailleurs aux nouveaux lecteurs. En plus, même si l'on retrouve quelques coquilles (c'est normal, rien à voir avec le niveau de Panini, cf. cet article), on a ici des poids lourds à la traduction (un certain Edmond Tourriol [2] notamment) et le sérieux d'Urban, qui n'est plus à démontrer.
Des personnages ultra-iconiques dans une belle et longue saga, jolie et agréable à lire.
En tout, plus de 2000 pages pour 120 euros.
[1] "Classique" signifie, ici, que l'auteur met en avant de l'action, du spectaculaire et l'imagerie super-héroïque classique (les héros se battent entre eux quand ils se rencontrent avant de se rendre compte qu'ils sont dans le même camps, etc.). Pour un récit Justice League plus poignant et sortant un peu des sentiers battus, nous conseillons l'excellent Identity Crisis de Brad Meltzer, un pur chef-d'œuvre.
[2] Une explication s'impose pour couper court aux médisances des demeurés qui ne connaissent rien mais ont un avis sur tout. Ed est l'un des patrons du studio Makma, dont je suis salarié. Mais, je n'ai pas attendu de bosser pour lui pour lui trouver des qualités. Je l'ai notamment interviewé il y a plus de 10 ans, sur la première version d'UMAC, alors que je n'étais même pas encore correcteur freelance. C'est parce que c'est quelqu'un que je respectais déjà que je lui ai demandé un jour s'il avait du taf à me confier, pas l'inverse. La chronologie, c'est important dans la vie. C'est même tout ce qui fait la différence entre être un mange-merde et être droit dans ses bottes. J'ajoute que même si je respecte son travail, et que je considère l'individu comme un ami, je ne suis pas toujours d'accord avec certains de ses choix en ce qui concerne les adaptations. Ce qui est normal. Mais il s'agit là de préférences personnelles, et de choix conscients de sa part, pas de lacunes. Et pour ceux qui auraient l'idée de revenir sur l'affaire de "la Gouverneuse" dans Walking Dead, pour tenter de prouver je ne sais quoi, je les renvoie à cet article. Les bons écrivains et les bons traducteurs souffrent parfois de l'intervention de certains relecteurs (dont le travail est plus complexe qu'on pourrait le penser). Alors que les pignoufs (et ils ne manquent pas) en auraient bien besoin...
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Publié le
17.12.22
Par
Virgul
Pour cette quarantième Parenthèse, l'on revient sur un personnage emblématique des comics : Batman !
Garde-Robe
On avait déjà effectué un tour d'horizon assez complet des différentes batmobiles du Dark Knight (cf. Parenthèse #7), cette fois, on s'intéresse à l'évolution de son costume, grâce à un travail infographique réalisé par Benjamin Andrew Moore. Ce n'est pas vraiment exhaustif, puisque ce sont les apparences les plus emblématiques, de 1939 à 2012, qui sont exposées ci-dessous, mais vous allez voir qu'il y a déjà de quoi faire (si la thématique "fringues" vous intéresse, pensez à consulter notre grand dossier sur les Costumes de Spider-Man, ou encore celui sur les Armures d'Iron Man, il y en a un bon paquet et on vous explique à chaque fois d'où ces tenues, parfois méconnues, proviennent !).
En attendant la première Parenthèse de 2023, passez de bonnes fêtes et couvrez-vous bien, surtout si vous décidez d'aller traquer le super-vilain nuitamment.
Hop, assez de blabla, il est temps d'aller à l'essentiel.
Hop, assez de blabla, il est temps d'aller à l'essentiel.
Miaw !



























